Les romans

La Tour Sombre V : Les Loups de la Calla, Stephen King (2003)

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Présentation

Les Loups de la Calla (Wolves of the Calla en V.O.) est le cinquième tome du cycle de la Tour Sombre, écrit par Stephen King en 2003, six années après le quatrième tome. Au cours des 770 pages du roman, nous suivons les aventures de Roland Deschain, le dernier Pistolero originaire de Gilead, et de ses compagnons : Eddie, un ex-junkie ayant intégré le ka-tet* en premier, Susannah, sa compagne aux personnalités multiples, Jake, un jeune garçon New- Yorkais qui a croisé leur route dans le tome 3 ainsi qu’Oy, un billy bumbler** qui les accompagne dans leur quête. Les cinq compagnons poursuivent leur long voyage à la recherche de la Tour Sombre et atteignent Calla Bryn Sturgis, une ville de fermiers qui ne leur inspire pas confiance. Ils apprennent rapidement que ce lieu est sous la menace des Loups de Tonnefoudre, organisant des rapts d’enfants à intervalle régulier. Roland et ses compagnons doivent prendre une décision : se détourner momentanément de la Tour Sombre et participer au combat…

*le ka-tet désigne un groupe de personnes liées par un même destin

**une espèce résultant de la combinaison entre un chien et un raton laveur

Mon histoire avec le livre

J’avance ma lecture en même temps qu’un autre ka-tet : celui du Roi Stephen, le podcast qui chaque mois traite d’une œuvre de King.

Pour la petite histoire, j’ai moi aussi enduré une quête afin d’obtenir ce roman. Introuvable en anglais près de chez moi, il m’a été nécessaire de le commander en ligne. Ce dernier n’est jamais arrivé chez moi cependant. Il m’a fallu mener mon enquête, muni d’un numéro de suivi erroné, et le localiser (au hasard) dans un point relai à des kilomètres de mon domicile. Tout était fait pour que je n’ai jamais ce livre entre les mains, mais le Ka* m’a conduit jusqu’à lui.

*le Ka représente la destinée, le karma mais aussi le lieu où doit se rendre un individu (définition Concordance-1, R.Furth)

La lecture en anglais ne me cause plus de difficultés, je ne bute plus sur certains mots ou tournures de phrases comme auparavant. J’ai trouvé par ailleurs que ce cinquième roman contenait moins de néologismes que les précédents. Ma crainte, avec un pavé pareil, était de lire un Magie et Cristal 2.0. Le tome 4, dont l’intrigue était pourtant ensorcelante, assommait son lecteur avec ses 400 pages de flashbacks. Ce ne fut pas le cas pour les Loups de la Calla, un récit équilibré qui alterne entre des phases d’action, de récit et… de flashbacks (appelés « palabres » dans cet univers). Il en faut ! Ce ne serait pas la Tour Sombre sinon ! J’ai trouvé ces derniers particulièrement intéressants, ce qui a été déterminant dans mon appréciation globale du roman.

La Tour Sombre V - Les Loups de la Calla" en livre audio par Audible le 31  octobre 2019 - Stephen King France

Mon ressenti

J’ai dévoré le Tome 5 en peu de temps, happé par les aventures du ka-tet. Les Loups de la Calla est pour le moment l’un de mes préférés, puisant le meilleur de chacun des tomes précédents. En effet, j’ai retrouvé l’ambiance du tome 2 qui m’avait tant plu (notamment grâce aux scènes se déroulant dans notre monde), mais aussi celle du troisième roman où le côté post apocalyptique est bien mis en avant. Tout commence à s’imbriquer parfaitement et l’auteur semble s’autoriser à nous donner quelques maigres indices quant aux mystères qui entourent la Tour Sombre (tout en ajoutant de nombreuses questions bien entendu). Cela reste très satisfaisant !

Les nouveaux protagonistes mis en avant à Calla Bryn Sturgis sont plutôt intéressants. King prend plaisir à décrire le rôle de chacun et leur implication au sein de la Calla. L’auteur est toujours aussi doué dans la description, il est très facile de s’imaginer les décors ainsi que les relations entre les différents personnages. Avec le temps, j’ai pris le pli de ne plus trop avoir d’attentes quant à l’importance de chacun. Les personnages secondaires ne servent pas tous l’intrigue. Certains vont mourir, d’autres seront inutiles. Dans ce roman, le récit s’axe surtout entre les membres du ka-tet que nous voyons évoluer au fil des chapitres. Mention spéciale pour Jake et Susannah dont les storylines ont été creusées. Ce tome marque également le retour d’un personnage emblématique du roman Salem. À travers plusieurs flashbacks, nous comprenons comment et pourquoi ce dernier s’est retrouvé ici, dans le même monde que celui de Roland.

Contrairement à Magie et Cristal, j’ai trouvé Les Loups de la Calla très bien structuré. Les flashbacks sont plutôt bien disséminés dans le roman et ne freinent pas nécessairement l’évolution de l’intrigue. King fait également entendre la voix de plusieurs personnages secondaires au cours de récits succincts qui servent le roman et qui permettent au lecteur d’avoir accès à des informations supplémentaires quant aux « Loups » tout en le plongeant dans la mythologie qui entoure Calla Bryn Sturgis (je pense notamment au mythe des sœurs d’Oriza).

J’ai apprécié les nombreuses références faites au cours de ma lecture : que ce soient celles au King Multiverse ou bien à d’autres médias. C’est avec ce tome que j’ai pris pleinement conscience que la Tour Sombre était au centre de toutes les histoires créées par l’auteur depuis quarante ans.

Je relève un seul bémol, dans l’optique de nuancer mon propos. Malgré l’évolution des personnages au sein du Ka-Tet, j’ai trouvé que la quête de la Tour Sombre n’avançait pas beaucoup au cours de ce tome qui, en dépit sa qualité, a un goût de quête annexe. Il ne reste que deux tomes avant la fin du cycle et j’ai l’impression que les héros ont réalisé 10 % de leur périple. J’attends donc beaucoup des prochains tomes !

Conclusion

Mon tome préféré après le deuxième roman « Les Trois Cartes ». En espérant être transporté par les deux prochains ! Je conseille bien évidemment la lecture de la Tour Sombre dans son intégralité ! Foncez !

Les romans

La Tour Sombre – La Clé des Vents, Stephen King (The Wind Through the Keyhole)

Présentation

La Clé des Vents ou « The Wind Through the Keyhole », est le dernier roman du cycle de La Tour Sombre, composé de huit livres. Stephen King considère La Tour Sombre comme l’œuvre la plus aboutie et la plus importante de sa carrière. À elle seule, elle permet de relier un certain nombre de ses histoires.

En quelques lignes, La Tour Sombre raconte le voyage de Roland Deschain, le dernier pistolero, à travers un monde désolé, mêlant Far West et magie, afin de retrouver son ennemi : un certain Homme en Noir, désigné responsable du chaos qui s’est emparé des lieux. Afin de sauver son monde, Roland devra trouver la Tour Sombre, située au centre de tous les univers, et s’entourer de compagnons de confiance afin de mener sa mission à bien.

Le huitième tome « La Clé des Vents » est publié en 2012, huit années après le tome 7 qui clôt la saga. Il narre des événements qui se déroulent entre les tomes 4 et 5, il peut ainsi être considéré comme un tome 4.5. Une façon pour Stephen King de raconter une toute dernière histoire dans l’Entre-Deux-Monde aux côtés de Roland et de son ka-tet*.

*le ka-tet désigne un groupe de personnes liées par un même destin

Mon histoire avec le livre

J’ai démarré ma lecture de la Tour Sombre en même temps que l’équipe du Roi Stephen, mon podcast préféré qui chaque mois décortique une œuvre de King. Je ne vais pas vous mentir, j’ai détesté le premier tome (Le Pistolero). Cette impression de ne rien comprendre tout au long de la lecture et d’être baladé m’a rebuté. Fort heureusement, les aventures de Rolland m’ont passionné dès le second tome et m’ont accompagné lors du premier confinement. Je me suis plongé assez facilement dans cet univers au fil du récit.

J’ai choisi de lire la Tour Sombre en anglais afin d’améliorer ma compréhension de la langue. De plus, il m’est impossible de résister aux magnifiques couvertures des éditions Hodder & Stoughton.

Résumé (avec spoil des tomes 1 à 4)

Après avoir affronté Flagg dans le Palais Vert, Roland et ses compagnons suivent le sentier du rayon qui les mènera à La Tour Sombre. Sur le chemin, ils sont ralentis par l’apparition d’une tempête nommée « Coup de Givre » (Starkblast en VO), empêchant toute progression. L’occasion pour Roland de dévoiler une partie de son histoire aux membres de son ka-tet. Roland se remémore la mission qui lui a été assignée à la suite de la mort de sa mère. Envoyé par son père à Debaria, un village où un « change-peau » massacrait impunément les habitants, il lui avait été ordonné de démasquer le coupable tout en protégeant les habitants du village. Le pistolero fait la rencontre d’un jeune villageois avec qui il tisse un lien fort. Au cours d’une nuit, il lui conte une histoire importante à ses yeux et transmise par sa mère : « La Clé des Vents ». La terrible histoire d’un petit garçon nommé «Tim Ross » dont le père vient de mourir, et de la quête qu’il entame afin de sauver sa mère du tragique destin qui l’attend.

Mon ressenti

Comment définir La Clé des Vents ? C’est un récit dans un récit dans un récit… Il faut donc s’accrocher. Stephen King nous avait déjà fait le coup dans le tome 4 « Magie et Cristal », composé à 80 % d’un flashback de Roland. Ici, le flashback est entrecoupé par un conte qui s’étend sur une bonne partie du roman. J’ai pris plaisir à retrouver le pistolero dans ses jeunes années, plus mature que dans le tome précédent, et prêt à déjouer de nouveaux mystères. Le personnage a fait du chemin depuis le tome 4 et a dû affronter de rudes épreuves. Cela se ressent dans la lecture. La partie à Debaria m’a plu ainsi que l’enquête à la recherche de l’identité du change-peau. Contrairement au flashback du quatrième tome, celui-ci ne s’attarde pas sur des personnages secondaires/tertiaires et l’auteur va à l’essentiel, ce qui permet de ne pas perdre le lecteur.

En revanche, j’ai eu du mal à m’intéresser à l’histoire de Tim Ross, contée par Roland au beau milieu du roman. Encore une fois, King nous sort du récit et nous bombarde d’informations qui n’ont à priori aucun lien avec l’histoire principale (nouveaux personnages, nouveaux lieux). Pourquoi ? Dans quel but ? Il faut savoir que chez King, rien n’est fait sans raison. Alors j’ai continué ma lecture jusqu’au moment où… Miracle ! Tout s’explique ! Le lecteur peut se raccrocher à des notions connues, faire des liens avec les autres tomes de la Tour Sombre, voire avec d’autres romans de King. Et la chute du roman est géniale !

Autre point important : l’expérience de lecture est différente si l’on choisit de lire ce roman dans l’ordre chronologique des événements (entre les tomes 3 et 4) ou dans l’ordre de publication (après le tome 7). Il y a plusieurs teams, un peu comme pour l’ordre de visionnage des Star Wars… ! Pour ma part j’ai choisi de suivre les conseils de Stephen King France, et de le lire à la suite du quatrième tome.

Ce qui a sauvé ma lecture, c’est le format court du roman. Cent pages de plus sur les aventures de Tim Ross et je décrochais. Ce tome m’a donné envie de lire la suite rapidement, je peux donc en conclure qu’il était bon !

Quant à l’expérience de lecture en anglais… C’est toute une histoire. Oui, certains noms propres ont plus de classe en anglais (le Garou devient the Skin-Man en VO par exemple) et c’est génial de pouvoir faire progresser sa compréhension d’une langue vivante. Mais cela ne se fait pas sans heurt sur La Tour Sombre. Entre le langage médiéval, le « haut-parler » *, les patois et les accents, je me suis par moment perdu dans le récit et il est certain que cela a ralenti ma lecture. Parfois, traduire un mot s’avère nécessaire, mais je ne désespère pas cependant !

*le langage des pistoleros

Conclusion

Je recommande cette lecture ! Après avoir lu les quatre premiers tomes évidemment. Ne vous arrêtez pas au premier tome, ce serait dommage.