Les romans

La Plume Magique de Gwendy, Richard Chizmar (2019)

Présentation

La Plume Magique de Gwendy est le deuxième roman d’une trilogie créée par Richard Chizmar et Stephen King. Il fait suite à « Gwendy et la Boîte à Boutons », écrit en 2017, dans lequel nous pouvions lire les aventures d’une jeune fille de douze ans, complexée par son physique, qui s’était vu confier de manière temporaire une boîte aux pouvoirs mystérieux par un homme prénommé Richard Farris. L’histoire se déroulait à Castle Rock, une ville fictive du Maine inventée par Stephen King, théâtre de nombreuses catastrophes et drames en tout genre. Gwendy comprenait au fil des chapitres que la magie qui émanait de la boîte avait un prix : si elle pouvait lui apporter bonheur et bien-être, elle était aussi capable de semer chaos et tristesse autour d’elle.

Ce deuxième roman, écrit exclusivement par Richard Chizmar, met en scène la suite des aventures de Gwendy, âgée de 37 ans désormais et de retour à Castle Rock pour les fêtes de fin d’année. Sa vie semble parfaite et équilibrée. Cependant, face à l’état de santé défaillant de sa mère et aux mystérieuses disparitions de jeunes filles dans sa ville natale, elle se retrouve vite en difficulté. C’est à ce moment que la boîte à boutons fait à nouveau irruption dans son quotidien.

Mon histoire avec le livre

La Boîte à Boutons de Gwendy est le premier livre que j’ai acheté à la sortie du confinement de mars 2020. J’avais apprécié cette courte lecture tranquille et mouvementée à la fois. À la suite d’une panne de lecture, il y a quelques semaines, je me suis orienté vers La Plume Magique de Gwendy, persuadé que ce livre faciliterait mon retour à la lecture de romans (spoiler : cela a marché !). Un moment très agréable et rapide (environ 300 pages) et un retour à Castle Rock qui ne fait pas de mal !

Résumé

L’histoire se déroule 15 ans après les événements de « Gwendy et la Boîte à Boutons ». Après avoir été écrivaine à succès, Gwendy est devenue sénatrice, élue à la chambre des représentants des États-Unis. Tout semble lui sourire : une carrière passionnante, un épanouissement sur le plan sentimental et une famille aimante. Mais voilà que la fameuse boîte à boutons refait surface dans son quotidien à l’approche des fêtes de fin d’année. Le retour de Gwendy chez ses parents, dans sa ville natale, correspond malheureusement avec la disparition de jeunes filles. Du fait de son statut important et de sa nature altruiste, elle s’investit dans l’enquête auprès du shérif Norris Ridgewick afin de les retrouver. En parallèle, elle tente de gérer son obsession croissante pour la boîte à boutons, consciente de son pouvoir, mais aussi de son danger, tout en soutenant sa mère face à la maladie. Tout serait si facile si elle pouvait se servir de la boîte pour régler ses soucis…

Mon ressenti

Ce fut une lecture fluide, facile et très agréable ! J’ai apprécié cette promenade dans le Castle Rock de la fin des années 90 et savouré les nombreuses références aux événements passés (Cujo, Dead Zone, etc.). Ce second tome est également l’occasion de retrouver le shérif Norris Ridgewick, présent dans plusieurs œuvres de King.

Je suis assez attaché au personnage de Gwendy, qu’on prend plaisir à voir grandir et évoluer. Une personne plutôt ordinaire à qui il arrive des choses extraordinaires. Le fait d’être devenue une adulte responsable, d’avoir mené à bien sa carrière ainsi que ses projets artistiques et de s’être débarrassée de ses complexes ne la protège pas pour autant des peurs primitives de son enfance : la solitude et la perte de ses proches. Nous la voyons lutter tout au long du roman face à ses angoisses, de la même façon que lorsqu’elle n’était qu’une jeune adolescente. L’enquête policière en toile de fond est intéressante, mais sans plus. Si elle permet de creuser l’arc narratif de Gwendy (et de donner un sens à cette histoire de Plume Magique), elle n’apporte pas grand-chose. Elle offrira toutefois la possibilité de mettre en avant le binôme Gwendy/Ridgewick.

Je dois avouer cependant avoir été un peu déçu de la fin, étant habitué aux dénouements en queue de poisson de Stephen King, aux morts atroces ou aux fins ouvertes. Spoiler : ce n’est pas du tout le cas ici ! Nous n’avons que très peu d’informations sur l’origine de la boîte ou même de Richard Farris. On sent que c’est un numéro deux, l’auteur nous tient en haleine et nous pousse à patienter en attendant le retour des aventures de Gwendy pour un dernier tome dont la couverture a été dévoilée récemment. Je n’en dirai pas plus, mais… Est-ce une Tour Sombre derrière l’homme au chapeau noir ?


Lien Possible

Cette histoire de boîte magique capable du meilleur comme du pire m’a rappelé celle du Veston Ensorcelé, une nouvelle présente dans le recueil « Le K » de Dino Buzzati (1966). Dans cette histoire, un jeune homme découvrait qu’une des poches d’un veston qu’il avait acheté chez un tailleur possédait un pouvoir fantastique : celui de produire des billets de banque à volonté. L’homme se rendait rapidement compte qu’à force d’user de ce pouvoir, des catastrophes survenaient autour de lui. Cette nouvelle, tout comme l’histoire de Gwendy, aborde parfaitement la thématique de la perte de contrôle à travers un objet aux propriétés maléfiques.

Conclusion

Ce second tome, un peu en dessous du premier, m’a tout de même donné envie de lire la suite : « Gwendy’s Final Task », qui sera disponible en février 2022. Le dernier acte de cette trilogie sera à nouveau écrit par Chizmar et King.