Les romans

Histoire de Lisey, Stephen King (2006)

Présentation

L’Histoire de Lisey est décrit par Stephen King comme le meilleur livre qu’il ait pu écrire et comme le plus personnel.

C’est un roman du genre fantastique de 566 pages qui narre le quotidien de Lisey Landon, deux ans après le décès de son regretté mari Scott Landon, célèbre écrivain à succès. Au moment où elle commence à avancer dans son travail de deuil, l’un des fans de Scott fait irruption dans son quotidien et semble être prêt à faire de sa vie un enfer, la poussant à se souvenir d’éléments de son passé qu’elle avait occultés. En parallèle, Lisey tente d’être présente pour sa sœur Amanda, dépressive chronique traversant des phases catatoniques importantes. Perdant le contrôle de sa vie, Lisey se retrouve happée par les souvenirs de sa relation avec Scott et nous entraîne dans ce qui a été leur jardin secret pendant plus de 25 années.

L’Histoire de Lisey est une enquête à travers le temps et l’espace mêlée à une course contre la montre. En effet, le personnage de Lisey doit sauver sa sœur et se sauver elle-même en recollant les morceaux de son histoire. Pour cela, elle doit s’autoriser à traverser la frontière entre le réel et l’imaginaire en acceptant l’existence d’un lieu magique aussi puissant que terrifiant.

Mon histoire avec le livre

Ce livre fait partie de mes nombreuses trouvailles dénichées en vide-greniers à moins de cinq euros, entreposées chez moi pendant des mois (des années ?) avant d’entamer leur lecture. Je n’ai pas forcément eu envie de le lire tout de suite. Il n’est pas très connu dans la bibliographie de King et le résumé restait plutôt vague. Pour être honnête, je l’ai surtout lu en prévision de la sortie de l’adaptation en série. Je pars du principe qu’il n’y a jamais de mauvaises raisons de lire un livre !

Mon ressenti

Enfin ! King écrit autour des femmes des auteurs ! Les écrivains sont des héros que nous retrouvons régulièrement chez King (La Part des Ténèbres, Vue Imprenable sur Jardin Secret, Misery, etc.). Mais, à ma connaissance, pas un seul de ses récits ne s’est intéressé à leurs compagnes. C’est fait avec Histoire de Lisey, le roman le plus perché de SK selon moi (je n’ai pas encore lu Sleeping Beauties ou Dreamcatcher je précise !).

Le personnage de Scott Landon reste principal, mais l’intrigue tourne essentiellement autour de Lisey et de ses sœurs. Le roman parle de deuil, de processus de création, d’imagination, de liens fraternels, mais aussi de harcèlement et de maladie mentale à travers le personnage d’Amanda. Le traitement de ce personnage m’a bluffé du début à la fin. King nous offre une vision plutôt philosophique de la maladie psychique. Il nous parle aussi du processus d’écriture grâce à ce roman.

Au cours des nombreux flashbacks qui relatent l’histoire de Lisey et de Scott, nous assistons à chacune des étapes essentielles de leur couple, mais aussi à la création de leur langage secret, particulièrement déroutant lorsque l’on commence la lecture. Ces bonds dans le passé ont du sens puisqu’ils permettent à Lisey de se souvenir d’éléments importants, considérés comme anodins ou loufoques à l’époque.

Je pense que l’Histoire de Lisey fait partie de ces romans que l’on adore ou que l’on déteste. Personnellement, j’ai adoré passé la moitié du roman. Dès l’instant où j’ai su où King allait m’amener. L’auteur parle de deuil de manière poétique et touchante. C’est beau et triste à la fois. Pour ma part, j’ai été conquis !

L’adaptation

Le livre a été adapté en série, diffusée par Apple TV+ entre juin et juillet 2021. Nous avons eu le droit à huit épisodes, contant les aventures de Lisey. J’ai été scotché par les effets visuels de la série, tout simplement magnifiques. Les acteurs sont talentueux, c’est indéniable. Julianne Moore est parfaite dans le rôle de Lisey. Idem pour Joan Allen qui campe celui d’Amanda avec justesse. C’est une bonne adaptation selon moi. L’histoire et l’ambiance du roman sont respectées. En même temps, l’auteur est le scénariste de la série…

https://www.telerama.fr/sites/tr_master/files/styles/simplecrop1000/public/illustrations/thumbnails/histoire_de_lisey_001.jpg?itok=9VWcr3qY

Pourtant, je ne recommande pas forcément le visionnage de la série, surtout si vous n’avez pas lu le livre ! Le rythme est extrêmement lent. Tout est très long, chaque déplacement prend des années-lumière. Même en ayant adoré l’histoire, j’avais hâte que cela se termine vers la fin du visionnage. Tout est très brouillon à l’écran et chaque scène semble se passer dans l’obscurité. Les flashbacks, très importants à la compréhension du récit, ont selon moi été mal traités. En effet, aucun élément ne permet de clarifier la temporalité dans laquelle ils se situent. Les personnages paraissent avoir le même âge dans l’ensemble des flashbacks, ce qui rajoute du flou dans une histoire déjà pas simple à comprendre.

En bref, les effets visuels de qualité ne suffisent pas ! J’ai besoin de plus pour tenir 8×50 minutes !

Lisey's Story (TV Series 2021-2021) — The Movie Database (TMDB)

Conclusion

Je recommande, mais il faut bien s’accrocher ! Je ne le conseille donc pas en première lecture d’un King. C’est très très très perché !

Les romans

La Tour Sombre V : Les Loups de la Calla, Stephen King (2003)

Image

Présentation

Les Loups de la Calla (Wolves of the Calla en V.O.) est le cinquième tome du cycle de la Tour Sombre, écrit par Stephen King en 2003, six années après le quatrième tome. Au cours des 770 pages du roman, nous suivons les aventures de Roland Deschain, le dernier Pistolero originaire de Gilead, et de ses compagnons : Eddie, un ex-junkie ayant intégré le ka-tet* en premier, Susannah, sa compagne aux personnalités multiples, Jake, un jeune garçon New- Yorkais qui a croisé leur route dans le tome 3 ainsi qu’Oy, un billy bumbler** qui les accompagne dans leur quête. Les cinq compagnons poursuivent leur long voyage à la recherche de la Tour Sombre et atteignent Calla Bryn Sturgis, une ville de fermiers qui ne leur inspire pas confiance. Ils apprennent rapidement que ce lieu est sous la menace des Loups de Tonnefoudre, organisant des rapts d’enfants à intervalle régulier. Roland et ses compagnons doivent prendre une décision : se détourner momentanément de la Tour Sombre et participer au combat…

*le ka-tet désigne un groupe de personnes liées par un même destin

**une espèce résultant de la combinaison entre un chien et un raton laveur

Mon histoire avec le livre

J’avance ma lecture en même temps qu’un autre ka-tet : celui du Roi Stephen, le podcast qui chaque mois traite d’une œuvre de King.

Pour la petite histoire, j’ai moi aussi enduré une quête afin d’obtenir ce roman. Introuvable en anglais près de chez moi, il m’a été nécessaire de le commander en ligne. Ce dernier n’est jamais arrivé chez moi cependant. Il m’a fallu mener mon enquête, muni d’un numéro de suivi erroné, et le localiser (au hasard) dans un point relai à des kilomètres de mon domicile. Tout était fait pour que je n’ai jamais ce livre entre les mains, mais le Ka* m’a conduit jusqu’à lui.

*le Ka représente la destinée, le karma mais aussi le lieu où doit se rendre un individu (définition Concordance-1, R.Furth)

La lecture en anglais ne me cause plus de difficultés, je ne bute plus sur certains mots ou tournures de phrases comme auparavant. J’ai trouvé par ailleurs que ce cinquième roman contenait moins de néologismes que les précédents. Ma crainte, avec un pavé pareil, était de lire un Magie et Cristal 2.0. Le tome 4, dont l’intrigue était pourtant ensorcelante, assommait son lecteur avec ses 400 pages de flashbacks. Ce ne fut pas le cas pour les Loups de la Calla, un récit équilibré qui alterne entre des phases d’action, de récit et… de flashbacks (appelés « palabres » dans cet univers). Il en faut ! Ce ne serait pas la Tour Sombre sinon ! J’ai trouvé ces derniers particulièrement intéressants, ce qui a été déterminant dans mon appréciation globale du roman.

La Tour Sombre V - Les Loups de la Calla" en livre audio par Audible le 31  octobre 2019 - Stephen King France

Mon ressenti

J’ai dévoré le Tome 5 en peu de temps, happé par les aventures du ka-tet. Les Loups de la Calla est pour le moment l’un de mes préférés, puisant le meilleur de chacun des tomes précédents. En effet, j’ai retrouvé l’ambiance du tome 2 qui m’avait tant plu (notamment grâce aux scènes se déroulant dans notre monde), mais aussi celle du troisième roman où le côté post apocalyptique est bien mis en avant. Tout commence à s’imbriquer parfaitement et l’auteur semble s’autoriser à nous donner quelques maigres indices quant aux mystères qui entourent la Tour Sombre (tout en ajoutant de nombreuses questions bien entendu). Cela reste très satisfaisant !

Les nouveaux protagonistes mis en avant à Calla Bryn Sturgis sont plutôt intéressants. King prend plaisir à décrire le rôle de chacun et leur implication au sein de la Calla. L’auteur est toujours aussi doué dans la description, il est très facile de s’imaginer les décors ainsi que les relations entre les différents personnages. Avec le temps, j’ai pris le pli de ne plus trop avoir d’attentes quant à l’importance de chacun. Les personnages secondaires ne servent pas tous l’intrigue. Certains vont mourir, d’autres seront inutiles. Dans ce roman, le récit s’axe surtout entre les membres du ka-tet que nous voyons évoluer au fil des chapitres. Mention spéciale pour Jake et Susannah dont les storylines ont été creusées. Ce tome marque également le retour d’un personnage emblématique du roman Salem. À travers plusieurs flashbacks, nous comprenons comment et pourquoi ce dernier s’est retrouvé ici, dans le même monde que celui de Roland.

Contrairement à Magie et Cristal, j’ai trouvé Les Loups de la Calla très bien structuré. Les flashbacks sont plutôt bien disséminés dans le roman et ne freinent pas nécessairement l’évolution de l’intrigue. King fait également entendre la voix de plusieurs personnages secondaires au cours de récits succincts qui servent le roman et qui permettent au lecteur d’avoir accès à des informations supplémentaires quant aux « Loups » tout en le plongeant dans la mythologie qui entoure Calla Bryn Sturgis (je pense notamment au mythe des sœurs d’Oriza).

J’ai apprécié les nombreuses références faites au cours de ma lecture : que ce soient celles au King Multiverse ou bien à d’autres médias. C’est avec ce tome que j’ai pris pleinement conscience que la Tour Sombre était au centre de toutes les histoires créées par l’auteur depuis quarante ans.

Je relève un seul bémol, dans l’optique de nuancer mon propos. Malgré l’évolution des personnages au sein du Ka-Tet, j’ai trouvé que la quête de la Tour Sombre n’avançait pas beaucoup au cours de ce tome qui, en dépit sa qualité, a un goût de quête annexe. Il ne reste que deux tomes avant la fin du cycle et j’ai l’impression que les héros ont réalisé 10 % de leur périple. J’attends donc beaucoup des prochains tomes !

Conclusion

Mon tome préféré après le deuxième roman « Les Trois Cartes ». En espérant être transporté par les deux prochains ! Je conseille bien évidemment la lecture de la Tour Sombre dans son intégralité ! Foncez !

Les romans

La Plume Magique de Gwendy, Richard Chizmar (2019)

Présentation

La Plume Magique de Gwendy est le deuxième roman d’une trilogie créée par Richard Chizmar et Stephen King. Il fait suite à « Gwendy et la Boîte à Boutons », écrit en 2017, dans lequel nous pouvions lire les aventures d’une jeune fille de douze ans, complexée par son physique, qui s’était vu confier de manière temporaire une boîte aux pouvoirs mystérieux par un homme prénommé Richard Farris. L’histoire se déroulait à Castle Rock, une ville fictive du Maine inventée par Stephen King, théâtre de nombreuses catastrophes et drames en tout genre. Gwendy comprenait au fil des chapitres que la magie qui émanait de la boîte avait un prix : si elle pouvait lui apporter bonheur et bien-être, elle était aussi capable de semer chaos et tristesse autour d’elle.

Ce deuxième roman, écrit exclusivement par Richard Chizmar, met en scène la suite des aventures de Gwendy, âgée de 37 ans désormais et de retour à Castle Rock pour les fêtes de fin d’année. Sa vie semble parfaite et équilibrée. Cependant, face à l’état de santé défaillant de sa mère et aux mystérieuses disparitions de jeunes filles dans sa ville natale, elle se retrouve vite en difficulté. C’est à ce moment que la boîte à boutons fait à nouveau irruption dans son quotidien.

Mon histoire avec le livre

La Boîte à Boutons de Gwendy est le premier livre que j’ai acheté à la sortie du confinement de mars 2020. J’avais apprécié cette courte lecture tranquille et mouvementée à la fois. À la suite d’une panne de lecture, il y a quelques semaines, je me suis orienté vers La Plume Magique de Gwendy, persuadé que ce livre faciliterait mon retour à la lecture de romans (spoiler : cela a marché !). Un moment très agréable et rapide (environ 300 pages) et un retour à Castle Rock qui ne fait pas de mal !

Résumé

L’histoire se déroule 15 ans après les événements de « Gwendy et la Boîte à Boutons ». Après avoir été écrivaine à succès, Gwendy est devenue sénatrice, élue à la chambre des représentants des États-Unis. Tout semble lui sourire : une carrière passionnante, un épanouissement sur le plan sentimental et une famille aimante. Mais voilà que la fameuse boîte à boutons refait surface dans son quotidien à l’approche des fêtes de fin d’année. Le retour de Gwendy chez ses parents, dans sa ville natale, correspond malheureusement avec la disparition de jeunes filles. Du fait de son statut important et de sa nature altruiste, elle s’investit dans l’enquête auprès du shérif Norris Ridgewick afin de les retrouver. En parallèle, elle tente de gérer son obsession croissante pour la boîte à boutons, consciente de son pouvoir, mais aussi de son danger, tout en soutenant sa mère face à la maladie. Tout serait si facile si elle pouvait se servir de la boîte pour régler ses soucis…

Mon ressenti

Ce fut une lecture fluide, facile et très agréable ! J’ai apprécié cette promenade dans le Castle Rock de la fin des années 90 et savouré les nombreuses références aux événements passés (Cujo, Dead Zone, etc.). Ce second tome est également l’occasion de retrouver le shérif Norris Ridgewick, présent dans plusieurs œuvres de King.

Je suis assez attaché au personnage de Gwendy, qu’on prend plaisir à voir grandir et évoluer. Une personne plutôt ordinaire à qui il arrive des choses extraordinaires. Le fait d’être devenue une adulte responsable, d’avoir mené à bien sa carrière ainsi que ses projets artistiques et de s’être débarrassée de ses complexes ne la protège pas pour autant des peurs primitives de son enfance : la solitude et la perte de ses proches. Nous la voyons lutter tout au long du roman face à ses angoisses, de la même façon que lorsqu’elle n’était qu’une jeune adolescente. L’enquête policière en toile de fond est intéressante, mais sans plus. Si elle permet de creuser l’arc narratif de Gwendy (et de donner un sens à cette histoire de Plume Magique), elle n’apporte pas grand-chose. Elle offrira toutefois la possibilité de mettre en avant le binôme Gwendy/Ridgewick.

Je dois avouer cependant avoir été un peu déçu de la fin, étant habitué aux dénouements en queue de poisson de Stephen King, aux morts atroces ou aux fins ouvertes. Spoiler : ce n’est pas du tout le cas ici ! Nous n’avons que très peu d’informations sur l’origine de la boîte ou même de Richard Farris. On sent que c’est un numéro deux, l’auteur nous tient en haleine et nous pousse à patienter en attendant le retour des aventures de Gwendy pour un dernier tome dont la couverture a été dévoilée récemment. Je n’en dirai pas plus, mais… Est-ce une Tour Sombre derrière l’homme au chapeau noir ?


Lien Possible

Cette histoire de boîte magique capable du meilleur comme du pire m’a rappelé celle du Veston Ensorcelé, une nouvelle présente dans le recueil « Le K » de Dino Buzzati (1966). Dans cette histoire, un jeune homme découvrait qu’une des poches d’un veston qu’il avait acheté chez un tailleur possédait un pouvoir fantastique : celui de produire des billets de banque à volonté. L’homme se rendait rapidement compte qu’à force d’user de ce pouvoir, des catastrophes survenaient autour de lui. Cette nouvelle, tout comme l’histoire de Gwendy, aborde parfaitement la thématique de la perte de contrôle à travers un objet aux propriétés maléfiques.

Conclusion

Ce second tome, un peu en dessous du premier, m’a tout de même donné envie de lire la suite : « Gwendy’s Final Task », qui sera disponible en février 2022. Le dernier acte de cette trilogie sera à nouveau écrit par Chizmar et King.

Les romans

Christine, Stephen King (1983)

Présentation

Christine est un roman écrit en 1983 par Stephen King. Ce pavé (750 pages dans ma version en VO) relate la descente aux enfers d’Arnie Cunningham,à la suite de l’achat d’une voiture pour laquelle il semble avoir eu un véritable coup de cœur : une Plymouth Fury de 1958 prénommée « Christine ». Le roman aborde les conséquences de cette nouvelle acquisition sur plusieurs mois, tant sur sa vie privée que sur son environnement. En effet, la Plymouth se révèle être dotée d’une conscience et semble déterminée à rendre le pauvre Arnie fou d’elle, dans tous les sens du terme !

Le roman aborde la thématique de l’amitié, du passage à l’âge adulte mais aussi de la dépendance et de la perte de contrôle à travers le personnage d’Arnie.

Comme de nombreuses œuvres de King, Christine souffre de la comparaison avec son adaptation cinématographique. Sortie la même année, l’adaptation de John Carpenter est devenue très populaire au fil des années. Si populaire, qu’elle a véhiculé (ahahah) de nombreuses images dans l’inconscient collectif, s’imposant comme un monument de la pop culture des années 80. Même si l’on n’a pas lu le livre ou vu le film, au pire on sait de quoi ça parle (« c’est la voiture qui tue tout le monde, c’est ça ? »).

Cependant, le roman de King va beaucoup plus loin !

Mon histoire avec le livre

Cela fait un peu plus de dix ans que je lis Stephen King ou plutôt que je dévore ses œuvres. Ma collection est constituée à 80% d’ouvrages dénichés en brocantes ou en librairie d’occasion. Au fil du temps, je suis parvenu à posséder la quasi-totalité de sa bibliographie. Cependant, en 10 ans de recherches actives je ne suis jamais tombé en face de la fameuse Christine ! Il m’a été nécessaire de succomber à l’achat en ligne afin de me le procurer, dès l’instant où j’ai su que le Roi Stephen allait consacrer un épisode à ce roman (vous pouvez retrouver leur podcast ici).

Toujours est-il que je n’étais pas emballé à l’idée de lire ce roman, persuadé que l’histoire tournerait uniquement autour d’une voiture meurtrière possessive… Je me suis trompé finalement, Christine est bien plus que ça !

Cette lecture a d’ailleurs été un exercice intéressant pour moi, puisque j’ai choisi de le lire en VO. L’objectif était de tester mes capacités de lecture sur un de ses ouvrages hors Tour Sombre (peu représentatif de son style d’écriture habituel).

Résumé

De manière totalement hasardeuse, Arnie Cunnigham tombe un jour nez à nez avec la voiture de ses rêves. Sans qu’il ne puisse l’expliquer à son ami de longue date, Dennis Guilder, il se sent tout de suite attiré par ce véhicule et décide de l’acheter à son ancien propriétaire Roland Le Bay. « Christine », la Plymouth Fury rouge va au fil du temps prendre de plus en plus de place dans sa vie quotidienne et éloigner Arnie de ses proches. Cette voiture se révèle rapidement différente des autres.

Autrefois renfermé et complexé par son apparence, le jeune homme s’affirme de plus en plus : dans la relation conflictuelle à ses parents, mais également face aux crapules de son lycée. Ce surplus de confiance en lui-même l’aidera d’ailleurs à séduire la nouvelle du lycée, Leigh Cabot. Si Arnie est satisfait de l’ensemble de ces changements dans sa vie à la suite de sa nouvelle acquisition, son ami Dennis s’inquiète de la modification brusque de sa personnalité et de son comportement. Quand des meurtres impliquant une voiture sont reportés par la police de Libertyville, il n’y a aucun doute pour Dennis : Christine est la coupable désignée !

Mon ressenti (peut contenir des traces de spoil)

J’ai mis beaucoup de temps à lire ce roman, ayant lâché la lecture pendant plusieurs semaines passé les 300 pages. Quand je l’ai reprise, j’ai tout lu en quelques jours. Comme dans beaucoup d’œuvres de King la mise en place est lente. L’auteur attache beaucoup d’importance à contextualiser ses histoires. Il creuse ses personnages, leurs habitudes et l’environnement dans lequel ils évoluent. Pour ce roman, le rythme lent me parait cependant pertinent, car il permet au lecteur d’observer l’emprise insidieuse et progressive de Christine sur Arnie.

Il est probable que cela soit dû à la déformation professionnelle mais j’ai vu en Christine une belle métaphore de l’addiction pour ma part ! Malheureusement, l’auteur en connait un rayon à ce sujet. Au fil de l’intrigue, King brosse en effet le portrait d’un jeune homme qui se perd dans une relation toxique et qui ne parvient pas à s’en défaire. Si Christine est au départ synonyme de joie et de bien-être pour lui, elle deviendra rapidement la cause de tous ses maux, resserrant son emprise sur lui à chaque chapitre. Arnie perdra le contrôle de la personne qu’il était et ne parviendra jamais à mettre fin à la relation à Christine sans l’aide de ses proches. Le temps passé auprès de sa voiture et l’obsession qui grandira en lui à son égard aura des conséquences sur son entourage, sur ses notes mais aussi sur ses perspectives d’avenir. Arnie s’oublie dans la dépendance avec le temps, devenant une coquille vide, un réceptacle pour l’âme de Christine qui n’a qu’à se servir.

Christine est un roman d’horreur, mais pas que. Les descriptions peuvent heurter les plus sensibles, je pense notamment à une scène impliquant Buddy Repperton (le bourreau d’Arnie au lycée) et certaines scènes avec Christine font froid dans le dos tant ses agissements et façons de faire sont humanisées. Par ailleurs, le mal qui émane de Christine n’est pas expliqué clairement. Nous sommes à la frontière entre la possession, la présence de fantômes et/ou d’un mal préexistant chez Christine. Nous pouvons aussi faire l’hypothèse que ce véhicule est capable de faire ressortir chez son propriétaire ce qu’il y a de plus noir en lui…

Pour autant, la lecture reste plutôt chill et sympathique. J’ai pu retrouver l’ambiance indescriptible des premiers romans de Stephen King et ce style si particulier qui est le sien.

Enfin, j’ai aimé le fait de voir l’évolution d’Arnie à travers le regard de son ami d’enfance Dennis, qu’il est possible de considérer comme le personnage principal finalement.

Bref, j’ai beaucoup aimé !

Adaptation

Je vais faire court, je me suis ennuyé. Je m’étais fait une tout autre image des personnages, notamment Arnie. La première moitié est plutôt fidèle mais la fin prend un autre chemin. Cela va très vite. Trop vite. Les meurtres se succèdent et le changement dans le comportement du conducteur de la Plymouth m’a semblé trop soudain, empêchant le spectateur d’appréhender la lente descente aux enfers d’Arnie décrite dans le roman.

Je pense cependant que j’aurais apprécié le film si je l’avais visionné pendant mon adolescence, ou si je n’avais pas lu le livre avant.

Seul point positif pour moi : la bande son !

Conclusion

Foncez lire le livre si vous ne l’avais pas déjà fait !

Et méfiez-vous des vieilles voitures !

Les romans

La Tour Sombre – La Clé des Vents, Stephen King (The Wind Through the Keyhole)

Présentation

La Clé des Vents ou « The Wind Through the Keyhole », est le dernier roman du cycle de La Tour Sombre, composé de huit livres. Stephen King considère La Tour Sombre comme l’œuvre la plus aboutie et la plus importante de sa carrière. À elle seule, elle permet de relier un certain nombre de ses histoires.

En quelques lignes, La Tour Sombre raconte le voyage de Roland Deschain, le dernier pistolero, à travers un monde désolé, mêlant Far West et magie, afin de retrouver son ennemi : un certain Homme en Noir, désigné responsable du chaos qui s’est emparé des lieux. Afin de sauver son monde, Roland devra trouver la Tour Sombre, située au centre de tous les univers, et s’entourer de compagnons de confiance afin de mener sa mission à bien.

Le huitième tome « La Clé des Vents » est publié en 2012, huit années après le tome 7 qui clôt la saga. Il narre des événements qui se déroulent entre les tomes 4 et 5, il peut ainsi être considéré comme un tome 4.5. Une façon pour Stephen King de raconter une toute dernière histoire dans l’Entre-Deux-Monde aux côtés de Roland et de son ka-tet*.

*le ka-tet désigne un groupe de personnes liées par un même destin

Mon histoire avec le livre

J’ai démarré ma lecture de la Tour Sombre en même temps que l’équipe du Roi Stephen, mon podcast préféré qui chaque mois décortique une œuvre de King. Je ne vais pas vous mentir, j’ai détesté le premier tome (Le Pistolero). Cette impression de ne rien comprendre tout au long de la lecture et d’être baladé m’a rebuté. Fort heureusement, les aventures de Rolland m’ont passionné dès le second tome et m’ont accompagné lors du premier confinement. Je me suis plongé assez facilement dans cet univers au fil du récit.

J’ai choisi de lire la Tour Sombre en anglais afin d’améliorer ma compréhension de la langue. De plus, il m’est impossible de résister aux magnifiques couvertures des éditions Hodder & Stoughton.

Résumé (avec spoil des tomes 1 à 4)

Après avoir affronté Flagg dans le Palais Vert, Roland et ses compagnons suivent le sentier du rayon qui les mènera à La Tour Sombre. Sur le chemin, ils sont ralentis par l’apparition d’une tempête nommée « Coup de Givre » (Starkblast en VO), empêchant toute progression. L’occasion pour Roland de dévoiler une partie de son histoire aux membres de son ka-tet. Roland se remémore la mission qui lui a été assignée à la suite de la mort de sa mère. Envoyé par son père à Debaria, un village où un « change-peau » massacrait impunément les habitants, il lui avait été ordonné de démasquer le coupable tout en protégeant les habitants du village. Le pistolero fait la rencontre d’un jeune villageois avec qui il tisse un lien fort. Au cours d’une nuit, il lui conte une histoire importante à ses yeux et transmise par sa mère : « La Clé des Vents ». La terrible histoire d’un petit garçon nommé «Tim Ross » dont le père vient de mourir, et de la quête qu’il entame afin de sauver sa mère du tragique destin qui l’attend.

Mon ressenti

Comment définir La Clé des Vents ? C’est un récit dans un récit dans un récit… Il faut donc s’accrocher. Stephen King nous avait déjà fait le coup dans le tome 4 « Magie et Cristal », composé à 80 % d’un flashback de Roland. Ici, le flashback est entrecoupé par un conte qui s’étend sur une bonne partie du roman. J’ai pris plaisir à retrouver le pistolero dans ses jeunes années, plus mature que dans le tome précédent, et prêt à déjouer de nouveaux mystères. Le personnage a fait du chemin depuis le tome 4 et a dû affronter de rudes épreuves. Cela se ressent dans la lecture. La partie à Debaria m’a plu ainsi que l’enquête à la recherche de l’identité du change-peau. Contrairement au flashback du quatrième tome, celui-ci ne s’attarde pas sur des personnages secondaires/tertiaires et l’auteur va à l’essentiel, ce qui permet de ne pas perdre le lecteur.

En revanche, j’ai eu du mal à m’intéresser à l’histoire de Tim Ross, contée par Roland au beau milieu du roman. Encore une fois, King nous sort du récit et nous bombarde d’informations qui n’ont à priori aucun lien avec l’histoire principale (nouveaux personnages, nouveaux lieux). Pourquoi ? Dans quel but ? Il faut savoir que chez King, rien n’est fait sans raison. Alors j’ai continué ma lecture jusqu’au moment où… Miracle ! Tout s’explique ! Le lecteur peut se raccrocher à des notions connues, faire des liens avec les autres tomes de la Tour Sombre, voire avec d’autres romans de King. Et la chute du roman est géniale !

Autre point important : l’expérience de lecture est différente si l’on choisit de lire ce roman dans l’ordre chronologique des événements (entre les tomes 3 et 4) ou dans l’ordre de publication (après le tome 7). Il y a plusieurs teams, un peu comme pour l’ordre de visionnage des Star Wars… ! Pour ma part j’ai choisi de suivre les conseils de Stephen King France, et de le lire à la suite du quatrième tome.

Ce qui a sauvé ma lecture, c’est le format court du roman. Cent pages de plus sur les aventures de Tim Ross et je décrochais. Ce tome m’a donné envie de lire la suite rapidement, je peux donc en conclure qu’il était bon !

Quant à l’expérience de lecture en anglais… C’est toute une histoire. Oui, certains noms propres ont plus de classe en anglais (le Garou devient the Skin-Man en VO par exemple) et c’est génial de pouvoir faire progresser sa compréhension d’une langue vivante. Mais cela ne se fait pas sans heurt sur La Tour Sombre. Entre le langage médiéval, le « haut-parler » *, les patois et les accents, je me suis par moment perdu dans le récit et il est certain que cela a ralenti ma lecture. Parfois, traduire un mot s’avère nécessaire, mais je ne désespère pas cependant !

*le langage des pistoleros

Conclusion

Je recommande cette lecture ! Après avoir lu les quatre premiers tomes évidemment. Ne vous arrêtez pas au premier tome, ce serait dommage.