Les romans

La Tour Sombre – La Clé des Vents, Stephen King (The Wind Through the Keyhole)

Présentation

La Clé des Vents ou « The Wind Through the Keyhole », est le dernier roman du cycle de La Tour Sombre, composé de huit livres. Stephen King considère La Tour Sombre comme l’œuvre la plus aboutie et la plus importante de sa carrière. À elle seule, elle permet de relier un certain nombre de ses histoires.

En quelques lignes, La Tour Sombre raconte le voyage de Roland Deschain, le dernier pistolero, à travers un monde désolé, mêlant Far West et magie, afin de retrouver son ennemi : un certain Homme en Noir, désigné responsable du chaos qui s’est emparé des lieux. Afin de sauver son monde, Roland devra trouver la Tour Sombre, située au centre de tous les univers, et s’entourer de compagnons de confiance afin de mener sa mission à bien.

Le huitième tome « La Clé des Vents » est publié en 2012, huit années après le tome 7 qui clôt la saga. Il narre des événements qui se déroulent entre les tomes 4 et 5, il peut ainsi être considéré comme un tome 4.5. Une façon pour Stephen King de raconter une toute dernière histoire dans l’Entre-Deux-Monde aux côtés de Roland et de son ka-tet*.

*le ka-tet désigne un groupe de personnes liées par un même destin

Mon histoire avec le livre

J’ai démarré ma lecture de la Tour Sombre en même temps que l’équipe du Roi Stephen, mon podcast préféré qui chaque mois décortique une œuvre de King. Je ne vais pas vous mentir, j’ai détesté le premier tome (Le Pistolero). Cette impression de ne rien comprendre tout au long de la lecture et d’être baladé m’a rebuté. Fort heureusement, les aventures de Rolland m’ont passionné dès le second tome et m’ont accompagné lors du premier confinement. Je me suis plongé assez facilement dans cet univers au fil du récit.

J’ai choisi de lire la Tour Sombre en anglais afin d’améliorer ma compréhension de la langue. De plus, il m’est impossible de résister aux magnifiques couvertures des éditions Hodder & Stoughton.

Résumé (avec spoil des tomes 1 à 4)

Après avoir affronté Flagg dans le Palais Vert, Roland et ses compagnons suivent le sentier du rayon qui les mènera à La Tour Sombre. Sur le chemin, ils sont ralentis par l’apparition d’une tempête nommée « Coup de Givre » (Starkblast en VO), empêchant toute progression. L’occasion pour Roland de dévoiler une partie de son histoire aux membres de son ka-tet. Roland se remémore la mission qui lui a été assignée à la suite de la mort de sa mère. Envoyé par son père à Debaria, un village où un « change-peau » massacrait impunément les habitants, il lui avait été ordonné de démasquer le coupable tout en protégeant les habitants du village. Le pistolero fait la rencontre d’un jeune villageois avec qui il tisse un lien fort. Au cours d’une nuit, il lui conte une histoire importante à ses yeux et transmise par sa mère : « La Clé des Vents ». La terrible histoire d’un petit garçon nommé «Tim Ross » dont le père vient de mourir, et de la quête qu’il entame afin de sauver sa mère du tragique destin qui l’attend.

Mon ressenti

Comment définir La Clé des Vents ? C’est un récit dans un récit dans un récit… Il faut donc s’accrocher. Stephen King nous avait déjà fait le coup dans le tome 4 « Magie et Cristal », composé à 80 % d’un flashback de Roland. Ici, le flashback est entrecoupé par un conte qui s’étend sur une bonne partie du roman. J’ai pris plaisir à retrouver le pistolero dans ses jeunes années, plus mature que dans le tome précédent, et prêt à déjouer de nouveaux mystères. Le personnage a fait du chemin depuis le tome 4 et a dû affronter de rudes épreuves. Cela se ressent dans la lecture. La partie à Debaria m’a plu ainsi que l’enquête à la recherche de l’identité du change-peau. Contrairement au flashback du quatrième tome, celui-ci ne s’attarde pas sur des personnages secondaires/tertiaires et l’auteur va à l’essentiel, ce qui permet de ne pas perdre le lecteur.

En revanche, j’ai eu du mal à m’intéresser à l’histoire de Tim Ross, contée par Roland au beau milieu du roman. Encore une fois, King nous sort du récit et nous bombarde d’informations qui n’ont à priori aucun lien avec l’histoire principale (nouveaux personnages, nouveaux lieux). Pourquoi ? Dans quel but ? Il faut savoir que chez King, rien n’est fait sans raison. Alors j’ai continué ma lecture jusqu’au moment où… Miracle ! Tout s’explique ! Le lecteur peut se raccrocher à des notions connues, faire des liens avec les autres tomes de la Tour Sombre, voire avec d’autres romans de King. Et la chute du roman est géniale !

Autre point important : l’expérience de lecture est différente si l’on choisit de lire ce roman dans l’ordre chronologique des événements (entre les tomes 3 et 4) ou dans l’ordre de publication (après le tome 7). Il y a plusieurs teams, un peu comme pour l’ordre de visionnage des Star Wars… ! Pour ma part j’ai choisi de suivre les conseils de Stephen King France, et de le lire à la suite du quatrième tome.

Ce qui a sauvé ma lecture, c’est le format court du roman. Cent pages de plus sur les aventures de Tim Ross et je décrochais. Ce tome m’a donné envie de lire la suite rapidement, je peux donc en conclure qu’il était bon !

Quant à l’expérience de lecture en anglais… C’est toute une histoire. Oui, certains noms propres ont plus de classe en anglais (le Garou devient the Skin-Man en VO par exemple) et c’est génial de pouvoir faire progresser sa compréhension d’une langue vivante. Mais cela ne se fait pas sans heurt sur La Tour Sombre. Entre le langage médiéval, le « haut-parler » *, les patois et les accents, je me suis par moment perdu dans le récit et il est certain que cela a ralenti ma lecture. Parfois, traduire un mot s’avère nécessaire, mais je ne désespère pas cependant !

*le langage des pistoleros

Conclusion

Je recommande cette lecture ! Après avoir lu les quatre premiers tomes évidemment. Ne vous arrêtez pas au premier tome, ce serait dommage.

Les mangas

Heroic Legend of Arslân, Hiromu Arakawa – Yoshiki Tanaka

Présentation du manga

Aujourd’hui, je vous parle d’un manga découvert l’an dernier. Il s’agit de Heroic Legend of Arslân. En faisant mes recherches, j’ai constaté qu’avant d’être un manga, les aventures du Prince Arslân avaient été contées dans une suite de seize romans écrits par Yoshiki Tanaka entre 1986 et 2017. Malheureusement, seul le premier roman a été traduit en français, la suite n’a jamais été éditée dans notre langue. Les romans racontent l’histoire d’Arslân, prince de Parse et de sa lutte afin de libérer son royaume de la guerre. En 1991, le roman a le droit à sa première adaptation en manga (13 tomes) grâce à Chisato Nakamura, suivie d’une série animée. Puis, en 2013, Hiromu Arakawa, connue pour avoir dessiné l’excellent Full Metal Alchemist, se lance à son tour dans un reboot du manga. Ce dernier est à ce jour composé de 14 tomes et a aussi eu le droit à son adaptation en animé.

Mon histoire avec le manga

Début 2020, je démarre un nouveau travail à temps partiel. Une de mes collègues me vante les mérites de la bibliothèque municipale et notamment de la variété de son catalogue de mangas. Fervent acheteur compulsif, je me laisse tenter par cette occasion et crée instantanément une carte de membre, dans le but de découvrir de nouveaux titres tout en préservant mon porte-monnaie. Je découvre Heroic Legend of Arslân à cet instant. Le personnage principal ressemble étrangement à un des protagonistes de Full Metal Alchemist, normal c’est la même mangaka qui a conçu les deux œuvres ! Je me rappelle avoir vaguement essayé de m’intéresser à Hero Tales, un autre de ses mangas il y a des années, sans en garder un souvenir mémorable. Ce fut l’inverse pour celui-ci !

Résumé

Arslân, jeune prince de Parse et fils unique du Roi Androgoras, est un piètre combattant et ne cesse de décevoir ses parents. Si sa sensibilité et son sens de l’honneur sont appréciés par son peuple, son absence de goût pour le combat et sa faible consistance physique lui sont reprochées. Ecbâtana, capitale Parse, est en guerre sainte face à la Lusitania depuis plusieurs années. Les Lusitaniens désirent en effet imposer leur foi en un dieu unique en faisant disparaitre les hérétiques qui ne croient en rien.

À 14 ans, Arslân voit sa cité être conquise par l’envahisseur Lusitanien à la suite d’une attaque destructrice et à des retournements de veste au sein du royaume. Le Roi est fait prisonnier, la panique gagne la cité et Arslân parvient à s’échapper grâce à Daryun, l’un des guerriers les plus puissants de Parse, ayant juré de le protéger. Au cours de leur évasion, ils rencontreront des personnages hauts en couleur et fidèles au roi. Ensemble, ils tenteront d’aider le Prince de Parse à défaire son royaume de l’envahisseur. Seulement, dans l’ombre, des complots sont fomentés et un ennemi au visage masqué semble prêt à tout pour monter sur le trône.

Ressenti global du manga

Heroic Legend of Arslân nous transporte dès le tome 1 dans un monde cruel et sans pitié. Yoshiki Tanaka y évoque la lutte des classes, la religion poussée à son paroxysme, la discrimination, mais aussi la notion de privilège induit dès la naissance. À travers les yeux d’Arslân, Hiromu Arakawa nous invite à découvrir ce monde.

J’ai été séduit par l’histoire de ce prince qui ignore tout de la guerre ou de la politique et qui, à l’aide des alliés qu’il rencontrera tout au long du manga, parviendra à grandir et à devenir puissant. Ici, la puissance ne fait pas référence à la force physique, et c’est là tout l’intérêt du manga ! Bien que le jeune prince apprenne à manier une épée et à combattre, son talent résidera surtout ailleurs, dans d’autres qualités : sa compétence à diriger, à rassembler, à créer du lien et à croire en son prochain. Ce qui fait d’Arslân un bon shônen, ce ne sont pas la présence de combats épiques ou de scènes d’actions à couper le souffle, mais plutôt toutes les stratégies mises en place entre les batailles, perçues à travers le regard naïf d’Arslân.

J’apprécie par ailleurs la mise en avant des personnages secondaires rencontrés au fil du manga. Si Daryun le fidèle protecteur fait partie des plus appréciés, c’est Narsus le stratège qui m’a le plus touché. Chaque personnage secondaire rejoindra le prince Arslân pour des raisons qui lui sont propres, renforçant la communauté grâce à ses atouts et ses compétences. Il y a un côté Communauté de l’Anneau qui me plait (je trouverai dans n’importe quelle œuvre des points communs avec celle de Tolkien). La présence de magie ajoute quelque chose de mystique dans l’univers, d’autant plus qu’elle ne semble être employée que par les forces ennemies pour le moment.

Pour terminer, je trouve le traitement des forces du mal plutôt bien amené. Si la storyline de l’ennemi numéro un est assez clichée, ce ne sera pas le cas de tous.

L’anime

Je n’ai pas regardé le premier animé de 1991. Mais son dessin me rappelle beaucoup les Chevaliers du Zodiaque qui était diffusé sur TF1 à la même époque. J’aurais probablement adoré étant plus jeune, mais aujourd’hui je pense que le visionnage serait laborieux. J’ai peur que cela soit très kitsch.

Je peux parler de l’animé tiré du manga d’Arakawa cependant, ayant visionné le premier épisode. J’ai passé un bon moment. L’animation est irréprochable et les doublages sont de qualité. Le premier épisode nous met directement dans l’ambiance et ne perd pas de temps ! En effet, les évènements se succèdent et l’action est bien présente. Plusieurs personnages importants dans l’intrigue sont mis en valeur dès le premier épisode. Je reproche bien souvent aux animes de trainer en longueur et de s’évertuer à conserver un rythme extrêmement lent (un épisode = un chapitre manga), afin de ne pas rattraper la publication. Ici ce n’est pas le cas. Bien au contraire, l’anime est allé tellement vite qu’il a dépassé la publication manga. Comme dans une célèbre série HBO avec des dragons, nous nous retrouvons ainsi dans une situation où les scénaristes se basent sur des hypothèses ou sur leurs envies afin de développer l’intrigue (sans toujours prendre en compte le roman). De ce fait, l’histoire de l’animé diffère légèrement dès la moitié de la saison 1. Il en avait été de même avec le premier animé adapté de Full Metal Alchemist.

Cette prise de liberté peut cependant s’expliquer par un rythme de publication plutôt lent : un tome tous les six mois.

Conclusion 

S’il ne faut en choisir qu’un, je vous invite à foncer sur le manga plutôt que sur l’animé. Je recommande !

Les romans

La Malédiction des Dragensblöt, Anne Robillard – Tome 1 : Le Château

Mon histoire avec le livre

Ce bouquin m’a été offert par une amie très chère il y a un an. À plusieurs occasions je lui avais partagé mon désir de retourner vers de la lecture jeunesse ou « young adult ». Cette nostalgie m’envahit par moment et me pousse à flâner devant ces rayons dans les librairies, sans jamais rien acheter. Elle l’a donc fait pour moi ! J’avais pour idée de le lire pour Halloween (l’histoire se déroulant dans un manoir hanté), mais les mois d’octobre et novembre ont été bien pris par l’AutomneDuKing. Ainsi, ce fut une lecture hivernale. Je vous invite à passer les portes du mystérieux château d’Ulrik pour une ballade en compagnie de ses nombreux fantômes.

Résumé

Samuel Andersen est un musicien dévasté. Il est divorcé, souffre de dépression et a vu la garde de sa fille lui être retirée progressivement. Sa carrière professionnelle est un désastre et il sombre petit à petit dans l’alcool. Un soir, il décide d’en finir avec la vie. Sa rencontre avec un mystérieux notaire lui annonçant qu’il est l’héritier d’un château dont il en a aujourd’hui la charge l’amènera à prendre un tout autre chemin. Arrivé au château, il découvre que ce dernier n’a rien de conventionnel : il est habité par l’ensemble de ses ancêtres sous forme de fantômes depuis quarante-six générations ! Samuel fera le rencontre d’Ulrik Dragensblöt, un viking maudit par une sorcière à son époque. La malédiction qu’il a subie a malheureusement été jetée sur plusieurs générations par la même occasion. Ses descendants directs seront privés d’une vie heureuse, périront jeunes et seront destinés à errer en tant que spectre dans ce château pour l’éternité. Samuel comprend à cet instant les raisons de son mal-être, orchestrées par la sorcière bien avant sa naissance. Sans pouvoir se l’expliquer, il est l’unique descendant à avoir échappé à la mort et comprend qu’il est le seul à pouvoir annuler le mauvais sort. À l’aide de ses aïeuls, il partira dans une quête à travers le temps afin d’empêcher la malédiction de s’abattre sur sa famille et de reprendre le contrôle de sa vie.

Mon ressenti

Le livre se lit vite, il fait un peu plus de trois cents pages. La lecture est fluide et agréable, j’ai vraiment accroché avec l’écriture d’Anne Robillard, simple et efficace. L’intrigue se met en place rapidement et la thématique de la filiation est plutôt bien abordée. L’autrice évoque également l’importance de la transmission intergénérationnelle grâce aux points de vue des différents spectres que croisera Samuel. J’ai eu envie de découvrir chacune de leurs histoires tout au long de la lecture. Qui n’a jamais désiré rencontrer ses lointains ancêtres après tout ? Ou du moins, savoir à quoi leurs vies ressemblaient.

Malgré cela, je n’ai pas eu de coup de cœur pour la Malédiction des Dragensblöt. Dès la moitié du roman, les évènements deviennent assez prévisibles et linéaires. Je n’en dirai pas plus, de peur de spoiler, mais j’aurais souhaité un peu plus de rebondissements. Ce tome est le premier d’une saga composée de sept romans, de ce fait, j’imagine que l’action sera aux rendez-vous par la suite. Par ailleurs, je pense avoir été floué par la quatrième de couverture, m’attendant à quelques éléments horrifiques… En définitive, le château regorge surtout de spectres sympathiques, du moins pour le moment.

Conclusion

L’histoire m’a intéressé, je lirai probablement la suite des aventures de Samuel grâce à la réédition de la saga chez Michel Lafon. Les sept tomes sont déjà tous sortis au Québec, mais je trouve les couvertures peu esthétiques. Certes, il ne faut pas juger un livre pour sa couverture, mais… Il y a des limites à ne pas franchir dans le domaine du kitsch ! Je patienterai donc.

Je recommande malgré les quelques défauts que j’ai pu pointer.