Les romans

Agence Lockwood & Co. — Tome 1 : Le manoir de Combe Carrey (2013), Jonathan Stroud

Présentation

Agence Lockwood & Co – Chasseurs de Fantômes est une série de romans jeunesse écrite par Jonathan Stroud entre 2013 et 2017 qui comporte cinq tomes. Le premier tome « Le Manoir de Combe Carrey » est publié par Albin Michel en 2019. C’est un thriller se déroulant dans un monde surnaturel où les fantômes font partie intégrante du décor depuis un incident s’étant produit à Londres. Ce « Problème » (c’est comme ça qu’il a été nommé) est la raison pour laquelle de nombreuses agences de chasseurs de fantômes ont vu le jour. Nous suivons les aventures de Lucy, Anthony et George, représentant l’agence Lockwood, la moins cotée de la ville, et leurs aventures au gré des missions dans lesquelles ils sont enrôlés. Chacun des personnages principaux possède un « talent », nécessaire afin de détecter la présence de fantômes. Armés de leurs bombes de sel, de leurs rapières en fer et de leurs fusées au magnésium, ils s’apprêtent à pénétrer dans l’un des lieux les plus hantés de Londres : le manoir de Combe Carrey ! Argent et gloire les attendent s’ils réussissent à se débarrasser de toute présence spectrale dans ce lieu. S’ils échouent… Mieux vaut ne pas y penser.

« Combe Carrey est le manoir le plus hanté d’Angleterre, pour rien au monde je ne voudrais y passer la nuit ! Mais c’est précisément ce que je vous demande de faire… »

Mon histoire avec le livre

Une de mes amies les plus proches m’a fortement conseillé ce livre, férue tout comme moi de littérature jeune adulte. J’ai eu beaucoup de mal à rentrer dans l’histoire dans un premier temps. Il m’a été nécessaire de poser le livre pendant un moment. Deux mois plus tard, surprise ! J’ai dévoré les 480 pages du livre en quelques jours. Comme quoi, il n’est pas vraiment utile de se forcer à lire quand l’envie n’est pas là, mieux vaut y revenir plus tard.

Mon ressenti

J’ai adoré cette histoire ! Les personnages sont plutôt réalistes, crédibles et attachants. L’ambiance anglaise teintée de touches horrifiques est convaincante ! Il est très agréable d’entrer dans cet univers puisque tout est expliqué de manière fluide au fil de la lecture : d’où viennent les fantômes ? Comment les reconnaître ? Quels sont leurs buts ? Comment s’en débarrasser ? Un glossaire est inséré à la fin du roman, ce qui est très pratique.

Quelques flashbacks sont présents en début de roman. Ils sont centrés sur Lucy et nous permettent d’avoir un aperçu sur son arrivée dans l’agence Lockwood. Une façon d’en apprendre plus sur le monde qui est le leur sans pour autant nous sortir de la trame principale.

En parallèle des missions dans lesquelles s’engage le trio, nous suivons également la résolution d’un meurtre, fil rouge de la lecture.

Le mystère est présent, mais aussi l’humour. Les protagonistes vont de déboires en déboires et se tirent souvent dans les pattes. Nous sommes loin du cliché de l’équipe soudée. Pour autant, il est très facile de s’attacher au trio.

L’action est présente tout au long du livre, mais c’est surtout l’ambiance qui m’a séduit.

L’adaptation

A priori, une série Netflix serait en cours de production depuis 2021. D’après mes recherches nous aurons droit à un format 8 x 60 minutes. Pour le moment, nous ne savons pas si la série adaptera le premier tome ou l’ensemble de la collection. J’ai hâte de voir ce que cela pourrait donner !

Conclusion

Je le recommande ! Et je lirai sans aucun doute la suite !

Les romans

Cœurs perdus en Atlantide, Stephen King (1999)

Présentation

Cœurs perdus en Atlantide est un recueil de nouvelles écrit par Stephen King en 1999. Cinq histoires composent l’ouvrage avec une ligne directrice commune et des personnages qui s’entrecroisent à des périodes différentes de leurs vies. L’auteur aborde à nouveau des thématiques qu’il maitrise : le début de l’adolescence, les relations amicales intergénérationnelles et le trauma à travers la guerre du Vietnam, un sujet en arrière-plan tout au long de la lecture. La première nouvelle intitulée « Crapules de bas étage en manteau jaune » s’attarde sur un groupe d’amis ayant grandi dans le Connecticut : Bobby Gardfield, le protagoniste, Carol Gerber et Sully John. Le quotidien de Bobby est chamboulé le jour où Ted Brautigan emménage dans l’appartement du dessus. Ted est un vieil homme qui semble posséder un don hors du commun, le forçant à se cacher d’individus méprisables à sa recherche. Une véritable histoire d’amitié s’installe entre Ted et le jeune garçon, une relation très mal vue par la mère de Bobby qui ne cessera de s’interposer entre eux. Cette première nouvelle est un portrait saisissant des années 60 aux États-Unis, une période chère dans le cœur de l’auteur.

« Même s’il est difficile de le croire, les sixties ne sont pas imaginaires : ces années-là ont bel et bien existé » Stephen King

Mon histoire avec le livre

J’ai lu ce roman dans le cadre de l’automne du King, le défi annuel crée par @Tomabooks. Cette lecture était également nécessaire à mesure de ma progression dans le cycle de La Tour Sombre puisque la première nouvelle y fait référence de plusieurs façons. Cette lecture m’a accompagné pendant une petite semaine, je ne parvenais pas à la lâcher. Toutes les nouvelles ne se valent pas, en taille comme en qualité, mais le ressenti global fut très bon pour moi.

Mon ressenti

J’ai été transporté dès la première nouvelle et touché par la façon dont King a choisi de raconter cette grande histoire. La première nouvelle parle d’amitié, que ce soit celle entre les trois adolescents unis depuis l’enfance ou celle entre Bobby et Ted. Impossible de ne pas penser à Ça ou à la nouvelle Le Corps, deux histoires où l’amitié est au premier plan. Dans « Crapules de bas étage en manteaux jaune », l’auteur dissémine astucieusement des éléments liés à La Tour Sombre (sa saga fantasy). Cela est fait plutôt intelligemment de façon qu’une personne qui n’a pas lu le cycle ne soit pas perdue (au pire elle ratera quelques références) alors que celui ayant suivi les aventures de Roland, l’un des protagonistes de la Tour Sombre, sera ravi à chaque clin d’œil.

« Chasse-cœur en Atlantide » est la seconde nouvelle du recueil, et se déroule quelques années plus tard. Elle aborde le quotidien d’un groupe d’étudiants à l’université ayant développé une obsession pour un jeu de cartes, à l’heure où de nombreux individus sont appelés à entrer en guerre au Vietnam. La nouvelle aborde également la question du militantisme à travers les premiers mouvements hippies.

Les nouvelles « Willie l’Aveugle » et « Pourquoi nous étions au Vietnam » se déroulent respectivement au début des années 80 puis juste avant les années 2000 et abordent la question du trauma de guerre et de la difficulté à se réinsérer dans la société pour les vétérans. La dernière nouvelle « Ainsi tombent les ombres célestes de la nuit », pouvant être considérée comme un épilogue, vient clore cette histoire d’une façon touchante, presque poétique, et représente la dernière pièce du puzzle permettant au lecteur de comprendre l’histoire dans sa globalité.

Sans être de la génération Woodstock ou sans même avoir de connaissance précise quant au déroulé de la guerre du Vietnam et de ses retombées sur le plan humain, économique et social, j’ai pu apprécier cette lecture qui a résonné en moi. Les personnages sont creusés, authentiques mais imparfaits et remplis de failles. C’est ce que j’aime dans mes lectures de Stephen King et ce que je continue de chercher dans ses écrits. La force de cet ouvrage réside selon moi dans le découpage temporel qui a été effectué par l’auteur, nous accordant ainsi la possibilité de comprendre un phénomène traumatogène sous le prisme de plusieurs personnages et à des périodes différentes.

L’adaptation

Une adaptation cinématographique de la première nouvelle du recueil voit le jour en 2002. On accorde à Anthony Hopkins le rôle de Ted Brautigan tandis que celui de Bobby est campé par le regretté Anton Yelchin. Le duo marche bien et l’adaptation est très correcte. Bien que je comprenne le choix qui a été fait de mettre de côté les quatre autres parties du recueil (cela aurait été probablement impossible de les retranscrire à l’écran sans perdre le spectateur), je trouve que l’histoire perd tout son sens et son intensité. Les références à la Tour Sombre n’ont par ailleurs pas pu être incluses. L’ambiance reste respectée, mais j’attendais quelque chose de différent.

Coeurs perdus en Atlantide en DVD : Coeurs perdus en Atlantide - AlloCiné

Conclusion

Je recommande fortement cette lecture ! Que vous ayez lu La Tour Sombre ou non. Une de mes lectures favorites pour l’année 2021.

Les romans

La Tour Sombre VI : Le Chant de Susannah (2004), Stephen King

Présentation

Le Chant de Susannah (Song of Susannah en V.O) est un roman appartenant à la littérature fantastique. Il a été écrit par Stephen King et fait partie du cycle de La Tour Sombre dont il est le sixième tome. Nous rejoignons nos héros où nous les avons laissés à la fin du cinquième livre : Susannah s’est échappée après la bataille contre les Loups de La Calla. La jeune femme est sur le point de donner naissance à son enfant et se retrouve contrôlée par Mia, une énième personnalité ayant émergée au fil de ce dernier volume. Fragilisé, le Ka-Tet* décide de partir à sa recherche, s’éloignant encore une fois de la quête de la Tour Sombre. Roland Deschain, le dinh**, est conscient qu’il ne pourra pas accomplir sa destinée sans Susannah à ses côtés. Eddie Dean, l’amant dépité de cette dernière, perd patience et sort de ses gonds, tandis que Jake Chambers, accompagné de Oy et du Père Callahan, s’embarque dans une nouvelle aventure à travers l’espace et le temps. Nous suivons les péripéties des cinq protagonistes dans un New York hors du temps, alors que Susannah part en quête de vérité sur l’origine de Mia, son alter ego qui semble déterminé à lui dérober son futur enfant à naître. Et si cet enfant avait lui aussi son rôle à jouer dans la quête de Roland ?

*  Groupe de personnes partageant un même destin

** Le chef d’un Ka-Tet

Mon histoire avec le livre

J’ai lu ce roman dans le cadre de l’automne du King, le défi annuel crée par @Tomabooks. J’ai pu profiter de ce sixième tome de la Tour Sombre lors de mon dernier voyage en Irlande. Cette lecture sera à jamais associée dans ma mémoire à ces quelques jours de sérénité dans ce pays que j’affectionne particulièrement. En anglais, ce roman compte 480 pages. J’ai pu l’acheter d’occasion comme la plupart des tomes de la Tour Sombre, et je l’ai dévoré en une semaine.

Mon ressenti

Il est l’un des rares livres lus cette année à m’avoir autant tenu en haleine. Si certains chapitres ne m’ont pas du tout passionné dans la première partie du roman (notamment ceux mettant en scène le binôme Roland/Eddie), j’en retire beaucoup de satisfaction. Nous avons accès à une cascade de révélations et d’explications sur certains mystères abordés plus tôt dans la saga. Il en manque encore des tonnes certes, mais c’est plutôt agréable de parvenir (enfin) à saisir les tenants et les aboutissants du méta-univers crée par King. Sans surprise, Susannah est au centre de cette histoire. Si ce personnage ne m’a pas inspiré grand-chose au moment de son introduction dans le tome deux, je dois avouer que j’ai pris plaisir à en apprendre plus sur elle. Le Chant de Susannah aborde des thématiques plutôt sombres où l’unique membre féminin du Ka-Tet doit lutter contre sa plus grande ennemie : elle-même. Les forces du mal se dévoilent de plus en plus dans ce tome et tout semble faire sens.

Côté développement des personnages, j’ai aimé le traitement qui a été accordé à Jake. Le petit garçon fragile des premiers tomes semble avoir totalement disparu, laissant place à un futur Pistolero redoutable. Le Père Callahan est mis de côté (plusieurs chapitres lui ont été dédiés dans le dernier tome), Eddie m’a exaspéré tout le long du roman (alors qu’il est mon personnage préféré) et Roland est un peu en retrait pour une fois, ce qui ne fait pas de mal.

Ce sixième tome contient du suspens, des flash-backs (non ennuyeux), des phases d’action et des révélations. À partir du dixième chapitre, tout s’enchaîne et il m’a été impossible de lâcher le bouquin jusqu’à la fin. Que demander de plus ? Je n’ai qu’une hâte, me plonger dans le dernier tome de cette saga, au cours du premier trimestre 2022.

Conclusion

Je le classe dans le haut du panier dans ce cycle, juste en dessous du deuxième tome qui reste mon préféré pour le moment. Je recommande à ceux ayant entamé la lecture du cycle. Pour les autres, foncez !

Les romans

La Tempête du siècle, Stephen King (1999)

Présentation

La Tempête du Siècle est un roman de Stephen King un peu particulier. En l’écrivant, l’auteur s’est rapidement rendu compte du potentiel visuel de son histoire et a décidé d’en faire un scénario pour une mini-série. Ainsi, le livre se lit comme l’on pourrait lire le script d’un film ou d’une pièce de théâtre : le nom des personnages figure avant chaque dialogue ainsi que le contexte de chaque scène. La Tempête du Siècle ou « Storm of the Century » se déroule sur l’île de Little Tall et met en scène un nombre important de personnages qui vont tenter de faire face à deux événements imprévisibles : la survenue d’une tempête de neige dévastatrice les coupant du monde ainsi que l’arrivée d’un mystérieux personnage sur l’île « André Linoge ». Parmi les habitants notoires, Mike Anderson, le shérif, se démarque et tente de prendre en main la situation. Lorsqu’une dame âgée est retrouvée morte dans sa maison, Linoge est directement soupçonné. L’angoisse monte au sein de la communauté et les habitants se retrouvent rapidement face à des phénomènes qui dépassent l’entendement, car le danger ne se situe pas toujours là où on le croit.

Mon histoire avec le livre

J’ai lu ce roman dans le cadre de l’automne du King, le défi annuel crée par @Tomabooks. Aucune histoire ne se cache derrière l’achat de ce roman. Il ne fait pas partie des King les plus connus. Je ne me rappelle même pas l’avoir acheté. Et à vrai dire, je l’ai choisi dans ma bibliothèque, car il demeurait l’un des derniers romans « courts » de l’auteur (448 pages) qu’il me restait à lire… ! N’ayant pas la foi de me lancer dans un pavé. Pour un maximum d’immersion dans l’histoire, je recommande de le lire par une nuit d’orage ou en plein hiver !

Mon ressenti

J’ai plutôt bien aimé cette lecture. Nous sommes rapidement mis dans le bain, il n’y a pas vraiment de temps mort dans le récit. King nous épargne pour une fois la description sur-détaillée de son cadre et de l’ensemble des personnages, priorisant la mise en avant d’une thématique spécifique : l’impact que peut avoir la présence d’une seule personne malfaisante sur l’ensemble d’une communauté. Ce sujet avait déjà été traité par King dans Bazaar, où l’arrivée d’un vendeur dans la ville de Castle Rock était l’élément déclencheur de nombreux événements catastrophiques.

Si nous avons accès à une multitude de points de vue dans la Tempête du Siècle, l’action est surtout ancrée autour du personnage de Mike, ce qui permet de creuser son personnage. J’ai aimé l’ambiance confinement, quasiment huis-clos qui émane de l’histoire. Les habitants de Little Tall sont livrés à eux-mêmes pendant la tempête, ce qui aura pour conséquence de faire émerger la nature la plus profonde (et la plus abjecte) de certains habitants. Comme l’auteur le montre souvent dans ses écrits, la vraie horreur est celle qui se situe à l’intérieur de ses personnages. Ces derniers sont torturés, faibles, remplis de défauts et de traumatismes. Et c’est ce qui les rend aussi intéressants !

La force du récit réside également dans la présence d’André Linoge, le mal incarné. Omnipotent et omniscient, il répétera une même phrase tout au long du roman : « Give me what I want and I’ll go away ». À lui seul, il apporte la touche horreur et fantastique de l’ensemble du roman. Un antagoniste charismatique qui poussera les habitants de l’île jusque dans leurs derniers retranchements.

L’adaptation

Je ne sais pas si l’on peut parler d’adaptation, puisque La Tempête du Siècle a été écrit par King en tant que scénario. Pour ma culture personnelle et les bienfaits de l’article, j’ai visionné la mini-série de 4 h 30. Étonnamment, je ne l’ai pas trouvée indigeste malgré la retranscription mot à mot du scénario. Il n’y a aucun changement dans la mini-série. Cela aurait pu être extrêmement ennuyeux, mais je n’ai pas eu ce ressenti. Est-ce dû aux prestations des acteurs ? Colm Feore est parfait dans le rôle de Linoge, et Timothy Daly qui interprète le shérif Mike Anderson est également convaincant (surtout dans la dernière partie). Ou est-ce dû au respect de l’ambiance et à l’angoisse qui monte crescendo tout au long de l’intrigue ? Toujours est-il que j’ai passé un bon moment !

Conclusion

En bref, une lecture haletante qui mériterait d’être un peu plus connue. Je recommande la lecture du roman/script plutôt que la mini-série de 4 h 30.

Les romans

L’étrange vie de Nobody Owens, Neil Gaiman (2008)

Présentation

L’Etrange Vie de Nobody Owens est un roman étiqueté jeunesse/fantastique, écrit par Neil Gaiman en 2008. L’auteur explique dans la préface que l’histoire lui est venue en observant sa fille faire du vélo dans l’allée d’un cimetière. Le livre raconte l’histoire de Nobody Owens, un être humain dont la famille a été tuée lorsqu’il n’était qu’un bébé. Le tueur, surnommé « Le Jack », n’a pas réussi à mettre la main sur l’enfant, sauvé in extremis et déposé dans un cimetière. Ce lieu a la particularité d’abriter des centaines de fantômes extravagants. Nobody sera adopté par un couple de fantômes et grandira en leur demeure. L’histoire est découpée en plusieurs chapitres, chacun d’eux mettant en lumière Nobody a un âge différent, tentant de se faire une place dans ce monde. Mais le mal rôde, et « Le Jack » n’a pas dit son dernier mot !

Mon histoire avec le livre

J’ai récemment découvert cet auteur, pourtant très connu, en fouillant dans la librairie d’une amie. Cette dernière possédait son roman « Neverwhere » (ma prochaine lecture de cet auteur). Je suis ensuite tombé sur L’Etrange Vie de Nobody Owens dans une librairie parisienne, l’histoire m’a plu, je l’ai acheté. J’ai tenté de le lire pendant l’été, mais quelque chose ne marchait pas. Je n’ai pas réussi à m’immerger dans l’ambiance glaciale de ce cimetière alors qu’il faisait 35° autour de moi. Je n’ai pas forcé puis ai retenté le coup en automne. Magie ! J’ai terminé le bouquin en deux-trois jours. Comme quoi, l’ambiance dans laquelle nous lisons un livre ainsi que notre état d’esprit sur le moment est primordial pour apprécier une lecture !

Mon ressenti

J’ai adoré ce livre ! Comme je le disais un peu plus haut, c’était une lecture parfaite pour l’époque Halloween/Automne. Je ne savais pas dans quoi j’allais m’embarquer en démarrant cette histoire, n’ayant aucun a priori quant au style de l’auteur. Les 312 pages se lisent extrêmement facilement. Chaque chapitre intègre un nouveau personnage, une nouvelle rencontre entre « Bod » et un des habitants du cimetière. De ce fait, j’ai eu l’impression de lire une multitude de récits indépendants au sein d’une grande histoire qui reste en toile de fond. En effet, la trame avance en parallèle et se juxtapose facilement avec la croissance de Nobody et sa découverte du monde des morts comme de celui des vivants.

J’aurais aimé avoir plus d’information quant à l’univers créé par Gaiman. Ce dernier évoque l’existence de races ou de créatures particulières au sein du cimetière sans pour autant les développer systématiquement. Plusieurs questions restent sans réponses, même après avoir achevé la lecture du roman. Je pense notamment à la nature et au rôle de Silas (il est le tuteur de Nobody) qui est le personnage le plus intéressant selon moi et qui aurait mérité d’être un peu plus creusé.

Pour autant, je me dis également que c’est sûrement le fait que l’auteur n’a pas tartiné son roman d’explications en tout genre qui rend sa lecture efficace et agréable. Finalement, les seules informations que nous obtenons sont celles que Nobody découvre au fil des chapitres. Nous partageons ses questionnements, ses surprises et ses cheminements.

Enfin, j’ai beaucoup aimé l’idée du statut de « citoyen libre » accordé à Nobody, lui donnant accès à certains privilèges au sein de du cimetière et faisant de lui un être à part.

L’adaptation

Il y a eu une adaptation en comics chez Delcourt en deux tomes. Je n’ai pas encore réussi à me la procurer via ma bibliothèque, mais c’est prévu ! J’éditerai mon post à ce moment. Les dessins ont l’air top en tout cas !

Conclusion

Une histoire simple, touchante et efficace. Le rythme est bon ! Tout s’accélère vers la fin. Je n’aurai pas été contre une suite ou une histoire écrite dans le même univers.

Les romans

Histoire de Lisey, Stephen King (2006)

Présentation

L’Histoire de Lisey est décrit par Stephen King comme le meilleur livre qu’il ait pu écrire et comme le plus personnel.

C’est un roman du genre fantastique de 566 pages qui narre le quotidien de Lisey Landon, deux ans après le décès de son regretté mari Scott Landon, célèbre écrivain à succès. Au moment où elle commence à avancer dans son travail de deuil, l’un des fans de Scott fait irruption dans son quotidien et semble être prêt à faire de sa vie un enfer, la poussant à se souvenir d’éléments de son passé qu’elle avait occultés. En parallèle, Lisey tente d’être présente pour sa sœur Amanda, dépressive chronique traversant des phases catatoniques importantes. Perdant le contrôle de sa vie, Lisey se retrouve happée par les souvenirs de sa relation avec Scott et nous entraîne dans ce qui a été leur jardin secret pendant plus de 25 années.

L’Histoire de Lisey est une enquête à travers le temps et l’espace mêlée à une course contre la montre. En effet, le personnage de Lisey doit sauver sa sœur et se sauver elle-même en recollant les morceaux de son histoire. Pour cela, elle doit s’autoriser à traverser la frontière entre le réel et l’imaginaire en acceptant l’existence d’un lieu magique aussi puissant que terrifiant.

Mon histoire avec le livre

Ce livre fait partie de mes nombreuses trouvailles dénichées en vide-greniers à moins de cinq euros, entreposées chez moi pendant des mois (des années ?) avant d’entamer leur lecture. Je n’ai pas forcément eu envie de le lire tout de suite. Il n’est pas très connu dans la bibliographie de King et le résumé restait plutôt vague. Pour être honnête, je l’ai surtout lu en prévision de la sortie de l’adaptation en série. Je pars du principe qu’il n’y a jamais de mauvaises raisons de lire un livre !

Mon ressenti

Enfin ! King écrit autour des femmes des auteurs ! Les écrivains sont des héros que nous retrouvons régulièrement chez King (La Part des Ténèbres, Vue Imprenable sur Jardin Secret, Misery, etc.). Mais, à ma connaissance, pas un seul de ses récits ne s’est intéressé à leurs compagnes. C’est fait avec Histoire de Lisey, le roman le plus perché de SK selon moi (je n’ai pas encore lu Sleeping Beauties ou Dreamcatcher je précise !).

Le personnage de Scott Landon reste principal, mais l’intrigue tourne essentiellement autour de Lisey et de ses sœurs. Le roman parle de deuil, de processus de création, d’imagination, de liens fraternels, mais aussi de harcèlement et de maladie mentale à travers le personnage d’Amanda. Le traitement de ce personnage m’a bluffé du début à la fin. King nous offre une vision plutôt philosophique de la maladie psychique. Il nous parle aussi du processus d’écriture grâce à ce roman.

Au cours des nombreux flashbacks qui relatent l’histoire de Lisey et de Scott, nous assistons à chacune des étapes essentielles de leur couple, mais aussi à la création de leur langage secret, particulièrement déroutant lorsque l’on commence la lecture. Ces bonds dans le passé ont du sens puisqu’ils permettent à Lisey de se souvenir d’éléments importants, considérés comme anodins ou loufoques à l’époque.

Je pense que l’Histoire de Lisey fait partie de ces romans que l’on adore ou que l’on déteste. Personnellement, j’ai adoré passé la moitié du roman. Dès l’instant où j’ai su où King allait m’amener. L’auteur parle de deuil de manière poétique et touchante. C’est beau et triste à la fois. Pour ma part, j’ai été conquis !

L’adaptation

Le livre a été adapté en série, diffusée par Apple TV+ entre juin et juillet 2021. Nous avons eu le droit à huit épisodes, contant les aventures de Lisey. J’ai été scotché par les effets visuels de la série, tout simplement magnifiques. Les acteurs sont talentueux, c’est indéniable. Julianne Moore est parfaite dans le rôle de Lisey. Idem pour Joan Allen qui campe celui d’Amanda avec justesse. C’est une bonne adaptation selon moi. L’histoire et l’ambiance du roman sont respectées. En même temps, l’auteur est le scénariste de la série…

https://www.telerama.fr/sites/tr_master/files/styles/simplecrop1000/public/illustrations/thumbnails/histoire_de_lisey_001.jpg?itok=9VWcr3qY

Pourtant, je ne recommande pas forcément le visionnage de la série, surtout si vous n’avez pas lu le livre ! Le rythme est extrêmement lent. Tout est très long, chaque déplacement prend des années-lumière. Même en ayant adoré l’histoire, j’avais hâte que cela se termine vers la fin du visionnage. Tout est très brouillon à l’écran et chaque scène semble se passer dans l’obscurité. Les flashbacks, très importants à la compréhension du récit, ont selon moi été mal traités. En effet, aucun élément ne permet de clarifier la temporalité dans laquelle ils se situent. Les personnages paraissent avoir le même âge dans l’ensemble des flashbacks, ce qui rajoute du flou dans une histoire déjà pas simple à comprendre.

En bref, les effets visuels de qualité ne suffisent pas ! J’ai besoin de plus pour tenir 8×50 minutes !

Lisey's Story (TV Series 2021-2021) — The Movie Database (TMDB)

Conclusion

Je recommande, mais il faut bien s’accrocher ! Je ne le conseille donc pas en première lecture d’un King. C’est très très très perché !

Les romans

La Tour Sombre V : Les Loups de la Calla, Stephen King (2003)

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Présentation

Les Loups de la Calla (Wolves of the Calla en V.O.) est le cinquième tome du cycle de la Tour Sombre, écrit par Stephen King en 2003, six années après le quatrième tome. Au cours des 770 pages du roman, nous suivons les aventures de Roland Deschain, le dernier Pistolero originaire de Gilead, et de ses compagnons : Eddie, un ex-junkie ayant intégré le ka-tet* en premier, Susannah, sa compagne aux personnalités multiples, Jake, un jeune garçon New- Yorkais qui a croisé leur route dans le tome 3 ainsi qu’Oy, un billy bumbler** qui les accompagne dans leur quête. Les cinq compagnons poursuivent leur long voyage à la recherche de la Tour Sombre et atteignent Calla Bryn Sturgis, une ville de fermiers qui ne leur inspire pas confiance. Ils apprennent rapidement que ce lieu est sous la menace des Loups de Tonnefoudre, organisant des rapts d’enfants à intervalle régulier. Roland et ses compagnons doivent prendre une décision : se détourner momentanément de la Tour Sombre et participer au combat…

*le ka-tet désigne un groupe de personnes liées par un même destin

**une espèce résultant de la combinaison entre un chien et un raton laveur

Mon histoire avec le livre

J’avance ma lecture en même temps qu’un autre ka-tet : celui du Roi Stephen, le podcast qui chaque mois traite d’une œuvre de King.

Pour la petite histoire, j’ai moi aussi enduré une quête afin d’obtenir ce roman. Introuvable en anglais près de chez moi, il m’a été nécessaire de le commander en ligne. Ce dernier n’est jamais arrivé chez moi cependant. Il m’a fallu mener mon enquête, muni d’un numéro de suivi erroné, et le localiser (au hasard) dans un point relai à des kilomètres de mon domicile. Tout était fait pour que je n’ai jamais ce livre entre les mains, mais le Ka* m’a conduit jusqu’à lui.

*le Ka représente la destinée, le karma mais aussi le lieu où doit se rendre un individu (définition Concordance-1, R.Furth)

La lecture en anglais ne me cause plus de difficultés, je ne bute plus sur certains mots ou tournures de phrases comme auparavant. J’ai trouvé par ailleurs que ce cinquième roman contenait moins de néologismes que les précédents. Ma crainte, avec un pavé pareil, était de lire un Magie et Cristal 2.0. Le tome 4, dont l’intrigue était pourtant ensorcelante, assommait son lecteur avec ses 400 pages de flashbacks. Ce ne fut pas le cas pour les Loups de la Calla, un récit équilibré qui alterne entre des phases d’action, de récit et… de flashbacks (appelés « palabres » dans cet univers). Il en faut ! Ce ne serait pas la Tour Sombre sinon ! J’ai trouvé ces derniers particulièrement intéressants, ce qui a été déterminant dans mon appréciation globale du roman.

La Tour Sombre V - Les Loups de la Calla" en livre audio par Audible le 31  octobre 2019 - Stephen King France

Mon ressenti

J’ai dévoré le Tome 5 en peu de temps, happé par les aventures du ka-tet. Les Loups de la Calla est pour le moment l’un de mes préférés, puisant le meilleur de chacun des tomes précédents. En effet, j’ai retrouvé l’ambiance du tome 2 qui m’avait tant plu (notamment grâce aux scènes se déroulant dans notre monde), mais aussi celle du troisième roman où le côté post apocalyptique est bien mis en avant. Tout commence à s’imbriquer parfaitement et l’auteur semble s’autoriser à nous donner quelques maigres indices quant aux mystères qui entourent la Tour Sombre (tout en ajoutant de nombreuses questions bien entendu). Cela reste très satisfaisant !

Les nouveaux protagonistes mis en avant à Calla Bryn Sturgis sont plutôt intéressants. King prend plaisir à décrire le rôle de chacun et leur implication au sein de la Calla. L’auteur est toujours aussi doué dans la description, il est très facile de s’imaginer les décors ainsi que les relations entre les différents personnages. Avec le temps, j’ai pris le pli de ne plus trop avoir d’attentes quant à l’importance de chacun. Les personnages secondaires ne servent pas tous l’intrigue. Certains vont mourir, d’autres seront inutiles. Dans ce roman, le récit s’axe surtout entre les membres du ka-tet que nous voyons évoluer au fil des chapitres. Mention spéciale pour Jake et Susannah dont les storylines ont été creusées. Ce tome marque également le retour d’un personnage emblématique du roman Salem. À travers plusieurs flashbacks, nous comprenons comment et pourquoi ce dernier s’est retrouvé ici, dans le même monde que celui de Roland.

Contrairement à Magie et Cristal, j’ai trouvé Les Loups de la Calla très bien structuré. Les flashbacks sont plutôt bien disséminés dans le roman et ne freinent pas nécessairement l’évolution de l’intrigue. King fait également entendre la voix de plusieurs personnages secondaires au cours de récits succincts qui servent le roman et qui permettent au lecteur d’avoir accès à des informations supplémentaires quant aux « Loups » tout en le plongeant dans la mythologie qui entoure Calla Bryn Sturgis (je pense notamment au mythe des sœurs d’Oriza).

J’ai apprécié les nombreuses références faites au cours de ma lecture : que ce soient celles au King Multiverse ou bien à d’autres médias. C’est avec ce tome que j’ai pris pleinement conscience que la Tour Sombre était au centre de toutes les histoires créées par l’auteur depuis quarante ans.

Je relève un seul bémol, dans l’optique de nuancer mon propos. Malgré l’évolution des personnages au sein du Ka-Tet, j’ai trouvé que la quête de la Tour Sombre n’avançait pas beaucoup au cours de ce tome qui, en dépit sa qualité, a un goût de quête annexe. Il ne reste que deux tomes avant la fin du cycle et j’ai l’impression que les héros ont réalisé 10 % de leur périple. J’attends donc beaucoup des prochains tomes !

Conclusion

Mon tome préféré après le deuxième roman « Les Trois Cartes ». En espérant être transporté par les deux prochains ! Je conseille bien évidemment la lecture de la Tour Sombre dans son intégralité ! Foncez !

Les romans

La Plume Magique de Gwendy, Richard Chizmar (2019)

Présentation

La Plume Magique de Gwendy est le deuxième roman d’une trilogie créée par Richard Chizmar et Stephen King. Il fait suite à « Gwendy et la Boîte à Boutons », écrit en 2017, dans lequel nous pouvions lire les aventures d’une jeune fille de douze ans, complexée par son physique, qui s’était vu confier de manière temporaire une boîte aux pouvoirs mystérieux par un homme prénommé Richard Farris. L’histoire se déroulait à Castle Rock, une ville fictive du Maine inventée par Stephen King, théâtre de nombreuses catastrophes et drames en tout genre. Gwendy comprenait au fil des chapitres que la magie qui émanait de la boîte avait un prix : si elle pouvait lui apporter bonheur et bien-être, elle était aussi capable de semer chaos et tristesse autour d’elle.

Ce deuxième roman, écrit exclusivement par Richard Chizmar, met en scène la suite des aventures de Gwendy, âgée de 37 ans désormais et de retour à Castle Rock pour les fêtes de fin d’année. Sa vie semble parfaite et équilibrée. Cependant, face à l’état de santé défaillant de sa mère et aux mystérieuses disparitions de jeunes filles dans sa ville natale, elle se retrouve vite en difficulté. C’est à ce moment que la boîte à boutons fait à nouveau irruption dans son quotidien.

Mon histoire avec le livre

La Boîte à Boutons de Gwendy est le premier livre que j’ai acheté à la sortie du confinement de mars 2020. J’avais apprécié cette courte lecture tranquille et mouvementée à la fois. À la suite d’une panne de lecture, il y a quelques semaines, je me suis orienté vers La Plume Magique de Gwendy, persuadé que ce livre faciliterait mon retour à la lecture de romans (spoiler : cela a marché !). Un moment très agréable et rapide (environ 300 pages) et un retour à Castle Rock qui ne fait pas de mal !

Résumé

L’histoire se déroule 15 ans après les événements de « Gwendy et la Boîte à Boutons ». Après avoir été écrivaine à succès, Gwendy est devenue sénatrice, élue à la chambre des représentants des États-Unis. Tout semble lui sourire : une carrière passionnante, un épanouissement sur le plan sentimental et une famille aimante. Mais voilà que la fameuse boîte à boutons refait surface dans son quotidien à l’approche des fêtes de fin d’année. Le retour de Gwendy chez ses parents, dans sa ville natale, correspond malheureusement avec la disparition de jeunes filles. Du fait de son statut important et de sa nature altruiste, elle s’investit dans l’enquête auprès du shérif Norris Ridgewick afin de les retrouver. En parallèle, elle tente de gérer son obsession croissante pour la boîte à boutons, consciente de son pouvoir, mais aussi de son danger, tout en soutenant sa mère face à la maladie. Tout serait si facile si elle pouvait se servir de la boîte pour régler ses soucis…

Mon ressenti

Ce fut une lecture fluide, facile et très agréable ! J’ai apprécié cette promenade dans le Castle Rock de la fin des années 90 et savouré les nombreuses références aux événements passés (Cujo, Dead Zone, etc.). Ce second tome est également l’occasion de retrouver le shérif Norris Ridgewick, présent dans plusieurs œuvres de King.

Je suis assez attaché au personnage de Gwendy, qu’on prend plaisir à voir grandir et évoluer. Une personne plutôt ordinaire à qui il arrive des choses extraordinaires. Le fait d’être devenue une adulte responsable, d’avoir mené à bien sa carrière ainsi que ses projets artistiques et de s’être débarrassée de ses complexes ne la protège pas pour autant des peurs primitives de son enfance : la solitude et la perte de ses proches. Nous la voyons lutter tout au long du roman face à ses angoisses, de la même façon que lorsqu’elle n’était qu’une jeune adolescente. L’enquête policière en toile de fond est intéressante, mais sans plus. Si elle permet de creuser l’arc narratif de Gwendy (et de donner un sens à cette histoire de Plume Magique), elle n’apporte pas grand-chose. Elle offrira toutefois la possibilité de mettre en avant le binôme Gwendy/Ridgewick.

Je dois avouer cependant avoir été un peu déçu de la fin, étant habitué aux dénouements en queue de poisson de Stephen King, aux morts atroces ou aux fins ouvertes. Spoiler : ce n’est pas du tout le cas ici ! Nous n’avons que très peu d’informations sur l’origine de la boîte ou même de Richard Farris. On sent que c’est un numéro deux, l’auteur nous tient en haleine et nous pousse à patienter en attendant le retour des aventures de Gwendy pour un dernier tome dont la couverture a été dévoilée récemment. Je n’en dirai pas plus, mais… Est-ce une Tour Sombre derrière l’homme au chapeau noir ?


Lien Possible

Cette histoire de boîte magique capable du meilleur comme du pire m’a rappelé celle du Veston Ensorcelé, une nouvelle présente dans le recueil « Le K » de Dino Buzzati (1966). Dans cette histoire, un jeune homme découvrait qu’une des poches d’un veston qu’il avait acheté chez un tailleur possédait un pouvoir fantastique : celui de produire des billets de banque à volonté. L’homme se rendait rapidement compte qu’à force d’user de ce pouvoir, des catastrophes survenaient autour de lui. Cette nouvelle, tout comme l’histoire de Gwendy, aborde parfaitement la thématique de la perte de contrôle à travers un objet aux propriétés maléfiques.

Conclusion

Ce second tome, un peu en dessous du premier, m’a tout de même donné envie de lire la suite : « Gwendy’s Final Task », qui sera disponible en février 2022. Le dernier acte de cette trilogie sera à nouveau écrit par Chizmar et King.

Les romans

Christine, Stephen King (1983)

Présentation

Christine est un roman écrit en 1983 par Stephen King. Ce pavé (750 pages dans ma version en VO) relate la descente aux enfers d’Arnie Cunningham,à la suite de l’achat d’une voiture pour laquelle il semble avoir eu un véritable coup de cœur : une Plymouth Fury de 1958 prénommée « Christine ». Le roman aborde les conséquences de cette nouvelle acquisition sur plusieurs mois, tant sur sa vie privée que sur son environnement. En effet, la Plymouth se révèle être dotée d’une conscience et semble déterminée à rendre le pauvre Arnie fou d’elle, dans tous les sens du terme !

Le roman aborde la thématique de l’amitié, du passage à l’âge adulte mais aussi de la dépendance et de la perte de contrôle à travers le personnage d’Arnie.

Comme de nombreuses œuvres de King, Christine souffre de la comparaison avec son adaptation cinématographique. Sortie la même année, l’adaptation de John Carpenter est devenue très populaire au fil des années. Si populaire, qu’elle a véhiculé (ahahah) de nombreuses images dans l’inconscient collectif, s’imposant comme un monument de la pop culture des années 80. Même si l’on n’a pas lu le livre ou vu le film, au pire on sait de quoi ça parle (« c’est la voiture qui tue tout le monde, c’est ça ? »).

Cependant, le roman de King va beaucoup plus loin !

Mon histoire avec le livre

Cela fait un peu plus de dix ans que je lis Stephen King ou plutôt que je dévore ses œuvres. Ma collection est constituée à 80% d’ouvrages dénichés en brocantes ou en librairie d’occasion. Au fil du temps, je suis parvenu à posséder la quasi-totalité de sa bibliographie. Cependant, en 10 ans de recherches actives je ne suis jamais tombé en face de la fameuse Christine ! Il m’a été nécessaire de succomber à l’achat en ligne afin de me le procurer, dès l’instant où j’ai su que le Roi Stephen allait consacrer un épisode à ce roman (vous pouvez retrouver leur podcast ici).

Toujours est-il que je n’étais pas emballé à l’idée de lire ce roman, persuadé que l’histoire tournerait uniquement autour d’une voiture meurtrière possessive… Je me suis trompé finalement, Christine est bien plus que ça !

Cette lecture a d’ailleurs été un exercice intéressant pour moi, puisque j’ai choisi de le lire en VO. L’objectif était de tester mes capacités de lecture sur un de ses ouvrages hors Tour Sombre (peu représentatif de son style d’écriture habituel).

Résumé

De manière totalement hasardeuse, Arnie Cunnigham tombe un jour nez à nez avec la voiture de ses rêves. Sans qu’il ne puisse l’expliquer à son ami de longue date, Dennis Guilder, il se sent tout de suite attiré par ce véhicule et décide de l’acheter à son ancien propriétaire Roland Le Bay. « Christine », la Plymouth Fury rouge va au fil du temps prendre de plus en plus de place dans sa vie quotidienne et éloigner Arnie de ses proches. Cette voiture se révèle rapidement différente des autres.

Autrefois renfermé et complexé par son apparence, le jeune homme s’affirme de plus en plus : dans la relation conflictuelle à ses parents, mais également face aux crapules de son lycée. Ce surplus de confiance en lui-même l’aidera d’ailleurs à séduire la nouvelle du lycée, Leigh Cabot. Si Arnie est satisfait de l’ensemble de ces changements dans sa vie à la suite de sa nouvelle acquisition, son ami Dennis s’inquiète de la modification brusque de sa personnalité et de son comportement. Quand des meurtres impliquant une voiture sont reportés par la police de Libertyville, il n’y a aucun doute pour Dennis : Christine est la coupable désignée !

Mon ressenti (peut contenir des traces de spoil)

J’ai mis beaucoup de temps à lire ce roman, ayant lâché la lecture pendant plusieurs semaines passé les 300 pages. Quand je l’ai reprise, j’ai tout lu en quelques jours. Comme dans beaucoup d’œuvres de King la mise en place est lente. L’auteur attache beaucoup d’importance à contextualiser ses histoires. Il creuse ses personnages, leurs habitudes et l’environnement dans lequel ils évoluent. Pour ce roman, le rythme lent me parait cependant pertinent, car il permet au lecteur d’observer l’emprise insidieuse et progressive de Christine sur Arnie.

Il est probable que cela soit dû à la déformation professionnelle mais j’ai vu en Christine une belle métaphore de l’addiction pour ma part ! Malheureusement, l’auteur en connait un rayon à ce sujet. Au fil de l’intrigue, King brosse en effet le portrait d’un jeune homme qui se perd dans une relation toxique et qui ne parvient pas à s’en défaire. Si Christine est au départ synonyme de joie et de bien-être pour lui, elle deviendra rapidement la cause de tous ses maux, resserrant son emprise sur lui à chaque chapitre. Arnie perdra le contrôle de la personne qu’il était et ne parviendra jamais à mettre fin à la relation à Christine sans l’aide de ses proches. Le temps passé auprès de sa voiture et l’obsession qui grandira en lui à son égard aura des conséquences sur son entourage, sur ses notes mais aussi sur ses perspectives d’avenir. Arnie s’oublie dans la dépendance avec le temps, devenant une coquille vide, un réceptacle pour l’âme de Christine qui n’a qu’à se servir.

Christine est un roman d’horreur, mais pas que. Les descriptions peuvent heurter les plus sensibles, je pense notamment à une scène impliquant Buddy Repperton (le bourreau d’Arnie au lycée) et certaines scènes avec Christine font froid dans le dos tant ses agissements et façons de faire sont humanisées. Par ailleurs, le mal qui émane de Christine n’est pas expliqué clairement. Nous sommes à la frontière entre la possession, la présence de fantômes et/ou d’un mal préexistant chez Christine. Nous pouvons aussi faire l’hypothèse que ce véhicule est capable de faire ressortir chez son propriétaire ce qu’il y a de plus noir en lui…

Pour autant, la lecture reste plutôt chill et sympathique. J’ai pu retrouver l’ambiance indescriptible des premiers romans de Stephen King et ce style si particulier qui est le sien.

Enfin, j’ai aimé le fait de voir l’évolution d’Arnie à travers le regard de son ami d’enfance Dennis, qu’il est possible de considérer comme le personnage principal finalement.

Bref, j’ai beaucoup aimé !

Adaptation

Je vais faire court, je me suis ennuyé. Je m’étais fait une tout autre image des personnages, notamment Arnie. La première moitié est plutôt fidèle mais la fin prend un autre chemin. Cela va très vite. Trop vite. Les meurtres se succèdent et le changement dans le comportement du conducteur de la Plymouth m’a semblé trop soudain, empêchant le spectateur d’appréhender la lente descente aux enfers d’Arnie décrite dans le roman.

Je pense cependant que j’aurais apprécié le film si je l’avais visionné pendant mon adolescence, ou si je n’avais pas lu le livre avant.

Seul point positif pour moi : la bande son !

Conclusion

Foncez lire le livre si vous ne l’avais pas déjà fait !

Et méfiez-vous des vieilles voitures !

Les comics

Chilling Adventures of Sabrina—Roberto Aguirre-Sacasa & Robert Hack

Présentation

Chilling Adventures of Sabrina est un reboot du comics éponyme de 1972. Il est écrit par Roberto Aguirre-Sacasa (l’auteur ayant signé l’adaptation du Fléau de Stephen King en comics) et dessiné par Robert Hack. Il est publié par Archie Horror à partir d’octobre 2014 et contient à ce jour huit numéros. Il raconte les aventures de Sabrina dans la ville de Greendale et de son quotidien en tant qu’adolescente mi-humaine, mi-sorcière. Le comics a été adapté en 2017 par Netflix (2 saisons disponibles). Contrairement à la série moderne, l’histoire du comics se déroule dans les années 60.

Mon histoire avec le comics

Je n’ai jamais vraiment regardé la série télévisée des années 2000 « Sabrina l’apprentie sorcière » ni la série animée. Je ne connaissais pas non plus l’existence des comics avant quelques mois. J’ai démarré ma lecture de ces derniers à la suite du visionnage de l’adaptation de Netflix, afin d’en savoir plus sur l’univers et de découvrir l’œuvre dont la série s’était inspirée. Les comics peuvent être empruntés en anglais sur la plate-forme Amazon Reading pour les utilisateurs ayant l’abonnement Prime, ce qui est très pratique. L’anglais employé nécessite tout de même une maîtrise correcte de la langue.

Résumé

Sabrina Spellman, orpheline, est élevée par ses tantes Hilda et Zelda, des sorcières talentueuses gérant une entreprise de pompes funèbres tout en étant à la tête d’un puissant coven*. Sabrina cherche sa place dans ce monde, partagée entre son désir de vivre de manière ordinaire et ses responsabilités en tant que sorcière. Dans sa quête elle est aidée par Salem, son chat dans lequel habite l’âme d’un sorcier, ainsi que par son cousin Ambrose. À l’âge de 16 ans, elle doit prendre une décision et choisir le destin qui sera le sien. Dans l’équation il y a bien sûr son petit ami Harvey qui ignore tout de son univers. Elle sera mise à mal par Madame Satan qui, dans l’ombre, prépare sa vengeance contre les Spellman.

* cercle de sorcières

Mon ressenti

J’ai lu les huit numéros des aventures de Sabrina assez rapidement. Les dessins de Robert Hack sont plutôt originaux et leur colorisation donne une impression d’aquarelle  agréable à l’œil. L’ambiance du comics m’a directement plongé dans les sixties avec ses nombreuses références. Cette version de Sabrina est assez glauque et s’éloigne totalement des premiers comics ou même des séries qui ont suivi. Au programme : incantations funestes, meurtres en cascade, rituel sacrificiel, châtiments corporels et possession diabolique.

Chaque numéro explore l’histoire d’un personnage en particulier, accompagné de flashbacks pertinents. Mis bout à bout, ces morceaux d’histoire permettent au lecteur d’avoir le point de vue de chacun des personnages principaux et même des antagonistes (ce qui est un plus par rapport à la série).

Le comics parcourt également le passé des parents de Sabrina, notamment à travers un numéro centré sur la genèse d’Edward Spellman, le père de la sorcière, et de sa montée en puissance au sein du coven. Le numéro que j’ai préféré reste cependant celui consacré aux familiers* de Sabrina (Salem le chat noir doué de parole) et d’Ambrose (Nag et Nagaina les cobras au passé douteux). Il s’en dégage un aspect mythologique qui m’a beaucoup plu, voire qui m’a donné envie d’en savoir plus sur eux.

* esprits surnaturels protecteurs source de conseils

L’histoire va très vite et ne s’embarrasse pas de détails inutiles. À savoir : le numéro #8 s’achève sur un cliffhanger et laisse le lecteur sur sa faim, la suite n’a pas été publiée pour le moment. J’espère que la production du comics reprendra à nouveau et donnera à Sabrina une conclusion satisfaisante.

Lien avec d’autres œuvres

On note quelques apparitions de certains protagonistes de l’univers d’Archie (dont la série Riverdale est l’adaptation) avec une refonte totale des personnages. Dans cet univers, Betty et Veronica endossent le rôle de sorcières et seront amenés à frayer avec Madame Satan, tandis que Jughead est… un zombie ! Une façon habile de faire un lien avec le comics « Afterlife with Archie » de 2013, signé également par Roberto Aguirre-Sacasa. Ces quelques apparitions ne brisent pas le rythme de la lecture et ne nécessitent pas d’avoir lu auparavant les comics dont ils sont issus.

Adaptation

Je n’ai pas envie de m’attarder sur la série de Netflix (SaveurLittéraire a rédigé un superbe avis sur son blog à ce sujet). Les deux saisons sont inégales en termes de qualité et parfois teintées d’incohérences, surtout dans la dernière partie. Certains épisodes m’ont vraiment plu cependant ! La série se centre autour du groupe d’amis de Sabrina et explore leur storyline tout en mettant en avant le monde des sorciers sous toutes ses facettes : apprentissage de la magie, satanisme, voyage dans les cercles de l’enfer. L’humour est présent, à travers les tantes de Sabrina. J’ai trouvé les acteurs bons, notamment Miranda Otto dans le rôle de Zelda, une pépite ! Une série parfaite pour Chiller, si l’on reprend le titre du comics… *rires enregistrés*

Conclusion

OUI pour les comics ! Why not pour la série. Et surtout : donnez-nous une suite !