Les romans

Histoire de Lisey, Stephen King (2006)

Présentation

L’Histoire de Lisey est décrit par Stephen King comme le meilleur livre qu’il ait pu écrire et comme le plus personnel.

C’est un roman du genre fantastique de 566 pages qui narre le quotidien de Lisey Landon, deux ans après le décès de son regretté mari Scott Landon, célèbre écrivain à succès. Au moment où elle commence à avancer dans son travail de deuil, l’un des fans de Scott fait irruption dans son quotidien et semble être prêt à faire de sa vie un enfer, la poussant à se souvenir d’éléments de son passé qu’elle avait occultés. En parallèle, Lisey tente d’être présente pour sa sœur Amanda, dépressive chronique traversant des phases catatoniques importantes. Perdant le contrôle de sa vie, Lisey se retrouve happée par les souvenirs de sa relation avec Scott et nous entraîne dans ce qui a été leur jardin secret pendant plus de 25 années.

L’Histoire de Lisey est une enquête à travers le temps et l’espace mêlée à une course contre la montre. En effet, le personnage de Lisey doit sauver sa sœur et se sauver elle-même en recollant les morceaux de son histoire. Pour cela, elle doit s’autoriser à traverser la frontière entre le réel et l’imaginaire en acceptant l’existence d’un lieu magique aussi puissant que terrifiant.

Mon histoire avec le livre

Ce livre fait partie de mes nombreuses trouvailles dénichées en vide-greniers à moins de cinq euros, entreposées chez moi pendant des mois (des années ?) avant d’entamer leur lecture. Je n’ai pas forcément eu envie de le lire tout de suite. Il n’est pas très connu dans la bibliographie de King et le résumé restait plutôt vague. Pour être honnête, je l’ai surtout lu en prévision de la sortie de l’adaptation en série. Je pars du principe qu’il n’y a jamais de mauvaises raisons de lire un livre !

Mon ressenti

Enfin ! King écrit autour des femmes des auteurs ! Les écrivains sont des héros que nous retrouvons régulièrement chez King (La Part des Ténèbres, Vue Imprenable sur Jardin Secret, Misery, etc.). Mais, à ma connaissance, pas un seul de ses récits ne s’est intéressé à leurs compagnes. C’est fait avec Histoire de Lisey, le roman le plus perché de SK selon moi (je n’ai pas encore lu Sleeping Beauties ou Dreamcatcher je précise !).

Le personnage de Scott Landon reste principal, mais l’intrigue tourne essentiellement autour de Lisey et de ses sœurs. Le roman parle de deuil, de processus de création, d’imagination, de liens fraternels, mais aussi de harcèlement et de maladie mentale à travers le personnage d’Amanda. Le traitement de ce personnage m’a bluffé du début à la fin. King nous offre une vision plutôt philosophique de la maladie psychique. Il nous parle aussi du processus d’écriture grâce à ce roman.

Au cours des nombreux flashbacks qui relatent l’histoire de Lisey et de Scott, nous assistons à chacune des étapes essentielles de leur couple, mais aussi à la création de leur langage secret, particulièrement déroutant lorsque l’on commence la lecture. Ces bonds dans le passé ont du sens puisqu’ils permettent à Lisey de se souvenir d’éléments importants, considérés comme anodins ou loufoques à l’époque.

Je pense que l’Histoire de Lisey fait partie de ces romans que l’on adore ou que l’on déteste. Personnellement, j’ai adoré passé la moitié du roman. Dès l’instant où j’ai su où King allait m’amener. L’auteur parle de deuil de manière poétique et touchante. C’est beau et triste à la fois. Pour ma part, j’ai été conquis !

L’adaptation

Le livre a été adapté en série, diffusée par Apple TV+ entre juin et juillet 2021. Nous avons eu le droit à huit épisodes, contant les aventures de Lisey. J’ai été scotché par les effets visuels de la série, tout simplement magnifiques. Les acteurs sont talentueux, c’est indéniable. Julianne Moore est parfaite dans le rôle de Lisey. Idem pour Joan Allen qui campe celui d’Amanda avec justesse. C’est une bonne adaptation selon moi. L’histoire et l’ambiance du roman sont respectées. En même temps, l’auteur est le scénariste de la série…

https://www.telerama.fr/sites/tr_master/files/styles/simplecrop1000/public/illustrations/thumbnails/histoire_de_lisey_001.jpg?itok=9VWcr3qY

Pourtant, je ne recommande pas forcément le visionnage de la série, surtout si vous n’avez pas lu le livre ! Le rythme est extrêmement lent. Tout est très long, chaque déplacement prend des années-lumière. Même en ayant adoré l’histoire, j’avais hâte que cela se termine vers la fin du visionnage. Tout est très brouillon à l’écran et chaque scène semble se passer dans l’obscurité. Les flashbacks, très importants à la compréhension du récit, ont selon moi été mal traités. En effet, aucun élément ne permet de clarifier la temporalité dans laquelle ils se situent. Les personnages paraissent avoir le même âge dans l’ensemble des flashbacks, ce qui rajoute du flou dans une histoire déjà pas simple à comprendre.

En bref, les effets visuels de qualité ne suffisent pas ! J’ai besoin de plus pour tenir 8×50 minutes !

Lisey's Story (TV Series 2021-2021) — The Movie Database (TMDB)

Conclusion

Je recommande, mais il faut bien s’accrocher ! Je ne le conseille donc pas en première lecture d’un King. C’est très très très perché !

Les romans

La Tour Sombre V : Les Loups de la Calla, Stephen King (2003)

Image

Présentation

Les Loups de la Calla (Wolves of the Calla en V.O.) est le cinquième tome du cycle de la Tour Sombre, écrit par Stephen King en 2003, six années après le quatrième tome. Au cours des 770 pages du roman, nous suivons les aventures de Roland Deschain, le dernier Pistolero originaire de Gilead, et de ses compagnons : Eddie, un ex-junkie ayant intégré le ka-tet* en premier, Susannah, sa compagne aux personnalités multiples, Jake, un jeune garçon New- Yorkais qui a croisé leur route dans le tome 3 ainsi qu’Oy, un billy bumbler** qui les accompagne dans leur quête. Les cinq compagnons poursuivent leur long voyage à la recherche de la Tour Sombre et atteignent Calla Bryn Sturgis, une ville de fermiers qui ne leur inspire pas confiance. Ils apprennent rapidement que ce lieu est sous la menace des Loups de Tonnefoudre, organisant des rapts d’enfants à intervalle régulier. Roland et ses compagnons doivent prendre une décision : se détourner momentanément de la Tour Sombre et participer au combat…

*le ka-tet désigne un groupe de personnes liées par un même destin

**une espèce résultant de la combinaison entre un chien et un raton laveur

Mon histoire avec le livre

J’avance ma lecture en même temps qu’un autre ka-tet : celui du Roi Stephen, le podcast qui chaque mois traite d’une œuvre de King.

Pour la petite histoire, j’ai moi aussi enduré une quête afin d’obtenir ce roman. Introuvable en anglais près de chez moi, il m’a été nécessaire de le commander en ligne. Ce dernier n’est jamais arrivé chez moi cependant. Il m’a fallu mener mon enquête, muni d’un numéro de suivi erroné, et le localiser (au hasard) dans un point relai à des kilomètres de mon domicile. Tout était fait pour que je n’ai jamais ce livre entre les mains, mais le Ka* m’a conduit jusqu’à lui.

*le Ka représente la destinée, le karma mais aussi le lieu où doit se rendre un individu (définition Concordance-1, R.Furth)

La lecture en anglais ne me cause plus de difficultés, je ne bute plus sur certains mots ou tournures de phrases comme auparavant. J’ai trouvé par ailleurs que ce cinquième roman contenait moins de néologismes que les précédents. Ma crainte, avec un pavé pareil, était de lire un Magie et Cristal 2.0. Le tome 4, dont l’intrigue était pourtant ensorcelante, assommait son lecteur avec ses 400 pages de flashbacks. Ce ne fut pas le cas pour les Loups de la Calla, un récit équilibré qui alterne entre des phases d’action, de récit et… de flashbacks (appelés « palabres » dans cet univers). Il en faut ! Ce ne serait pas la Tour Sombre sinon ! J’ai trouvé ces derniers particulièrement intéressants, ce qui a été déterminant dans mon appréciation globale du roman.

La Tour Sombre V - Les Loups de la Calla" en livre audio par Audible le 31  octobre 2019 - Stephen King France

Mon ressenti

J’ai dévoré le Tome 5 en peu de temps, happé par les aventures du ka-tet. Les Loups de la Calla est pour le moment l’un de mes préférés, puisant le meilleur de chacun des tomes précédents. En effet, j’ai retrouvé l’ambiance du tome 2 qui m’avait tant plu (notamment grâce aux scènes se déroulant dans notre monde), mais aussi celle du troisième roman où le côté post apocalyptique est bien mis en avant. Tout commence à s’imbriquer parfaitement et l’auteur semble s’autoriser à nous donner quelques maigres indices quant aux mystères qui entourent la Tour Sombre (tout en ajoutant de nombreuses questions bien entendu). Cela reste très satisfaisant !

Les nouveaux protagonistes mis en avant à Calla Bryn Sturgis sont plutôt intéressants. King prend plaisir à décrire le rôle de chacun et leur implication au sein de la Calla. L’auteur est toujours aussi doué dans la description, il est très facile de s’imaginer les décors ainsi que les relations entre les différents personnages. Avec le temps, j’ai pris le pli de ne plus trop avoir d’attentes quant à l’importance de chacun. Les personnages secondaires ne servent pas tous l’intrigue. Certains vont mourir, d’autres seront inutiles. Dans ce roman, le récit s’axe surtout entre les membres du ka-tet que nous voyons évoluer au fil des chapitres. Mention spéciale pour Jake et Susannah dont les storylines ont été creusées. Ce tome marque également le retour d’un personnage emblématique du roman Salem. À travers plusieurs flashbacks, nous comprenons comment et pourquoi ce dernier s’est retrouvé ici, dans le même monde que celui de Roland.

Contrairement à Magie et Cristal, j’ai trouvé Les Loups de la Calla très bien structuré. Les flashbacks sont plutôt bien disséminés dans le roman et ne freinent pas nécessairement l’évolution de l’intrigue. King fait également entendre la voix de plusieurs personnages secondaires au cours de récits succincts qui servent le roman et qui permettent au lecteur d’avoir accès à des informations supplémentaires quant aux « Loups » tout en le plongeant dans la mythologie qui entoure Calla Bryn Sturgis (je pense notamment au mythe des sœurs d’Oriza).

J’ai apprécié les nombreuses références faites au cours de ma lecture : que ce soient celles au King Multiverse ou bien à d’autres médias. C’est avec ce tome que j’ai pris pleinement conscience que la Tour Sombre était au centre de toutes les histoires créées par l’auteur depuis quarante ans.

Je relève un seul bémol, dans l’optique de nuancer mon propos. Malgré l’évolution des personnages au sein du Ka-Tet, j’ai trouvé que la quête de la Tour Sombre n’avançait pas beaucoup au cours de ce tome qui, en dépit sa qualité, a un goût de quête annexe. Il ne reste que deux tomes avant la fin du cycle et j’ai l’impression que les héros ont réalisé 10 % de leur périple. J’attends donc beaucoup des prochains tomes !

Conclusion

Mon tome préféré après le deuxième roman « Les Trois Cartes ». En espérant être transporté par les deux prochains ! Je conseille bien évidemment la lecture de la Tour Sombre dans son intégralité ! Foncez !

Les romans

La Fille du Train, Paula Hawkins (2015)

Présentation

La Fille du Train est un thriller écrit par Paula Hawkins en 2015. L’autrice britannique a connu un succès important avec ce roman très sombre qui contraste fortement avec ses autres ouvrages. L’autrice a en effet publié plusieurs fictions romantiques auparavant.

Au cours des 453 pages du roman, elle nous plonge au centre d’une enquête à la suite de la disparition d’une jeune femme. Nous suivons la progression de l’enquête grâce aux points de vue de Rachel, Anna et Megan, trois femmes qui semblent être liées sans le savoir.

Le roman est adapté au cinéma en 2016 avec Emily Blunt en tête d’affiche.

Mon histoire avec le livre

Je ne lis jamais de thriller. J’ignore pourquoi j’étais convaincu que je n’aimais pas ce genre de littérature. Les enquêtes policières ne m’intéressent pas. Cependant, il suffit qu’un personnage légèrement outsider sur les bords se retrouve à mener sa propre enquête pour que j’accroche plus facilement. J’ai regardé la Fille du Train récemment sur Netflix et j’ai adoré. J’avais déjà flashé sur la couverture originale du roman éponyme, que j’avais prévu de m’offrir au cours de l’année. Mais voilà que je découvre ce bouquin (en VF) en fouillant dans la bibliothèque d’une amie quelques jours après avoir vu l’adaptation. Signe du destin ? Hasard total ? Complot cosmique pour que j’ajoute un énième livre dans ma PAL ? Toujours est-il que j’ai commencé à dévorer ce livre qui allait finir sur Vinted sous peu selon mon amie. Je n’avais donc pas le choix !

Résumé

Rachel vit dans la banlieue de Londres. Elle est alcoolique, elle a le cœur brisé et éprouve des difficultés majeures à tirer un trait sur son ex-mari Tom. Ce dernier s’est remarié peu de temps après leur séparation, il a eu un enfant avec son ancienne maitresse, Anna, et habite avec elle dans la maison que Rachel avait choisie avec lui. Chaque jour, elle prend le train qui l’amène à Londres et qui passe devant son ancien quartier. Chaque jour, la vision de son ancien logement lui rappelle ce qu’elle a perdu et empêche ses blessures de se refermer. Rien de tel pour passer à autre chose, non ? Rachel passe chacun de ses voyages à observer les deux habitants d’une maison voisine, qu’elle a surnommés « Jess » et « Jason ». Dans son esprit, ce couple est heureux et représente tout ce qu’elle n’a pas su construire avec Tom. Un matin alors qu’elle est en état d’ébriété, elle aperçoit « Jess » sur son balcon en compagnie d’un autre homme. Son mythe s’effondre. Le bonheur qu’elle attribuait à ce couple si parfait serait donc t-il factice ? Rachel refuse de s’être trompée sur leur compte et déchante d’autant plus lorsqu’elle apprend plusieurs jours plus tard la disparition de « Jess ». Convaincue d’avoir un rôle à jouer dans cette affaire, elle décide de mener l’enquête.

Mon ressenti

J’ai lu le roman en deux ou trois jours. Il se lit vraiment facilement. J’ai apprécié le fait d’avoir accès à plusieurs points de vue complémentaires. Celui de Rachel reste le plus prédominant au cours du récit. L’autrice a choisi de donner un aspect journal intime à la structure de son roman. Ce dernier est écrit à la première personne et relate le vécu, jour après jour, des trois personnages en suivant un découpage identique à chaque chapitre : matin, après-midi, soir.

Dans les premiers chapitres, nous avons accès aux pensées de Rachel, une femme brisée qui tentera de se raccrocher à des illusions afin de survivre. J’ai aimé le fait que l’autrice oppose les notions de bonheur perçu et de bonheur réel à travers le couple de Jess et Jason, idéalisés par Rachel.

La protagoniste est décrite de façon très dure. L’autrice ne mâche pas ses mots pour décrire sa déchéance du fait de l’alcool et de la fragilité de sa santé mentale. J’ai réussi à m’y attacher malgré tout. L’autrice joue également avec le lecteur en accordant beaucoup d’importance aux scènes où le personnage de Rachel est sous l’emprise de l’alcool. Entre les trous noirs qu’elle subit et les hallucinations présumées, nous tentons avec elle de reconstruire le déroulement de ses journées afin de nous approcher de la vérité.

Paula Hawkins brosse le portrait de trois femmes imparfaites, parfois détestables, parfois justes. Elle est parvenue à me tenir en haleine jusqu’à la fin de la lecture, alors que je connaissais déjà la fin de l’histoire grâce au film.

L’adaptation

L’adaptation est sortie un an après la publication de l’ouvrage. Emily Blunt campe le personnage de Rachel et excelle dans ce rôle tout au long du film. On observe quelques différences par rapport au livre, mais dans l’ensemble ce dernier est très bien adapté. Seul bémol : l’intrigue du roman se déroule dans une banlieue londonienne tandis que le film choisit de situer l’action autour de New York, mettant de côté la touche british du livre.

Conclusion

Une très bonne lecture qui m’a donné envie de lire les autres romans de la bibliographie de l’autrice et de m’intéresser un peu plus aux thrillers (RIP mon compte en banque…). Je recommande le livre et son adaptation, peu importe dans quel ordre.

Les romans

Ahsoka, E. K. Johnston (2016)

Présentation

Ahsoka est un roman de science-fiction se déroulant dans l’univers étendu de Star Wars. On peut même affirmer qu’il fait partie des romans « canons » de la licence (à savoir officiels), à l’inverse de ceux appartenant à l’Univers Légendes, écartés de l’histoire officielle de Star Wars à mon plus grand regret depuis le rachat de la licence par Disney. L’ouvrage a été écrit en 2016 par E. K. Johnston, autrice canadienne de fantasy et de science-fiction. Elle a également écrit trois romans sur le personnage de Padme Amidala.

Ahsoka est paru en France en 2020, directement au format pocket. L’intrigue du roman se déroule un an après l’exécution de l’Ordre 66, responsable de l’extinction de l’ordre Jedi. Nous suivons les aventures d’Ahsoka Tano, l’ex-Padawan d’Anakin Skywalker, devenue renégate, et de son quotidien sur la lune de Raada où elle tente de s’approprier une nouvelle vie ainsi qu’une nouvelle identité, loin des conflits, mais aussi loin de la Force…

Mon histoire avec le livre

Ahsoka est mon personnage préféré dans l’univers (très étendu) de Star Wars. Voilà, c’est aussi simple que cela ! J’ai découvert son existence en visionnant la série d’animation Clone Wars où nous suivons son apprentissage en tant que Padawan, puis dans Rebels, où son personnage est bien plus mature et travaillé. Elle est enfin apparue récemment dans la saison 2 de The Mandalorian. À cet instant, il est devenu nécessaire pour moi d’en apprendre plus sur ce personnage, ce roman était tout indiqué.

Résumé

Un an après l’exécution de l’Ordre 66, Ahsoka est en fuite. Elle a mis en scène sa propre mort et tiré un trait sur sa vie de Jedi, allant même jusqu’à abandonner ses sabres laser. Si elle ignore le destin qui a été celui de son maitre Anakin Skywalker, elle sait que la galaxie est désormais sous le joug de l’Empereur Palpatine et qu’il ira jusqu’au bout du monde pour anéantir jusqu’au dernier des Jedi. Ahsoka n’a pas le choix, elle doit taire son identité et survivre par ses propres moyens. Elle travaille en tant que mécanicienne et erre, de planète en planète, afin de ne pas éveiller de soupçons sur elle. Elle décidera finalement de s’établir sur la lune de Raada, peuplée d’agriculteurs, persuadée qu’elle y sera en sécurité. Ahsoka s’adapte aisément aux coutumes locales et se lie d’amitié avec Kaeden qui l’intégrera dans son cercle d’amis. Son quotidien s’apaise petit à petit. Jusqu’au jour où l’Empire décide de prendre le contrôle de Raada afin d’extirper l’ensemble de ses ressources. L’héroïne s’aperçoit rapidement qu’il est difficile de renier son passé et de faire taire la Force qui sommeille en elle. Traquée par les Stormtroopers et le mystérieux Inquisiteur, elle devra prendre une décision quant à la place qu’elle souhaite occuper dans la galaxie !

Mon ressenti

J’ai adoré ! C’est un roman de 300 pages et quelques qui se lit très facilement. Les chapitres sont courts et l’autrice a décidé d’alterner entre les points de vue de plusieurs personnages dans son récit. Nous avons accès aux pensées d’Ahsoka, mais aussi à celles de quelques partisans de l’Empire. Plusieurs flash-backs sont disséminés dans l’intrigue, apportant des informations pertinentes quant aux événements ayant amené Ahsoka à quitter l’Ordre Jedi, l’occasion d’entendre à nouveau parler de grandes figures de l’univers Star Wars telles que Dark Maul, Anakin Skywalker ou encore Obi Wan Kenobi. J’ai aimé observer l’évolution de l’ex Jedi tout au long de ce roman. Brisée, elle s’est forgé une carapace lors de ses mois d’errance, à ne faire confiance à personne et à cacher les moindres indices qui pourraient la trahir. Elle est devenue « Ashla » (son nom d’emprunt). Sa rencontre avec Kaeden et l’injustice qui s’abat sur Raada lui remémorera les raisons qui l’avaient poussé à mettre son don au service de la galaxie. L’action survient assez vite dans la lecture, je ne me suis pas ennuyé une seule seconde ! L’ambiance est très sombre et l’on sent que la prise de pouvoir de Palpatine est encore récente. Ce roman représente la pièce de puzzle manquante dans l’histoire d’Ahsoka, permettant au lecteur de faire le lien entre ses apparitions dans Clone Wars et Rebels.

Les adaptations

Pour le moment il n’y a pas d’adaptation à proprement parler de ce roman. Cependant, Ahsoka s’est récemment vu attribuer sa propre série par les studios Disney. Elle sera incarnée par la talentueuse Rosario Dawson. Si l’on sait d’ores et déjà que son intrigue se déroulera après les événements de la saison 2 de The Mandalorian, on peut imaginer que les showrunners fassent appel à des éléments du roman Ahsoka afin d’approfondir son personnage. Je pense notamment à la possibilité de placer le personnage de Kaeden à nouveau sur son chemin… ?

Conclusion

C’est un grand oui pour moi ! Je recommande cependant cette lecture aux personnes ayant déjà visionné Clone Wars. Ce roman m’a par ailleurs motivé à reprendre la lecture de l’univers étendu, que ce soit par le biais des comics ou des nombreux romans.

Les romans

La Plume Magique de Gwendy, Richard Chizmar (2019)

Présentation

La Plume Magique de Gwendy est le deuxième roman d’une trilogie créée par Richard Chizmar et Stephen King. Il fait suite à « Gwendy et la Boîte à Boutons », écrit en 2017, dans lequel nous pouvions lire les aventures d’une jeune fille de douze ans, complexée par son physique, qui s’était vu confier de manière temporaire une boîte aux pouvoirs mystérieux par un homme prénommé Richard Farris. L’histoire se déroulait à Castle Rock, une ville fictive du Maine inventée par Stephen King, théâtre de nombreuses catastrophes et drames en tout genre. Gwendy comprenait au fil des chapitres que la magie qui émanait de la boîte avait un prix : si elle pouvait lui apporter bonheur et bien-être, elle était aussi capable de semer chaos et tristesse autour d’elle.

Ce deuxième roman, écrit exclusivement par Richard Chizmar, met en scène la suite des aventures de Gwendy, âgée de 37 ans désormais et de retour à Castle Rock pour les fêtes de fin d’année. Sa vie semble parfaite et équilibrée. Cependant, face à l’état de santé défaillant de sa mère et aux mystérieuses disparitions de jeunes filles dans sa ville natale, elle se retrouve vite en difficulté. C’est à ce moment que la boîte à boutons fait à nouveau irruption dans son quotidien.

Mon histoire avec le livre

La Boîte à Boutons de Gwendy est le premier livre que j’ai acheté à la sortie du confinement de mars 2020. J’avais apprécié cette courte lecture tranquille et mouvementée à la fois. À la suite d’une panne de lecture, il y a quelques semaines, je me suis orienté vers La Plume Magique de Gwendy, persuadé que ce livre faciliterait mon retour à la lecture de romans (spoiler : cela a marché !). Un moment très agréable et rapide (environ 300 pages) et un retour à Castle Rock qui ne fait pas de mal !

Résumé

L’histoire se déroule 15 ans après les événements de « Gwendy et la Boîte à Boutons ». Après avoir été écrivaine à succès, Gwendy est devenue sénatrice, élue à la chambre des représentants des États-Unis. Tout semble lui sourire : une carrière passionnante, un épanouissement sur le plan sentimental et une famille aimante. Mais voilà que la fameuse boîte à boutons refait surface dans son quotidien à l’approche des fêtes de fin d’année. Le retour de Gwendy chez ses parents, dans sa ville natale, correspond malheureusement avec la disparition de jeunes filles. Du fait de son statut important et de sa nature altruiste, elle s’investit dans l’enquête auprès du shérif Norris Ridgewick afin de les retrouver. En parallèle, elle tente de gérer son obsession croissante pour la boîte à boutons, consciente de son pouvoir, mais aussi de son danger, tout en soutenant sa mère face à la maladie. Tout serait si facile si elle pouvait se servir de la boîte pour régler ses soucis…

Mon ressenti

Ce fut une lecture fluide, facile et très agréable ! J’ai apprécié cette promenade dans le Castle Rock de la fin des années 90 et savouré les nombreuses références aux événements passés (Cujo, Dead Zone, etc.). Ce second tome est également l’occasion de retrouver le shérif Norris Ridgewick, présent dans plusieurs œuvres de King.

Je suis assez attaché au personnage de Gwendy, qu’on prend plaisir à voir grandir et évoluer. Une personne plutôt ordinaire à qui il arrive des choses extraordinaires. Le fait d’être devenue une adulte responsable, d’avoir mené à bien sa carrière ainsi que ses projets artistiques et de s’être débarrassée de ses complexes ne la protège pas pour autant des peurs primitives de son enfance : la solitude et la perte de ses proches. Nous la voyons lutter tout au long du roman face à ses angoisses, de la même façon que lorsqu’elle n’était qu’une jeune adolescente. L’enquête policière en toile de fond est intéressante, mais sans plus. Si elle permet de creuser l’arc narratif de Gwendy (et de donner un sens à cette histoire de Plume Magique), elle n’apporte pas grand-chose. Elle offrira toutefois la possibilité de mettre en avant le binôme Gwendy/Ridgewick.

Je dois avouer cependant avoir été un peu déçu de la fin, étant habitué aux dénouements en queue de poisson de Stephen King, aux morts atroces ou aux fins ouvertes. Spoiler : ce n’est pas du tout le cas ici ! Nous n’avons que très peu d’informations sur l’origine de la boîte ou même de Richard Farris. On sent que c’est un numéro deux, l’auteur nous tient en haleine et nous pousse à patienter en attendant le retour des aventures de Gwendy pour un dernier tome dont la couverture a été dévoilée récemment. Je n’en dirai pas plus, mais… Est-ce une Tour Sombre derrière l’homme au chapeau noir ?


Lien Possible

Cette histoire de boîte magique capable du meilleur comme du pire m’a rappelé celle du Veston Ensorcelé, une nouvelle présente dans le recueil « Le K » de Dino Buzzati (1966). Dans cette histoire, un jeune homme découvrait qu’une des poches d’un veston qu’il avait acheté chez un tailleur possédait un pouvoir fantastique : celui de produire des billets de banque à volonté. L’homme se rendait rapidement compte qu’à force d’user de ce pouvoir, des catastrophes survenaient autour de lui. Cette nouvelle, tout comme l’histoire de Gwendy, aborde parfaitement la thématique de la perte de contrôle à travers un objet aux propriétés maléfiques.

Conclusion

Ce second tome, un peu en dessous du premier, m’a tout de même donné envie de lire la suite : « Gwendy’s Final Task », qui sera disponible en février 2022. Le dernier acte de cette trilogie sera à nouveau écrit par Chizmar et King.

Les romans

Christine, Stephen King (1983)

Présentation

Christine est un roman écrit en 1983 par Stephen King. Ce pavé (750 pages dans ma version en VO) relate la descente aux enfers d’Arnie Cunningham,à la suite de l’achat d’une voiture pour laquelle il semble avoir eu un véritable coup de cœur : une Plymouth Fury de 1958 prénommée « Christine ». Le roman aborde les conséquences de cette nouvelle acquisition sur plusieurs mois, tant sur sa vie privée que sur son environnement. En effet, la Plymouth se révèle être dotée d’une conscience et semble déterminée à rendre le pauvre Arnie fou d’elle, dans tous les sens du terme !

Le roman aborde la thématique de l’amitié, du passage à l’âge adulte mais aussi de la dépendance et de la perte de contrôle à travers le personnage d’Arnie.

Comme de nombreuses œuvres de King, Christine souffre de la comparaison avec son adaptation cinématographique. Sortie la même année, l’adaptation de John Carpenter est devenue très populaire au fil des années. Si populaire, qu’elle a véhiculé (ahahah) de nombreuses images dans l’inconscient collectif, s’imposant comme un monument de la pop culture des années 80. Même si l’on n’a pas lu le livre ou vu le film, au pire on sait de quoi ça parle (« c’est la voiture qui tue tout le monde, c’est ça ? »).

Cependant, le roman de King va beaucoup plus loin !

Mon histoire avec le livre

Cela fait un peu plus de dix ans que je lis Stephen King ou plutôt que je dévore ses œuvres. Ma collection est constituée à 80% d’ouvrages dénichés en brocantes ou en librairie d’occasion. Au fil du temps, je suis parvenu à posséder la quasi-totalité de sa bibliographie. Cependant, en 10 ans de recherches actives je ne suis jamais tombé en face de la fameuse Christine ! Il m’a été nécessaire de succomber à l’achat en ligne afin de me le procurer, dès l’instant où j’ai su que le Roi Stephen allait consacrer un épisode à ce roman (vous pouvez retrouver leur podcast ici).

Toujours est-il que je n’étais pas emballé à l’idée de lire ce roman, persuadé que l’histoire tournerait uniquement autour d’une voiture meurtrière possessive… Je me suis trompé finalement, Christine est bien plus que ça !

Cette lecture a d’ailleurs été un exercice intéressant pour moi, puisque j’ai choisi de le lire en VO. L’objectif était de tester mes capacités de lecture sur un de ses ouvrages hors Tour Sombre (peu représentatif de son style d’écriture habituel).

Résumé

De manière totalement hasardeuse, Arnie Cunnigham tombe un jour nez à nez avec la voiture de ses rêves. Sans qu’il ne puisse l’expliquer à son ami de longue date, Dennis Guilder, il se sent tout de suite attiré par ce véhicule et décide de l’acheter à son ancien propriétaire Roland Le Bay. « Christine », la Plymouth Fury rouge va au fil du temps prendre de plus en plus de place dans sa vie quotidienne et éloigner Arnie de ses proches. Cette voiture se révèle rapidement différente des autres.

Autrefois renfermé et complexé par son apparence, le jeune homme s’affirme de plus en plus : dans la relation conflictuelle à ses parents, mais également face aux crapules de son lycée. Ce surplus de confiance en lui-même l’aidera d’ailleurs à séduire la nouvelle du lycée, Leigh Cabot. Si Arnie est satisfait de l’ensemble de ces changements dans sa vie à la suite de sa nouvelle acquisition, son ami Dennis s’inquiète de la modification brusque de sa personnalité et de son comportement. Quand des meurtres impliquant une voiture sont reportés par la police de Libertyville, il n’y a aucun doute pour Dennis : Christine est la coupable désignée !

Mon ressenti (peut contenir des traces de spoil)

J’ai mis beaucoup de temps à lire ce roman, ayant lâché la lecture pendant plusieurs semaines passé les 300 pages. Quand je l’ai reprise, j’ai tout lu en quelques jours. Comme dans beaucoup d’œuvres de King la mise en place est lente. L’auteur attache beaucoup d’importance à contextualiser ses histoires. Il creuse ses personnages, leurs habitudes et l’environnement dans lequel ils évoluent. Pour ce roman, le rythme lent me parait cependant pertinent, car il permet au lecteur d’observer l’emprise insidieuse et progressive de Christine sur Arnie.

Il est probable que cela soit dû à la déformation professionnelle mais j’ai vu en Christine une belle métaphore de l’addiction pour ma part ! Malheureusement, l’auteur en connait un rayon à ce sujet. Au fil de l’intrigue, King brosse en effet le portrait d’un jeune homme qui se perd dans une relation toxique et qui ne parvient pas à s’en défaire. Si Christine est au départ synonyme de joie et de bien-être pour lui, elle deviendra rapidement la cause de tous ses maux, resserrant son emprise sur lui à chaque chapitre. Arnie perdra le contrôle de la personne qu’il était et ne parviendra jamais à mettre fin à la relation à Christine sans l’aide de ses proches. Le temps passé auprès de sa voiture et l’obsession qui grandira en lui à son égard aura des conséquences sur son entourage, sur ses notes mais aussi sur ses perspectives d’avenir. Arnie s’oublie dans la dépendance avec le temps, devenant une coquille vide, un réceptacle pour l’âme de Christine qui n’a qu’à se servir.

Christine est un roman d’horreur, mais pas que. Les descriptions peuvent heurter les plus sensibles, je pense notamment à une scène impliquant Buddy Repperton (le bourreau d’Arnie au lycée) et certaines scènes avec Christine font froid dans le dos tant ses agissements et façons de faire sont humanisées. Par ailleurs, le mal qui émane de Christine n’est pas expliqué clairement. Nous sommes à la frontière entre la possession, la présence de fantômes et/ou d’un mal préexistant chez Christine. Nous pouvons aussi faire l’hypothèse que ce véhicule est capable de faire ressortir chez son propriétaire ce qu’il y a de plus noir en lui…

Pour autant, la lecture reste plutôt chill et sympathique. J’ai pu retrouver l’ambiance indescriptible des premiers romans de Stephen King et ce style si particulier qui est le sien.

Enfin, j’ai aimé le fait de voir l’évolution d’Arnie à travers le regard de son ami d’enfance Dennis, qu’il est possible de considérer comme le personnage principal finalement.

Bref, j’ai beaucoup aimé !

Adaptation

Je vais faire court, je me suis ennuyé. Je m’étais fait une tout autre image des personnages, notamment Arnie. La première moitié est plutôt fidèle mais la fin prend un autre chemin. Cela va très vite. Trop vite. Les meurtres se succèdent et le changement dans le comportement du conducteur de la Plymouth m’a semblé trop soudain, empêchant le spectateur d’appréhender la lente descente aux enfers d’Arnie décrite dans le roman.

Je pense cependant que j’aurais apprécié le film si je l’avais visionné pendant mon adolescence, ou si je n’avais pas lu le livre avant.

Seul point positif pour moi : la bande son !

Conclusion

Foncez lire le livre si vous ne l’avais pas déjà fait !

Et méfiez-vous des vieilles voitures !

Les romans

La Tour Sombre – La Clé des Vents, Stephen King (The Wind Through the Keyhole)

Présentation

La Clé des Vents ou « The Wind Through the Keyhole », est le dernier roman du cycle de La Tour Sombre, composé de huit livres. Stephen King considère La Tour Sombre comme l’œuvre la plus aboutie et la plus importante de sa carrière. À elle seule, elle permet de relier un certain nombre de ses histoires.

En quelques lignes, La Tour Sombre raconte le voyage de Roland Deschain, le dernier pistolero, à travers un monde désolé, mêlant Far West et magie, afin de retrouver son ennemi : un certain Homme en Noir, désigné responsable du chaos qui s’est emparé des lieux. Afin de sauver son monde, Roland devra trouver la Tour Sombre, située au centre de tous les univers, et s’entourer de compagnons de confiance afin de mener sa mission à bien.

Le huitième tome « La Clé des Vents » est publié en 2012, huit années après le tome 7 qui clôt la saga. Il narre des événements qui se déroulent entre les tomes 4 et 5, il peut ainsi être considéré comme un tome 4.5. Une façon pour Stephen King de raconter une toute dernière histoire dans l’Entre-Deux-Monde aux côtés de Roland et de son ka-tet*.

*le ka-tet désigne un groupe de personnes liées par un même destin

Mon histoire avec le livre

J’ai démarré ma lecture de la Tour Sombre en même temps que l’équipe du Roi Stephen, mon podcast préféré qui chaque mois décortique une œuvre de King. Je ne vais pas vous mentir, j’ai détesté le premier tome (Le Pistolero). Cette impression de ne rien comprendre tout au long de la lecture et d’être baladé m’a rebuté. Fort heureusement, les aventures de Rolland m’ont passionné dès le second tome et m’ont accompagné lors du premier confinement. Je me suis plongé assez facilement dans cet univers au fil du récit.

J’ai choisi de lire la Tour Sombre en anglais afin d’améliorer ma compréhension de la langue. De plus, il m’est impossible de résister aux magnifiques couvertures des éditions Hodder & Stoughton.

Résumé (avec spoil des tomes 1 à 4)

Après avoir affronté Flagg dans le Palais Vert, Roland et ses compagnons suivent le sentier du rayon qui les mènera à La Tour Sombre. Sur le chemin, ils sont ralentis par l’apparition d’une tempête nommée « Coup de Givre » (Starkblast en VO), empêchant toute progression. L’occasion pour Roland de dévoiler une partie de son histoire aux membres de son ka-tet. Roland se remémore la mission qui lui a été assignée à la suite de la mort de sa mère. Envoyé par son père à Debaria, un village où un « change-peau » massacrait impunément les habitants, il lui avait été ordonné de démasquer le coupable tout en protégeant les habitants du village. Le pistolero fait la rencontre d’un jeune villageois avec qui il tisse un lien fort. Au cours d’une nuit, il lui conte une histoire importante à ses yeux et transmise par sa mère : « La Clé des Vents ». La terrible histoire d’un petit garçon nommé «Tim Ross » dont le père vient de mourir, et de la quête qu’il entame afin de sauver sa mère du tragique destin qui l’attend.

Mon ressenti

Comment définir La Clé des Vents ? C’est un récit dans un récit dans un récit… Il faut donc s’accrocher. Stephen King nous avait déjà fait le coup dans le tome 4 « Magie et Cristal », composé à 80 % d’un flashback de Roland. Ici, le flashback est entrecoupé par un conte qui s’étend sur une bonne partie du roman. J’ai pris plaisir à retrouver le pistolero dans ses jeunes années, plus mature que dans le tome précédent, et prêt à déjouer de nouveaux mystères. Le personnage a fait du chemin depuis le tome 4 et a dû affronter de rudes épreuves. Cela se ressent dans la lecture. La partie à Debaria m’a plu ainsi que l’enquête à la recherche de l’identité du change-peau. Contrairement au flashback du quatrième tome, celui-ci ne s’attarde pas sur des personnages secondaires/tertiaires et l’auteur va à l’essentiel, ce qui permet de ne pas perdre le lecteur.

En revanche, j’ai eu du mal à m’intéresser à l’histoire de Tim Ross, contée par Roland au beau milieu du roman. Encore une fois, King nous sort du récit et nous bombarde d’informations qui n’ont à priori aucun lien avec l’histoire principale (nouveaux personnages, nouveaux lieux). Pourquoi ? Dans quel but ? Il faut savoir que chez King, rien n’est fait sans raison. Alors j’ai continué ma lecture jusqu’au moment où… Miracle ! Tout s’explique ! Le lecteur peut se raccrocher à des notions connues, faire des liens avec les autres tomes de la Tour Sombre, voire avec d’autres romans de King. Et la chute du roman est géniale !

Autre point important : l’expérience de lecture est différente si l’on choisit de lire ce roman dans l’ordre chronologique des événements (entre les tomes 3 et 4) ou dans l’ordre de publication (après le tome 7). Il y a plusieurs teams, un peu comme pour l’ordre de visionnage des Star Wars… ! Pour ma part j’ai choisi de suivre les conseils de Stephen King France, et de le lire à la suite du quatrième tome.

Ce qui a sauvé ma lecture, c’est le format court du roman. Cent pages de plus sur les aventures de Tim Ross et je décrochais. Ce tome m’a donné envie de lire la suite rapidement, je peux donc en conclure qu’il était bon !

Quant à l’expérience de lecture en anglais… C’est toute une histoire. Oui, certains noms propres ont plus de classe en anglais (le Garou devient the Skin-Man en VO par exemple) et c’est génial de pouvoir faire progresser sa compréhension d’une langue vivante. Mais cela ne se fait pas sans heurt sur La Tour Sombre. Entre le langage médiéval, le « haut-parler » *, les patois et les accents, je me suis par moment perdu dans le récit et il est certain que cela a ralenti ma lecture. Parfois, traduire un mot s’avère nécessaire, mais je ne désespère pas cependant !

*le langage des pistoleros

Conclusion

Je recommande cette lecture ! Après avoir lu les quatre premiers tomes évidemment. Ne vous arrêtez pas au premier tome, ce serait dommage.

Les romans

La Malédiction des Dragensblöt, Anne Robillard – Tome 1 : Le Château

Mon histoire avec le livre

Ce bouquin m’a été offert par une amie très chère il y a un an. À plusieurs occasions je lui avais partagé mon désir de retourner vers de la lecture jeunesse ou « young adult ». Cette nostalgie m’envahit par moment et me pousse à flâner devant ces rayons dans les librairies, sans jamais rien acheter. Elle l’a donc fait pour moi ! J’avais pour idée de le lire pour Halloween (l’histoire se déroulant dans un manoir hanté), mais les mois d’octobre et novembre ont été bien pris par l’AutomneDuKing. Ainsi, ce fut une lecture hivernale. Je vous invite à passer les portes du mystérieux château d’Ulrik pour une ballade en compagnie de ses nombreux fantômes.

Résumé

Samuel Andersen est un musicien dévasté. Il est divorcé, souffre de dépression et a vu la garde de sa fille lui être retirée progressivement. Sa carrière professionnelle est un désastre et il sombre petit à petit dans l’alcool. Un soir, il décide d’en finir avec la vie. Sa rencontre avec un mystérieux notaire lui annonçant qu’il est l’héritier d’un château dont il en a aujourd’hui la charge l’amènera à prendre un tout autre chemin. Arrivé au château, il découvre que ce dernier n’a rien de conventionnel : il est habité par l’ensemble de ses ancêtres sous forme de fantômes depuis quarante-six générations ! Samuel fera le rencontre d’Ulrik Dragensblöt, un viking maudit par une sorcière à son époque. La malédiction qu’il a subie a malheureusement été jetée sur plusieurs générations par la même occasion. Ses descendants directs seront privés d’une vie heureuse, périront jeunes et seront destinés à errer en tant que spectre dans ce château pour l’éternité. Samuel comprend à cet instant les raisons de son mal-être, orchestrées par la sorcière bien avant sa naissance. Sans pouvoir se l’expliquer, il est l’unique descendant à avoir échappé à la mort et comprend qu’il est le seul à pouvoir annuler le mauvais sort. À l’aide de ses aïeuls, il partira dans une quête à travers le temps afin d’empêcher la malédiction de s’abattre sur sa famille et de reprendre le contrôle de sa vie.

Mon ressenti

Le livre se lit vite, il fait un peu plus de trois cents pages. La lecture est fluide et agréable, j’ai vraiment accroché avec l’écriture d’Anne Robillard, simple et efficace. L’intrigue se met en place rapidement et la thématique de la filiation est plutôt bien abordée. L’autrice évoque également l’importance de la transmission intergénérationnelle grâce aux points de vue des différents spectres que croisera Samuel. J’ai eu envie de découvrir chacune de leurs histoires tout au long de la lecture. Qui n’a jamais désiré rencontrer ses lointains ancêtres après tout ? Ou du moins, savoir à quoi leurs vies ressemblaient.

Malgré cela, je n’ai pas eu de coup de cœur pour la Malédiction des Dragensblöt. Dès la moitié du roman, les évènements deviennent assez prévisibles et linéaires. Je n’en dirai pas plus, de peur de spoiler, mais j’aurais souhaité un peu plus de rebondissements. Ce tome est le premier d’une saga composée de sept romans, de ce fait, j’imagine que l’action sera aux rendez-vous par la suite. Par ailleurs, je pense avoir été floué par la quatrième de couverture, m’attendant à quelques éléments horrifiques… En définitive, le château regorge surtout de spectres sympathiques, du moins pour le moment.

Conclusion

L’histoire m’a intéressé, je lirai probablement la suite des aventures de Samuel grâce à la réédition de la saga chez Michel Lafon. Les sept tomes sont déjà tous sortis au Québec, mais je trouve les couvertures peu esthétiques. Certes, il ne faut pas juger un livre pour sa couverture, mais… Il y a des limites à ne pas franchir dans le domaine du kitsch ! Je patienterai donc.

Je recommande malgré les quelques défauts que j’ai pu pointer.

Les romans

Heaven Infinity Legacy—Episode 1, Desmond ANDREW GREEN – Les prémices d’une saga interstellaire

Mon histoire avec le livre

Cette lecture 100 % locale m’a été proposée par Desmond Andrew Green, un auteur isérois que je suivais depuis un moment sur les réseaux sociaux. Heaven Infinity Legacy est un roman autoédité au format Kindle en 2020 que je rangerais dans la catégorie science-fiction/space opera. Afin de faciliter la lecture, il est découpé dans un format original : chaque livre représente un épisode court puis plusieurs épisodes formeront ensuite une saison. L’objectif étant de faciliter la lecture. Ce livre m’a permis de me réconcilier avec la lecture numérique, je l’ai lu en quelques jours pendant mes pauses au travail.

Résumé

L’histoire débute des siècles après que la planète Terre ait été dévastée. Dans leur quête d’expansion, les humains se sont unis et ont fondé le Consortium de Ganhist afin d’asseoir leur autorité sur la galaxie. Une guerre de pouvoir éclata, opposant les humains au Consul des Trois Pierres, une alliance de plusieurs races alien. La guerre fera de nombreux morts et laissera la galaxie ravagée. Un traité de paix est signé et met fin au conflit… En apparence seulement, car le danger rôde toujours dans la galaxie !

Le récit commence quelques années après la guerre et narre les aventures de Lazarus Keane, commandant du vaisseau le Heaven. Rescapé des affrontements qui ont déchiré la galaxie, il travaille aujourd’hui en tant que transporteur pour des clients importants et accepte des contrats dangereux et mal payés afin de survivre dans une galaxie tourmentée. Il est accompagné de Dexter, le pilote, et de Drew et Ipps, leurs deux acolytes. Au cours du premier épisode, ils réaliseront des missions de plus en plus risquées et se retrouveront impliqués malgré eux dans un conflit qui les dépasse.

Mon ressenti

Le prologue est prometteur et représente selon moi une entrée en matière de qualité. Il narre des actions qui se dérouleront dans le futur. On a donc connaissance d’un événement majeur qui va survenir, mais le moment demeure incertain et c’est là tout l’intérêt.

L’épisode 1 permet de présenter les membres de l’équipage du Heaven et d’explorer plusieurs storylines. Nous avons accès à des informations concernant le passé de certains d’entre eux. Seul le personnage principal demeure pour l’instant mystérieux et ambivalent, seulement quelques bribes de son histoire sont révélées. J’ai passé toute ma lecture à changer d’avis à son propos, finalement je ne sais toujours pas si je l’adore ou si je le déteste !

Globalement, j’ai apprécié ma lecture et assez rapidement. Habituellement, j’ai besoin d’un moment avant de m’immerger dans une lecture SF/space opera. Je reproche souvent aux romans étiquetés SF une entrée en matière trop lente à mon goût avec des descriptions très denses et malgré tout un manque de précisions quant à l’univers. Ici, ce n’est pas du tout le cas ! L’auteur donne des explications sur l’environnement dans lequel vont évoluer ses protagonistes, sans pour autant être lourd de descriptions. C’est clair et agréable, on ne se sent pas perdus.

La première et la dernière partie sont prenantes. L’action est au rendez-vous dans le dernier tiers ! Je reprocherais peut-être un léger creux au milieu, avec des descriptions très fournies. Une frustration s’est emparée de moi (désirant que l’intrigue avance un peu plus vite). Le format court de l’épisode 1 est probablement responsable de cette sensation. Les prochains épisodes répondront je l’espère à mes interrogations !

Liens avec d’autres œuvres ?

Tout au long de ma lecture, j’ai fait le lien entre les membres de l’équipage du Heaven et ceux du Ghost dans Star Wars Rebels. Je ne sais pas si c’est l’humour, présent dans les deux univers, ou si c’est la nature des liens qui unissent les personnages qui m’a donné cette impression, probablement les deux.

Conclusion

Heaven Infinity Legacy raconte l’histoire d’un voyage qui semble voué à mal se terminer. Les personnages affrontent danger après danger, mais ne reculent pas une seule fois face aux difficultés qui leur tombent dessus. Pour autant, aucun d’eux n’est un héros. Ils sont bourrés de défauts et m’ont semblé, de ce fait, crédibles.

Je recommande la lecture ! En attendant la suite des aventures de l’équipe du Heaven, courant 2021 selon l’auteur.

Les romans

Nuit Noire, Étoiles Mortes – 1922 – Stephen King

Mon histoire avec le livre

Nuit Noire, Étoiles Mortes fait partie des King que j’ai pu découvrir sur le tard. Il a trôné sur ma bibliothèque pendant de nombreux mois avant que je ne me décide à l’ouvrir. Il a été déniché dans une de mes librairies d’occasion préférées à Lyon (celles du genre où les prix sont écrits en francs au crayon papier). Le challenge de l’automne du King (@Tomabooks) m’aura permis de sélectionner une liste d’ouvrages 100 % recueil de nouvelles pour l’automne 2020. Le recueil, sorti en 2010 aux US, comprend quatre nouvelles sanglantes. Écrire un article sur chacune d’elles me semblant dénué de sens, j’ai décidé d’écrire sur celle qui m’a le plus troublé : 1922.

Résumé

1922 raconte l’histoire de la famille James, à la tête d’une ferme dans le fin fond du Nebraska. Wilfred, le père de famille, peine à joindre les deux bouts à cause de la crise économique. Les saisons sont difficiles, l’argent manque et son mariage est sur le point d’imploser. Arlette, sa femme, semble prête à vendre les dernières parcelles de terrain leur appartenant, avec son accord ou non. Son objectif : prendre un nouveau départ à Omaha, la ville la plus proche, et dire adieu à la ferme. Dans l’équation, il y a également Henry « Hank », fruit de leur union. Le jeune homme peine à se démarquer et à exister en dehors de la vie à la ferme, coincé entre une mère castratrice et un père désespéré. Pour Wilfred, une seule solution est envisageable afin qu’ils puissent sortir de ce bourbier : Arlette doit disparaitre !

Mon ressenti

J’ai eu extrêmement de mal à rentrer dans l’histoire de la famille James pour plusieurs raisons. Premièrement, il m’est toujours difficile de me plonger dans un King après avoir lu un tout autre genre (je sortais du Tome 1 de La Communauté du Sud), en particulier lorsque j’ai affaire à quelque chose de très sombre et très imagé (comme 1922). J’ai eu besoin que l’histoire soit bien enclenchée avant de m’immerger dans le récit.

Le manque d’empathie pour le personnage principal a également été un frein à la lecture dans un premier temps. J’ai du mal à suivre les péripéties d’un héros lorsque ce dernier m’est antipathique, d’autant plus lorsque le récit est écrit à la première personne. J’ai souvent cette impression de me faire avoir, d’être pris en otage par l’auteur, forcé d’apprécier ou de compatir avec un personnage odieux. Pour la parenthèse, c’est d’ailleurs ce qui m’a totalement fait passer à côté de Breaking Bad…

Ce n’est pourtant pas le premier psychopathe que dépeint King dans ses histoires. Un mari qui cherche à tuer sa femme pour des raisons égoïstes/immorales, cela n’a rien de nouveau (pensées émues pour Jack Torrance). Qu’est-ce qui est différent alors ? Avec Wilfred James, nous sommes face à un père qui va tenter d’entrainer son fils de quatorze ans dans un meurtre. 

Dès les premières pages, ce sont les liens que je fais avec d’autres œuvres qui me permettent de tenir. Impossible de ne pas penser à Dolores Claiborne, ce roman où une femme tentera de faire disparaitre son mari abusif et alcoolique. Les places sont inversées cette fois-ci. Un autre lien symbolique reviendra unir ces deux histoires de King. Que je ne spoilerai pas ici.

Dès la moitié de la nouvelle, le rythme devient plus rapide. Le récit prend un chemin inattendu qui m’a plu. Avec 1922, King jongle entre le drame familial, l’horreur et le spleen hivernal. Nous assistons à l’effondrement d’une famille tout au long de la nouvelle, persuadés que la fin ne pourra être que malheureuse. Ne cherchez pas de morale, il n’y en a pas. 1922 vient questionner le lecteur sur son ambivalence. Plusieurs thématiques importantes sont abordées : la pauvreté, les liens du sang, la descente aux enfers. Mais j’ai trouvé que la thématique de la parentalité était celle qui ressortait le plus de la nouvelle. Peut-on être une personne horrible tout en étant un bon père ? J’ai l’impression que l’auteur a voulu répondre à cette question tout au long de la nouvelle.

L’adaptation

Netflix a pondu une adaptation de la nouvelle courant 2017. J’ai eu l’occasion de la découvrir en compagnie de mon amie @LapetiteIsa lors de nos movie nights. Je l’ai trouvé particulièrement long (comme à chaque fois qu’une nouvelle d’une centaine de pages est étendue sur 1 h 30 de film). Le résultat est fidèle cependant et l’ambiance dark est plutôt bien retranscrite. La fin m’a beaucoup plu !

Conclusion

Ce n’est pas la meilleure nouvelle de King, ni la pire. Je la recommande à 50%, ayant apprécié seulement la deuxième moitié de la nouvelle. Musophobes, s’abstenir.