Les mangas

Marry Grave – Tome 1 – Hidenori Yamaji

Présentation du manga

Aujourd’hui, j’ai choisi de mettre en avant un manga peu connu du public : Marry Grave, de Hidenori Yamaji. Il fait partie de la catégorie shonen et se rapproche du genre dark fantasy. Composé de cinq tomes, publiés entre 2017 et 2019, il aborde avec finesse des thématiques plutôt sombres comme la mort, la perte de l’être aimé et le deuil. Le tout, saupoudré d’une pincée de magie, de dragons et de poussière de fée. L’action se concentre sur Sawyer Riseman et sa quête pour rendre la vie à sa dulcinée… Installée dans un cercueil qu’il porte sur son dos et qu’il ne quitte jamais !

Mon histoire avec le manga

Ce dernier m’a été prêté par une amie férue de manga tout comme moi. Nos mangas passent d’une maison à l’autre chaque fois que nous parvenons à nous voir et donnent lieu à des discussions qui se clôturent toujours par cette même phrase : « trop de livres à lire, pas assez de temps… ».

Résumé

Sawyer Riseman est un homme plutôt banal qui possède malgré tout un destin incroyable. Marié à Rosalie, l’amour de sa vie, il décède lors d’une invasion de monstres dans leur village. Prise de chagrin, Rosalie décide de parcourir le monde afin de trouver un moyen de le ramener à la vie. Elle y parviendra en sacrifiant la sienne. Dès lors, Sawyer, transformé en zombie indestructible, fera tout ce qui est en son pouvoir pour la ramener à son tour.

Sawyer traversera le monde à la recherche de composants qui lui permettront de concocter la « recette de l’homme mort ». Sa quête sera mise à mal par toute une panoplie de créatures ténébreuses, mais aussi par des humains, convoitant également les ingrédients dont il aura besoin pour remplir sa mission.

Sawyer a toute l’éternité devant lui, après tout il est immortel !

Mon ressenti

J’ai adoré le premier tome et je compte lire la suite ! Marry Grave est un récit d’aventures aux allures de RPG. Les protagonistes se servent d’ingrédients et d’objets particuliers afin de pratiquer la magie et ainsi, sauver leur peau face aux créatures qui ne leur laissent pas de répit. J’ai trouvé l’idée très originale. Les dialogues sont funs et les dessins m’ont tout de suite plu. J’ai accroché au mélange creepy/romantisme qui émane du personnage principal et sa détermination. Ses pouvoirs de régénération en tant que revenant font de lui un être indestructible qui le rendent, à priori, incapable de perdre face à un adversaire. Cependant, la beauté ne réside pas dans les combats selon moi ou même dans la magie. Marry Grave est surtout une histoire de voyage ! L’intrigue est découpée afin que le lecteur puisse entrevoir le périple de Sawyer, mais également celui de Rosalie grâce à quelques flashbacks. On passe d’un deuil à l’autre en quelques pages sans trop de difficultés.

Le monde dans lequel l’action se déroule n’est pas vraiment défini, mais son auteur semble s’être inspiré de différents folklores pour le façonner. On note en effet la présence de nombreuses créatures issues d’univers différents : le Jabberwocky (tout droit sorti de l’œuvre éponyme de Lewis Caroll), les Orcs et les Gobelins (rendus populaires par J.R.R. Tolkien), le Slime (H.P. Lovecraft), etc. Par ailleurs, l’ambiance funeste tournée à l’absurde m’a beaucoup fait penser à l’arc Thriller Bark de One Piece où une armée de morts-vivants ridicules se dresse face aux pirates du célèbre manga.

La manière de lire un manga court comme celui-ci me semble différente de la lecture d’une anthologie en 80 tomes. Ici, l’univers est peu exploré, les arcs narratifs sont brefs et efficaces et l’ensemble des personnages rencontrés ne seront probablement que de passage. L’auteur ne s’embarrasse pas de détails superflus ou de personnages secondaires à n’en plus finir. Sawyer va d’un point A à un point B, il a une mission précise et semble déterminé à la réaliser peu importe quel en sera le prix. Et cela me suffit amplement. Je n’ai rien contre les mangas qui tiennent sur la durée et qui demandent une immersion totale, mais je dois avouer que les œuvres one-shot ou comportant une poignée de tomes comme Marry Grave peuvent être tout aussi passionnants !

Conclusion

Oui pour le tome 1, en attendant de lire les prochains et de suivre les aventures de Sawyer. Je le recommande !

Les mangas

Heroic Legend of Arslân, Hiromu Arakawa – Yoshiki Tanaka

Présentation du manga

Aujourd’hui, je vous parle d’un manga découvert l’an dernier. Il s’agit de Heroic Legend of Arslân. En faisant mes recherches, j’ai constaté qu’avant d’être un manga, les aventures du Prince Arslân avaient été contées dans une suite de seize romans écrits par Yoshiki Tanaka entre 1986 et 2017. Malheureusement, seul le premier roman a été traduit en français, la suite n’a jamais été éditée dans notre langue. Les romans racontent l’histoire d’Arslân, prince de Parse et de sa lutte afin de libérer son royaume de la guerre. En 1991, le roman a le droit à sa première adaptation en manga (13 tomes) grâce à Chisato Nakamura, suivie d’une série animée. Puis, en 2013, Hiromu Arakawa, connue pour avoir dessiné l’excellent Full Metal Alchemist, se lance à son tour dans un reboot du manga. Ce dernier est à ce jour composé de 14 tomes et a aussi eu le droit à son adaptation en animé.

Mon histoire avec le manga

Début 2020, je démarre un nouveau travail à temps partiel. Une de mes collègues me vante les mérites de la bibliothèque municipale et notamment de la variété de son catalogue de mangas. Fervent acheteur compulsif, je me laisse tenter par cette occasion et crée instantanément une carte de membre, dans le but de découvrir de nouveaux titres tout en préservant mon porte-monnaie. Je découvre Heroic Legend of Arslân à cet instant. Le personnage principal ressemble étrangement à un des protagonistes de Full Metal Alchemist, normal c’est la même mangaka qui a conçu les deux œuvres ! Je me rappelle avoir vaguement essayé de m’intéresser à Hero Tales, un autre de ses mangas il y a des années, sans en garder un souvenir mémorable. Ce fut l’inverse pour celui-ci !

Résumé

Arslân, jeune prince de Parse et fils unique du Roi Androgoras, est un piètre combattant et ne cesse de décevoir ses parents. Si sa sensibilité et son sens de l’honneur sont appréciés par son peuple, son absence de goût pour le combat et sa faible consistance physique lui sont reprochées. Ecbâtana, capitale Parse, est en guerre sainte face à la Lusitania depuis plusieurs années. Les Lusitaniens désirent en effet imposer leur foi en un dieu unique en faisant disparaitre les hérétiques qui ne croient en rien.

À 14 ans, Arslân voit sa cité être conquise par l’envahisseur Lusitanien à la suite d’une attaque destructrice et à des retournements de veste au sein du royaume. Le Roi est fait prisonnier, la panique gagne la cité et Arslân parvient à s’échapper grâce à Daryun, l’un des guerriers les plus puissants de Parse, ayant juré de le protéger. Au cours de leur évasion, ils rencontreront des personnages hauts en couleur et fidèles au roi. Ensemble, ils tenteront d’aider le Prince de Parse à défaire son royaume de l’envahisseur. Seulement, dans l’ombre, des complots sont fomentés et un ennemi au visage masqué semble prêt à tout pour monter sur le trône.

Ressenti global du manga

Heroic Legend of Arslân nous transporte dès le tome 1 dans un monde cruel et sans pitié. Yoshiki Tanaka y évoque la lutte des classes, la religion poussée à son paroxysme, la discrimination, mais aussi la notion de privilège induit dès la naissance. À travers les yeux d’Arslân, Hiromu Arakawa nous invite à découvrir ce monde.

J’ai été séduit par l’histoire de ce prince qui ignore tout de la guerre ou de la politique et qui, à l’aide des alliés qu’il rencontrera tout au long du manga, parviendra à grandir et à devenir puissant. Ici, la puissance ne fait pas référence à la force physique, et c’est là tout l’intérêt du manga ! Bien que le jeune prince apprenne à manier une épée et à combattre, son talent résidera surtout ailleurs, dans d’autres qualités : sa compétence à diriger, à rassembler, à créer du lien et à croire en son prochain. Ce qui fait d’Arslân un bon shônen, ce ne sont pas la présence de combats épiques ou de scènes d’actions à couper le souffle, mais plutôt toutes les stratégies mises en place entre les batailles, perçues à travers le regard naïf d’Arslân.

J’apprécie par ailleurs la mise en avant des personnages secondaires rencontrés au fil du manga. Si Daryun le fidèle protecteur fait partie des plus appréciés, c’est Narsus le stratège qui m’a le plus touché. Chaque personnage secondaire rejoindra le prince Arslân pour des raisons qui lui sont propres, renforçant la communauté grâce à ses atouts et ses compétences. Il y a un côté Communauté de l’Anneau qui me plait (je trouverai dans n’importe quelle œuvre des points communs avec celle de Tolkien). La présence de magie ajoute quelque chose de mystique dans l’univers, d’autant plus qu’elle ne semble être employée que par les forces ennemies pour le moment.

Pour terminer, je trouve le traitement des forces du mal plutôt bien amené. Si la storyline de l’ennemi numéro un est assez clichée, ce ne sera pas le cas de tous.

L’anime

Je n’ai pas regardé le premier animé de 1991. Mais son dessin me rappelle beaucoup les Chevaliers du Zodiaque qui était diffusé sur TF1 à la même époque. J’aurais probablement adoré étant plus jeune, mais aujourd’hui je pense que le visionnage serait laborieux. J’ai peur que cela soit très kitsch.

Je peux parler de l’animé tiré du manga d’Arakawa cependant, ayant visionné le premier épisode. J’ai passé un bon moment. L’animation est irréprochable et les doublages sont de qualité. Le premier épisode nous met directement dans l’ambiance et ne perd pas de temps ! En effet, les évènements se succèdent et l’action est bien présente. Plusieurs personnages importants dans l’intrigue sont mis en valeur dès le premier épisode. Je reproche bien souvent aux animes de trainer en longueur et de s’évertuer à conserver un rythme extrêmement lent (un épisode = un chapitre manga), afin de ne pas rattraper la publication. Ici ce n’est pas le cas. Bien au contraire, l’anime est allé tellement vite qu’il a dépassé la publication manga. Comme dans une célèbre série HBO avec des dragons, nous nous retrouvons ainsi dans une situation où les scénaristes se basent sur des hypothèses ou sur leurs envies afin de développer l’intrigue (sans toujours prendre en compte le roman). De ce fait, l’histoire de l’animé diffère légèrement dès la moitié de la saison 1. Il en avait été de même avec le premier animé adapté de Full Metal Alchemist.

Cette prise de liberté peut cependant s’expliquer par un rythme de publication plutôt lent : un tome tous les six mois.

Conclusion 

S’il ne faut en choisir qu’un, je vous invite à foncer sur le manga plutôt que sur l’animé. Je recommande !