Les romans

Au fond de l’eau, Paula Hawkins (2017)

Présentation

Au fond de l’eau est un thriller britannique de 407 pages écrit par Paula Hawkins, l’autrice de La Fille du Train (2015). Il nous plonge dans le quotidien de Jules Abott, apprenant la nouvelle de la disparition de sa sœur, Nel. Cette dernière a été retrouvée au pied d’une falaise et les autorités locales ne parviennent pas à déterminer les causes de sa mort. Sommes-nous dans un contexte d’accident, de meurtre ou de suicide ? Toujours est-il que Jules doit se rendre le plus vite à Beckford, son village natal où résidait sa sœur ainsi que sa nièce qu’elle ne connait presque pas. Une adolescente perdue et pleine de colère dont elle doit aujourd’hui s’occuper. Ce retour aux sources ne se fera pas sans heurt pour Jules, Beckford ravivant des souvenirs douloureux depuis longtemps enfouis…

Mon histoire avec le livre

Un autre bouquin récupéré chez une amie qui allait s’en débarrasser sans l’avoir lu. Je ne le connaissais pas, pas même de nom. Je me suis naïvement dit qu’il pourrait me plaire, étant donné que l’autrice était celle qui avait écrit La Fille du Train que j’avais adoré (j’en parle ici). La quatrième de couverture était alléchante (grossière erreur de se fier à ces dernières !). Bref, je me suis fait avoir ! Tout n’est pas à jeter cependant… 

Mon ressenti

J’ai un goût amer quand je repense à ce bouquin, car j’ai eu le sentiment d’être berné. En effet, le début de l’histoire laissait paraître la possibilité d’un élément fantastique au sein de l’histoire, que j’ai désespérément attendu tout au long de la lecture. Je n’ai aucun scrupule à divulguer qu’il n’y a guère de fantastique dans Au fond de l’eau. Il est probable qu’à force de lire du fantastique/horreur, mon cerveau s’attend éperdument à en retrouver dans chaque histoire. Mais nous sommes bien ici dans un thriller.

La lecture reste agréable cependant, en partie grâce à l’ambiance à la Broadchurch* qui émane de Beckford, le lieu où se déroule l’intrigue. Un mystère entoure cette petite ville dans laquelle des femmes semblent partager le même sort funeste depuis des siècles. De nombreuses femmes ont en effet été retrouvées décédées dans le « Bassin aux Noyées », le cours d’eau qui borde le village. J’aurais aimé en savoir plus là-dessus, mais la résolution de l’enquête concernant le suicide de Nel reste le fil rouge.

* célèbre série britannique policière

Outre l’absence de fantastique, j’admets avoir eu du mal à me retrouver dans la masse de personnages secondaires présents. Chacun a le droit à son petit chapitre. Les points de vue sont mêlés, ce qui n’est pas toujours dérangeant quand cela sert au récit. Le problème est que la multitude des personnages empêche de s’attacher à l’un d’entre eux en particulier ou de développer une quelconque empathie. Aucun personnage n’est réellement creusé, y compris le personnage principal.

Comme je le disais précédemment, il y a tout de même quelques points positifs. Le rythme est très bon ! Le roman se lit plutôt bien et rapidement. J’avais envie de connaitre le dénouement et je n’ai pas été déçu de la résolution de l’enquête.

L’adaptation

Il n’y en a pas pour le moment, mais Spielberg avait posé une option dessus. À voir !

Conclusion

Une lecture que j’oublierai probablement dans quelques années. Sympathique, mais pas transcendante. Je préfère vous conseiller de lire La Fille du Train !

Les romans

Histoire de Lisey, Stephen King (2006)

Présentation

L’Histoire de Lisey est décrit par Stephen King comme le meilleur livre qu’il ait pu écrire et comme le plus personnel.

C’est un roman du genre fantastique de 566 pages qui narre le quotidien de Lisey Landon, deux ans après le décès de son regretté mari Scott Landon, célèbre écrivain à succès. Au moment où elle commence à avancer dans son travail de deuil, l’un des fans de Scott fait irruption dans son quotidien et semble être prêt à faire de sa vie un enfer, la poussant à se souvenir d’éléments de son passé qu’elle avait occultés. En parallèle, Lisey tente d’être présente pour sa sœur Amanda, dépressive chronique traversant des phases catatoniques importantes. Perdant le contrôle de sa vie, Lisey se retrouve happée par les souvenirs de sa relation avec Scott et nous entraîne dans ce qui a été leur jardin secret pendant plus de 25 années.

L’Histoire de Lisey est une enquête à travers le temps et l’espace mêlée à une course contre la montre. En effet, le personnage de Lisey doit sauver sa sœur et se sauver elle-même en recollant les morceaux de son histoire. Pour cela, elle doit s’autoriser à traverser la frontière entre le réel et l’imaginaire en acceptant l’existence d’un lieu magique aussi puissant que terrifiant.

Mon histoire avec le livre

Ce livre fait partie de mes nombreuses trouvailles dénichées en vide-greniers à moins de cinq euros, entreposées chez moi pendant des mois (des années ?) avant d’entamer leur lecture. Je n’ai pas forcément eu envie de le lire tout de suite. Il n’est pas très connu dans la bibliographie de King et le résumé restait plutôt vague. Pour être honnête, je l’ai surtout lu en prévision de la sortie de l’adaptation en série. Je pars du principe qu’il n’y a jamais de mauvaises raisons de lire un livre !

Mon ressenti

Enfin ! King écrit autour des femmes des auteurs ! Les écrivains sont des héros que nous retrouvons régulièrement chez King (La Part des Ténèbres, Vue Imprenable sur Jardin Secret, Misery, etc.). Mais, à ma connaissance, pas un seul de ses récits ne s’est intéressé à leurs compagnes. C’est fait avec Histoire de Lisey, le roman le plus perché de SK selon moi (je n’ai pas encore lu Sleeping Beauties ou Dreamcatcher je précise !).

Le personnage de Scott Landon reste principal, mais l’intrigue tourne essentiellement autour de Lisey et de ses sœurs. Le roman parle de deuil, de processus de création, d’imagination, de liens fraternels, mais aussi de harcèlement et de maladie mentale à travers le personnage d’Amanda. Le traitement de ce personnage m’a bluffé du début à la fin. King nous offre une vision plutôt philosophique de la maladie psychique. Il nous parle aussi du processus d’écriture grâce à ce roman.

Au cours des nombreux flashbacks qui relatent l’histoire de Lisey et de Scott, nous assistons à chacune des étapes essentielles de leur couple, mais aussi à la création de leur langage secret, particulièrement déroutant lorsque l’on commence la lecture. Ces bonds dans le passé ont du sens puisqu’ils permettent à Lisey de se souvenir d’éléments importants, considérés comme anodins ou loufoques à l’époque.

Je pense que l’Histoire de Lisey fait partie de ces romans que l’on adore ou que l’on déteste. Personnellement, j’ai adoré passé la moitié du roman. Dès l’instant où j’ai su où King allait m’amener. L’auteur parle de deuil de manière poétique et touchante. C’est beau et triste à la fois. Pour ma part, j’ai été conquis !

L’adaptation

Le livre a été adapté en série, diffusée par Apple TV+ entre juin et juillet 2021. Nous avons eu le droit à huit épisodes, contant les aventures de Lisey. J’ai été scotché par les effets visuels de la série, tout simplement magnifiques. Les acteurs sont talentueux, c’est indéniable. Julianne Moore est parfaite dans le rôle de Lisey. Idem pour Joan Allen qui campe celui d’Amanda avec justesse. C’est une bonne adaptation selon moi. L’histoire et l’ambiance du roman sont respectées. En même temps, l’auteur est le scénariste de la série…

https://www.telerama.fr/sites/tr_master/files/styles/simplecrop1000/public/illustrations/thumbnails/histoire_de_lisey_001.jpg?itok=9VWcr3qY

Pourtant, je ne recommande pas forcément le visionnage de la série, surtout si vous n’avez pas lu le livre ! Le rythme est extrêmement lent. Tout est très long, chaque déplacement prend des années-lumière. Même en ayant adoré l’histoire, j’avais hâte que cela se termine vers la fin du visionnage. Tout est très brouillon à l’écran et chaque scène semble se passer dans l’obscurité. Les flashbacks, très importants à la compréhension du récit, ont selon moi été mal traités. En effet, aucun élément ne permet de clarifier la temporalité dans laquelle ils se situent. Les personnages paraissent avoir le même âge dans l’ensemble des flashbacks, ce qui rajoute du flou dans une histoire déjà pas simple à comprendre.

En bref, les effets visuels de qualité ne suffisent pas ! J’ai besoin de plus pour tenir 8×50 minutes !

Lisey's Story (TV Series 2021-2021) — The Movie Database (TMDB)

Conclusion

Je recommande, mais il faut bien s’accrocher ! Je ne le conseille donc pas en première lecture d’un King. C’est très très très perché !

Les romans

La Tour Sombre V : Les Loups de la Calla, Stephen King (2003)

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Présentation

Les Loups de la Calla (Wolves of the Calla en V.O.) est le cinquième tome du cycle de la Tour Sombre, écrit par Stephen King en 2003, six années après le quatrième tome. Au cours des 770 pages du roman, nous suivons les aventures de Roland Deschain, le dernier Pistolero originaire de Gilead, et de ses compagnons : Eddie, un ex-junkie ayant intégré le ka-tet* en premier, Susannah, sa compagne aux personnalités multiples, Jake, un jeune garçon New- Yorkais qui a croisé leur route dans le tome 3 ainsi qu’Oy, un billy bumbler** qui les accompagne dans leur quête. Les cinq compagnons poursuivent leur long voyage à la recherche de la Tour Sombre et atteignent Calla Bryn Sturgis, une ville de fermiers qui ne leur inspire pas confiance. Ils apprennent rapidement que ce lieu est sous la menace des Loups de Tonnefoudre, organisant des rapts d’enfants à intervalle régulier. Roland et ses compagnons doivent prendre une décision : se détourner momentanément de la Tour Sombre et participer au combat…

*le ka-tet désigne un groupe de personnes liées par un même destin

**une espèce résultant de la combinaison entre un chien et un raton laveur

Mon histoire avec le livre

J’avance ma lecture en même temps qu’un autre ka-tet : celui du Roi Stephen, le podcast qui chaque mois traite d’une œuvre de King.

Pour la petite histoire, j’ai moi aussi enduré une quête afin d’obtenir ce roman. Introuvable en anglais près de chez moi, il m’a été nécessaire de le commander en ligne. Ce dernier n’est jamais arrivé chez moi cependant. Il m’a fallu mener mon enquête, muni d’un numéro de suivi erroné, et le localiser (au hasard) dans un point relai à des kilomètres de mon domicile. Tout était fait pour que je n’ai jamais ce livre entre les mains, mais le Ka* m’a conduit jusqu’à lui.

*le Ka représente la destinée, le karma mais aussi le lieu où doit se rendre un individu (définition Concordance-1, R.Furth)

La lecture en anglais ne me cause plus de difficultés, je ne bute plus sur certains mots ou tournures de phrases comme auparavant. J’ai trouvé par ailleurs que ce cinquième roman contenait moins de néologismes que les précédents. Ma crainte, avec un pavé pareil, était de lire un Magie et Cristal 2.0. Le tome 4, dont l’intrigue était pourtant ensorcelante, assommait son lecteur avec ses 400 pages de flashbacks. Ce ne fut pas le cas pour les Loups de la Calla, un récit équilibré qui alterne entre des phases d’action, de récit et… de flashbacks (appelés « palabres » dans cet univers). Il en faut ! Ce ne serait pas la Tour Sombre sinon ! J’ai trouvé ces derniers particulièrement intéressants, ce qui a été déterminant dans mon appréciation globale du roman.

La Tour Sombre V - Les Loups de la Calla" en livre audio par Audible le 31  octobre 2019 - Stephen King France

Mon ressenti

J’ai dévoré le Tome 5 en peu de temps, happé par les aventures du ka-tet. Les Loups de la Calla est pour le moment l’un de mes préférés, puisant le meilleur de chacun des tomes précédents. En effet, j’ai retrouvé l’ambiance du tome 2 qui m’avait tant plu (notamment grâce aux scènes se déroulant dans notre monde), mais aussi celle du troisième roman où le côté post apocalyptique est bien mis en avant. Tout commence à s’imbriquer parfaitement et l’auteur semble s’autoriser à nous donner quelques maigres indices quant aux mystères qui entourent la Tour Sombre (tout en ajoutant de nombreuses questions bien entendu). Cela reste très satisfaisant !

Les nouveaux protagonistes mis en avant à Calla Bryn Sturgis sont plutôt intéressants. King prend plaisir à décrire le rôle de chacun et leur implication au sein de la Calla. L’auteur est toujours aussi doué dans la description, il est très facile de s’imaginer les décors ainsi que les relations entre les différents personnages. Avec le temps, j’ai pris le pli de ne plus trop avoir d’attentes quant à l’importance de chacun. Les personnages secondaires ne servent pas tous l’intrigue. Certains vont mourir, d’autres seront inutiles. Dans ce roman, le récit s’axe surtout entre les membres du ka-tet que nous voyons évoluer au fil des chapitres. Mention spéciale pour Jake et Susannah dont les storylines ont été creusées. Ce tome marque également le retour d’un personnage emblématique du roman Salem. À travers plusieurs flashbacks, nous comprenons comment et pourquoi ce dernier s’est retrouvé ici, dans le même monde que celui de Roland.

Contrairement à Magie et Cristal, j’ai trouvé Les Loups de la Calla très bien structuré. Les flashbacks sont plutôt bien disséminés dans le roman et ne freinent pas nécessairement l’évolution de l’intrigue. King fait également entendre la voix de plusieurs personnages secondaires au cours de récits succincts qui servent le roman et qui permettent au lecteur d’avoir accès à des informations supplémentaires quant aux « Loups » tout en le plongeant dans la mythologie qui entoure Calla Bryn Sturgis (je pense notamment au mythe des sœurs d’Oriza).

J’ai apprécié les nombreuses références faites au cours de ma lecture : que ce soient celles au King Multiverse ou bien à d’autres médias. C’est avec ce tome que j’ai pris pleinement conscience que la Tour Sombre était au centre de toutes les histoires créées par l’auteur depuis quarante ans.

Je relève un seul bémol, dans l’optique de nuancer mon propos. Malgré l’évolution des personnages au sein du Ka-Tet, j’ai trouvé que la quête de la Tour Sombre n’avançait pas beaucoup au cours de ce tome qui, en dépit sa qualité, a un goût de quête annexe. Il ne reste que deux tomes avant la fin du cycle et j’ai l’impression que les héros ont réalisé 10 % de leur périple. J’attends donc beaucoup des prochains tomes !

Conclusion

Mon tome préféré après le deuxième roman « Les Trois Cartes ». En espérant être transporté par les deux prochains ! Je conseille bien évidemment la lecture de la Tour Sombre dans son intégralité ! Foncez !

Les romans

La Fille du Train, Paula Hawkins (2015)

Présentation

La Fille du Train est un thriller écrit par Paula Hawkins en 2015. L’autrice britannique a connu un succès important avec ce roman très sombre qui contraste fortement avec ses autres ouvrages. L’autrice a en effet publié plusieurs fictions romantiques auparavant.

Au cours des 453 pages du roman, elle nous plonge au centre d’une enquête à la suite de la disparition d’une jeune femme. Nous suivons la progression de l’enquête grâce aux points de vue de Rachel, Anna et Megan, trois femmes qui semblent être liées sans le savoir.

Le roman est adapté au cinéma en 2016 avec Emily Blunt en tête d’affiche.

Mon histoire avec le livre

Je ne lis jamais de thriller. J’ignore pourquoi j’étais convaincu que je n’aimais pas ce genre de littérature. Les enquêtes policières ne m’intéressent pas. Cependant, il suffit qu’un personnage légèrement outsider sur les bords se retrouve à mener sa propre enquête pour que j’accroche plus facilement. J’ai regardé la Fille du Train récemment sur Netflix et j’ai adoré. J’avais déjà flashé sur la couverture originale du roman éponyme, que j’avais prévu de m’offrir au cours de l’année. Mais voilà que je découvre ce bouquin (en VF) en fouillant dans la bibliothèque d’une amie quelques jours après avoir vu l’adaptation. Signe du destin ? Hasard total ? Complot cosmique pour que j’ajoute un énième livre dans ma PAL ? Toujours est-il que j’ai commencé à dévorer ce livre qui allait finir sur Vinted sous peu selon mon amie. Je n’avais donc pas le choix !

Résumé

Rachel vit dans la banlieue de Londres. Elle est alcoolique, elle a le cœur brisé et éprouve des difficultés majeures à tirer un trait sur son ex-mari Tom. Ce dernier s’est remarié peu de temps après leur séparation, il a eu un enfant avec son ancienne maitresse, Anna, et habite avec elle dans la maison que Rachel avait choisie avec lui. Chaque jour, elle prend le train qui l’amène à Londres et qui passe devant son ancien quartier. Chaque jour, la vision de son ancien logement lui rappelle ce qu’elle a perdu et empêche ses blessures de se refermer. Rien de tel pour passer à autre chose, non ? Rachel passe chacun de ses voyages à observer les deux habitants d’une maison voisine, qu’elle a surnommés « Jess » et « Jason ». Dans son esprit, ce couple est heureux et représente tout ce qu’elle n’a pas su construire avec Tom. Un matin alors qu’elle est en état d’ébriété, elle aperçoit « Jess » sur son balcon en compagnie d’un autre homme. Son mythe s’effondre. Le bonheur qu’elle attribuait à ce couple si parfait serait donc t-il factice ? Rachel refuse de s’être trompée sur leur compte et déchante d’autant plus lorsqu’elle apprend plusieurs jours plus tard la disparition de « Jess ». Convaincue d’avoir un rôle à jouer dans cette affaire, elle décide de mener l’enquête.

Mon ressenti

J’ai lu le roman en deux ou trois jours. Il se lit vraiment facilement. J’ai apprécié le fait d’avoir accès à plusieurs points de vue complémentaires. Celui de Rachel reste le plus prédominant au cours du récit. L’autrice a choisi de donner un aspect journal intime à la structure de son roman. Ce dernier est écrit à la première personne et relate le vécu, jour après jour, des trois personnages en suivant un découpage identique à chaque chapitre : matin, après-midi, soir.

Dans les premiers chapitres, nous avons accès aux pensées de Rachel, une femme brisée qui tentera de se raccrocher à des illusions afin de survivre. J’ai aimé le fait que l’autrice oppose les notions de bonheur perçu et de bonheur réel à travers le couple de Jess et Jason, idéalisés par Rachel.

La protagoniste est décrite de façon très dure. L’autrice ne mâche pas ses mots pour décrire sa déchéance du fait de l’alcool et de la fragilité de sa santé mentale. J’ai réussi à m’y attacher malgré tout. L’autrice joue également avec le lecteur en accordant beaucoup d’importance aux scènes où le personnage de Rachel est sous l’emprise de l’alcool. Entre les trous noirs qu’elle subit et les hallucinations présumées, nous tentons avec elle de reconstruire le déroulement de ses journées afin de nous approcher de la vérité.

Paula Hawkins brosse le portrait de trois femmes imparfaites, parfois détestables, parfois justes. Elle est parvenue à me tenir en haleine jusqu’à la fin de la lecture, alors que je connaissais déjà la fin de l’histoire grâce au film.

L’adaptation

L’adaptation est sortie un an après la publication de l’ouvrage. Emily Blunt campe le personnage de Rachel et excelle dans ce rôle tout au long du film. On observe quelques différences par rapport au livre, mais dans l’ensemble ce dernier est très bien adapté. Seul bémol : l’intrigue du roman se déroule dans une banlieue londonienne tandis que le film choisit de situer l’action autour de New York, mettant de côté la touche british du livre.

Conclusion

Une très bonne lecture qui m’a donné envie de lire les autres romans de la bibliographie de l’autrice et de m’intéresser un peu plus aux thrillers (RIP mon compte en banque…). Je recommande le livre et son adaptation, peu importe dans quel ordre.

Les romans

Ahsoka, E. K. Johnston (2016)

Présentation

Ahsoka est un roman de science-fiction se déroulant dans l’univers étendu de Star Wars. On peut même affirmer qu’il fait partie des romans « canons » de la licence (à savoir officiels), à l’inverse de ceux appartenant à l’Univers Légendes, écartés de l’histoire officielle de Star Wars à mon plus grand regret depuis le rachat de la licence par Disney. L’ouvrage a été écrit en 2016 par E. K. Johnston, autrice canadienne de fantasy et de science-fiction. Elle a également écrit trois romans sur le personnage de Padme Amidala.

Ahsoka est paru en France en 2020, directement au format pocket. L’intrigue du roman se déroule un an après l’exécution de l’Ordre 66, responsable de l’extinction de l’ordre Jedi. Nous suivons les aventures d’Ahsoka Tano, l’ex-Padawan d’Anakin Skywalker, devenue renégate, et de son quotidien sur la lune de Raada où elle tente de s’approprier une nouvelle vie ainsi qu’une nouvelle identité, loin des conflits, mais aussi loin de la Force…

Mon histoire avec le livre

Ahsoka est mon personnage préféré dans l’univers (très étendu) de Star Wars. Voilà, c’est aussi simple que cela ! J’ai découvert son existence en visionnant la série d’animation Clone Wars où nous suivons son apprentissage en tant que Padawan, puis dans Rebels, où son personnage est bien plus mature et travaillé. Elle est enfin apparue récemment dans la saison 2 de The Mandalorian. À cet instant, il est devenu nécessaire pour moi d’en apprendre plus sur ce personnage, ce roman était tout indiqué.

Résumé

Un an après l’exécution de l’Ordre 66, Ahsoka est en fuite. Elle a mis en scène sa propre mort et tiré un trait sur sa vie de Jedi, allant même jusqu’à abandonner ses sabres laser. Si elle ignore le destin qui a été celui de son maitre Anakin Skywalker, elle sait que la galaxie est désormais sous le joug de l’Empereur Palpatine et qu’il ira jusqu’au bout du monde pour anéantir jusqu’au dernier des Jedi. Ahsoka n’a pas le choix, elle doit taire son identité et survivre par ses propres moyens. Elle travaille en tant que mécanicienne et erre, de planète en planète, afin de ne pas éveiller de soupçons sur elle. Elle décidera finalement de s’établir sur la lune de Raada, peuplée d’agriculteurs, persuadée qu’elle y sera en sécurité. Ahsoka s’adapte aisément aux coutumes locales et se lie d’amitié avec Kaeden qui l’intégrera dans son cercle d’amis. Son quotidien s’apaise petit à petit. Jusqu’au jour où l’Empire décide de prendre le contrôle de Raada afin d’extirper l’ensemble de ses ressources. L’héroïne s’aperçoit rapidement qu’il est difficile de renier son passé et de faire taire la Force qui sommeille en elle. Traquée par les Stormtroopers et le mystérieux Inquisiteur, elle devra prendre une décision quant à la place qu’elle souhaite occuper dans la galaxie !

Mon ressenti

J’ai adoré ! C’est un roman de 300 pages et quelques qui se lit très facilement. Les chapitres sont courts et l’autrice a décidé d’alterner entre les points de vue de plusieurs personnages dans son récit. Nous avons accès aux pensées d’Ahsoka, mais aussi à celles de quelques partisans de l’Empire. Plusieurs flash-backs sont disséminés dans l’intrigue, apportant des informations pertinentes quant aux événements ayant amené Ahsoka à quitter l’Ordre Jedi, l’occasion d’entendre à nouveau parler de grandes figures de l’univers Star Wars telles que Dark Maul, Anakin Skywalker ou encore Obi Wan Kenobi. J’ai aimé observer l’évolution de l’ex Jedi tout au long de ce roman. Brisée, elle s’est forgé une carapace lors de ses mois d’errance, à ne faire confiance à personne et à cacher les moindres indices qui pourraient la trahir. Elle est devenue « Ashla » (son nom d’emprunt). Sa rencontre avec Kaeden et l’injustice qui s’abat sur Raada lui remémorera les raisons qui l’avaient poussé à mettre son don au service de la galaxie. L’action survient assez vite dans la lecture, je ne me suis pas ennuyé une seule seconde ! L’ambiance est très sombre et l’on sent que la prise de pouvoir de Palpatine est encore récente. Ce roman représente la pièce de puzzle manquante dans l’histoire d’Ahsoka, permettant au lecteur de faire le lien entre ses apparitions dans Clone Wars et Rebels.

Les adaptations

Pour le moment il n’y a pas d’adaptation à proprement parler de ce roman. Cependant, Ahsoka s’est récemment vu attribuer sa propre série par les studios Disney. Elle sera incarnée par la talentueuse Rosario Dawson. Si l’on sait d’ores et déjà que son intrigue se déroulera après les événements de la saison 2 de The Mandalorian, on peut imaginer que les showrunners fassent appel à des éléments du roman Ahsoka afin d’approfondir son personnage. Je pense notamment à la possibilité de placer le personnage de Kaeden à nouveau sur son chemin… ?

Conclusion

C’est un grand oui pour moi ! Je recommande cependant cette lecture aux personnes ayant déjà visionné Clone Wars. Ce roman m’a par ailleurs motivé à reprendre la lecture de l’univers étendu, que ce soit par le biais des comics ou des nombreux romans.

Les romans

La Plume Magique de Gwendy, Richard Chizmar (2019)

Présentation

La Plume Magique de Gwendy est le deuxième roman d’une trilogie créée par Richard Chizmar et Stephen King. Il fait suite à « Gwendy et la Boîte à Boutons », écrit en 2017, dans lequel nous pouvions lire les aventures d’une jeune fille de douze ans, complexée par son physique, qui s’était vu confier de manière temporaire une boîte aux pouvoirs mystérieux par un homme prénommé Richard Farris. L’histoire se déroulait à Castle Rock, une ville fictive du Maine inventée par Stephen King, théâtre de nombreuses catastrophes et drames en tout genre. Gwendy comprenait au fil des chapitres que la magie qui émanait de la boîte avait un prix : si elle pouvait lui apporter bonheur et bien-être, elle était aussi capable de semer chaos et tristesse autour d’elle.

Ce deuxième roman, écrit exclusivement par Richard Chizmar, met en scène la suite des aventures de Gwendy, âgée de 37 ans désormais et de retour à Castle Rock pour les fêtes de fin d’année. Sa vie semble parfaite et équilibrée. Cependant, face à l’état de santé défaillant de sa mère et aux mystérieuses disparitions de jeunes filles dans sa ville natale, elle se retrouve vite en difficulté. C’est à ce moment que la boîte à boutons fait à nouveau irruption dans son quotidien.

Mon histoire avec le livre

La Boîte à Boutons de Gwendy est le premier livre que j’ai acheté à la sortie du confinement de mars 2020. J’avais apprécié cette courte lecture tranquille et mouvementée à la fois. À la suite d’une panne de lecture, il y a quelques semaines, je me suis orienté vers La Plume Magique de Gwendy, persuadé que ce livre faciliterait mon retour à la lecture de romans (spoiler : cela a marché !). Un moment très agréable et rapide (environ 300 pages) et un retour à Castle Rock qui ne fait pas de mal !

Résumé

L’histoire se déroule 15 ans après les événements de « Gwendy et la Boîte à Boutons ». Après avoir été écrivaine à succès, Gwendy est devenue sénatrice, élue à la chambre des représentants des États-Unis. Tout semble lui sourire : une carrière passionnante, un épanouissement sur le plan sentimental et une famille aimante. Mais voilà que la fameuse boîte à boutons refait surface dans son quotidien à l’approche des fêtes de fin d’année. Le retour de Gwendy chez ses parents, dans sa ville natale, correspond malheureusement avec la disparition de jeunes filles. Du fait de son statut important et de sa nature altruiste, elle s’investit dans l’enquête auprès du shérif Norris Ridgewick afin de les retrouver. En parallèle, elle tente de gérer son obsession croissante pour la boîte à boutons, consciente de son pouvoir, mais aussi de son danger, tout en soutenant sa mère face à la maladie. Tout serait si facile si elle pouvait se servir de la boîte pour régler ses soucis…

Mon ressenti

Ce fut une lecture fluide, facile et très agréable ! J’ai apprécié cette promenade dans le Castle Rock de la fin des années 90 et savouré les nombreuses références aux événements passés (Cujo, Dead Zone, etc.). Ce second tome est également l’occasion de retrouver le shérif Norris Ridgewick, présent dans plusieurs œuvres de King.

Je suis assez attaché au personnage de Gwendy, qu’on prend plaisir à voir grandir et évoluer. Une personne plutôt ordinaire à qui il arrive des choses extraordinaires. Le fait d’être devenue une adulte responsable, d’avoir mené à bien sa carrière ainsi que ses projets artistiques et de s’être débarrassée de ses complexes ne la protège pas pour autant des peurs primitives de son enfance : la solitude et la perte de ses proches. Nous la voyons lutter tout au long du roman face à ses angoisses, de la même façon que lorsqu’elle n’était qu’une jeune adolescente. L’enquête policière en toile de fond est intéressante, mais sans plus. Si elle permet de creuser l’arc narratif de Gwendy (et de donner un sens à cette histoire de Plume Magique), elle n’apporte pas grand-chose. Elle offrira toutefois la possibilité de mettre en avant le binôme Gwendy/Ridgewick.

Je dois avouer cependant avoir été un peu déçu de la fin, étant habitué aux dénouements en queue de poisson de Stephen King, aux morts atroces ou aux fins ouvertes. Spoiler : ce n’est pas du tout le cas ici ! Nous n’avons que très peu d’informations sur l’origine de la boîte ou même de Richard Farris. On sent que c’est un numéro deux, l’auteur nous tient en haleine et nous pousse à patienter en attendant le retour des aventures de Gwendy pour un dernier tome dont la couverture a été dévoilée récemment. Je n’en dirai pas plus, mais… Est-ce une Tour Sombre derrière l’homme au chapeau noir ?


Lien Possible

Cette histoire de boîte magique capable du meilleur comme du pire m’a rappelé celle du Veston Ensorcelé, une nouvelle présente dans le recueil « Le K » de Dino Buzzati (1966). Dans cette histoire, un jeune homme découvrait qu’une des poches d’un veston qu’il avait acheté chez un tailleur possédait un pouvoir fantastique : celui de produire des billets de banque à volonté. L’homme se rendait rapidement compte qu’à force d’user de ce pouvoir, des catastrophes survenaient autour de lui. Cette nouvelle, tout comme l’histoire de Gwendy, aborde parfaitement la thématique de la perte de contrôle à travers un objet aux propriétés maléfiques.

Conclusion

Ce second tome, un peu en dessous du premier, m’a tout de même donné envie de lire la suite : « Gwendy’s Final Task », qui sera disponible en février 2022. Le dernier acte de cette trilogie sera à nouveau écrit par Chizmar et King.

Les romans

Christine, Stephen King (1983)

Présentation

Christine est un roman écrit en 1983 par Stephen King. Ce pavé (750 pages dans ma version en VO) relate la descente aux enfers d’Arnie Cunningham,à la suite de l’achat d’une voiture pour laquelle il semble avoir eu un véritable coup de cœur : une Plymouth Fury de 1958 prénommée « Christine ». Le roman aborde les conséquences de cette nouvelle acquisition sur plusieurs mois, tant sur sa vie privée que sur son environnement. En effet, la Plymouth se révèle être dotée d’une conscience et semble déterminée à rendre le pauvre Arnie fou d’elle, dans tous les sens du terme !

Le roman aborde la thématique de l’amitié, du passage à l’âge adulte mais aussi de la dépendance et de la perte de contrôle à travers le personnage d’Arnie.

Comme de nombreuses œuvres de King, Christine souffre de la comparaison avec son adaptation cinématographique. Sortie la même année, l’adaptation de John Carpenter est devenue très populaire au fil des années. Si populaire, qu’elle a véhiculé (ahahah) de nombreuses images dans l’inconscient collectif, s’imposant comme un monument de la pop culture des années 80. Même si l’on n’a pas lu le livre ou vu le film, au pire on sait de quoi ça parle (« c’est la voiture qui tue tout le monde, c’est ça ? »).

Cependant, le roman de King va beaucoup plus loin !

Mon histoire avec le livre

Cela fait un peu plus de dix ans que je lis Stephen King ou plutôt que je dévore ses œuvres. Ma collection est constituée à 80% d’ouvrages dénichés en brocantes ou en librairie d’occasion. Au fil du temps, je suis parvenu à posséder la quasi-totalité de sa bibliographie. Cependant, en 10 ans de recherches actives je ne suis jamais tombé en face de la fameuse Christine ! Il m’a été nécessaire de succomber à l’achat en ligne afin de me le procurer, dès l’instant où j’ai su que le Roi Stephen allait consacrer un épisode à ce roman (vous pouvez retrouver leur podcast ici).

Toujours est-il que je n’étais pas emballé à l’idée de lire ce roman, persuadé que l’histoire tournerait uniquement autour d’une voiture meurtrière possessive… Je me suis trompé finalement, Christine est bien plus que ça !

Cette lecture a d’ailleurs été un exercice intéressant pour moi, puisque j’ai choisi de le lire en VO. L’objectif était de tester mes capacités de lecture sur un de ses ouvrages hors Tour Sombre (peu représentatif de son style d’écriture habituel).

Résumé

De manière totalement hasardeuse, Arnie Cunnigham tombe un jour nez à nez avec la voiture de ses rêves. Sans qu’il ne puisse l’expliquer à son ami de longue date, Dennis Guilder, il se sent tout de suite attiré par ce véhicule et décide de l’acheter à son ancien propriétaire Roland Le Bay. « Christine », la Plymouth Fury rouge va au fil du temps prendre de plus en plus de place dans sa vie quotidienne et éloigner Arnie de ses proches. Cette voiture se révèle rapidement différente des autres.

Autrefois renfermé et complexé par son apparence, le jeune homme s’affirme de plus en plus : dans la relation conflictuelle à ses parents, mais également face aux crapules de son lycée. Ce surplus de confiance en lui-même l’aidera d’ailleurs à séduire la nouvelle du lycée, Leigh Cabot. Si Arnie est satisfait de l’ensemble de ces changements dans sa vie à la suite de sa nouvelle acquisition, son ami Dennis s’inquiète de la modification brusque de sa personnalité et de son comportement. Quand des meurtres impliquant une voiture sont reportés par la police de Libertyville, il n’y a aucun doute pour Dennis : Christine est la coupable désignée !

Mon ressenti (peut contenir des traces de spoil)

J’ai mis beaucoup de temps à lire ce roman, ayant lâché la lecture pendant plusieurs semaines passé les 300 pages. Quand je l’ai reprise, j’ai tout lu en quelques jours. Comme dans beaucoup d’œuvres de King la mise en place est lente. L’auteur attache beaucoup d’importance à contextualiser ses histoires. Il creuse ses personnages, leurs habitudes et l’environnement dans lequel ils évoluent. Pour ce roman, le rythme lent me parait cependant pertinent, car il permet au lecteur d’observer l’emprise insidieuse et progressive de Christine sur Arnie.

Il est probable que cela soit dû à la déformation professionnelle mais j’ai vu en Christine une belle métaphore de l’addiction pour ma part ! Malheureusement, l’auteur en connait un rayon à ce sujet. Au fil de l’intrigue, King brosse en effet le portrait d’un jeune homme qui se perd dans une relation toxique et qui ne parvient pas à s’en défaire. Si Christine est au départ synonyme de joie et de bien-être pour lui, elle deviendra rapidement la cause de tous ses maux, resserrant son emprise sur lui à chaque chapitre. Arnie perdra le contrôle de la personne qu’il était et ne parviendra jamais à mettre fin à la relation à Christine sans l’aide de ses proches. Le temps passé auprès de sa voiture et l’obsession qui grandira en lui à son égard aura des conséquences sur son entourage, sur ses notes mais aussi sur ses perspectives d’avenir. Arnie s’oublie dans la dépendance avec le temps, devenant une coquille vide, un réceptacle pour l’âme de Christine qui n’a qu’à se servir.

Christine est un roman d’horreur, mais pas que. Les descriptions peuvent heurter les plus sensibles, je pense notamment à une scène impliquant Buddy Repperton (le bourreau d’Arnie au lycée) et certaines scènes avec Christine font froid dans le dos tant ses agissements et façons de faire sont humanisées. Par ailleurs, le mal qui émane de Christine n’est pas expliqué clairement. Nous sommes à la frontière entre la possession, la présence de fantômes et/ou d’un mal préexistant chez Christine. Nous pouvons aussi faire l’hypothèse que ce véhicule est capable de faire ressortir chez son propriétaire ce qu’il y a de plus noir en lui…

Pour autant, la lecture reste plutôt chill et sympathique. J’ai pu retrouver l’ambiance indescriptible des premiers romans de Stephen King et ce style si particulier qui est le sien.

Enfin, j’ai aimé le fait de voir l’évolution d’Arnie à travers le regard de son ami d’enfance Dennis, qu’il est possible de considérer comme le personnage principal finalement.

Bref, j’ai beaucoup aimé !

Adaptation

Je vais faire court, je me suis ennuyé. Je m’étais fait une tout autre image des personnages, notamment Arnie. La première moitié est plutôt fidèle mais la fin prend un autre chemin. Cela va très vite. Trop vite. Les meurtres se succèdent et le changement dans le comportement du conducteur de la Plymouth m’a semblé trop soudain, empêchant le spectateur d’appréhender la lente descente aux enfers d’Arnie décrite dans le roman.

Je pense cependant que j’aurais apprécié le film si je l’avais visionné pendant mon adolescence, ou si je n’avais pas lu le livre avant.

Seul point positif pour moi : la bande son !

Conclusion

Foncez lire le livre si vous ne l’avais pas déjà fait !

Et méfiez-vous des vieilles voitures !

Les mangas

Marry Grave – Tome 1 – Hidenori Yamaji

Présentation du manga

Aujourd’hui, j’ai choisi de mettre en avant un manga peu connu du public : Marry Grave, de Hidenori Yamaji. Il fait partie de la catégorie shonen et se rapproche du genre dark fantasy. Composé de cinq tomes, publiés entre 2017 et 2019, il aborde avec finesse des thématiques plutôt sombres comme la mort, la perte de l’être aimé et le deuil. Le tout, saupoudré d’une pincée de magie, de dragons et de poussière de fée. L’action se concentre sur Sawyer Riseman et sa quête pour rendre la vie à sa dulcinée… Installée dans un cercueil qu’il porte sur son dos et qu’il ne quitte jamais !

Mon histoire avec le manga

Ce dernier m’a été prêté par une amie férue de manga tout comme moi. Nos mangas passent d’une maison à l’autre chaque fois que nous parvenons à nous voir et donnent lieu à des discussions qui se clôturent toujours par cette même phrase : « trop de livres à lire, pas assez de temps… ».

Résumé

Sawyer Riseman est un homme plutôt banal qui possède malgré tout un destin incroyable. Marié à Rosalie, l’amour de sa vie, il décède lors d’une invasion de monstres dans leur village. Prise de chagrin, Rosalie décide de parcourir le monde afin de trouver un moyen de le ramener à la vie. Elle y parviendra en sacrifiant la sienne. Dès lors, Sawyer, transformé en zombie indestructible, fera tout ce qui est en son pouvoir pour la ramener à son tour.

Sawyer traversera le monde à la recherche de composants qui lui permettront de concocter la « recette de l’homme mort ». Sa quête sera mise à mal par toute une panoplie de créatures ténébreuses, mais aussi par des humains, convoitant également les ingrédients dont il aura besoin pour remplir sa mission.

Sawyer a toute l’éternité devant lui, après tout il est immortel !

Mon ressenti

J’ai adoré le premier tome et je compte lire la suite ! Marry Grave est un récit d’aventures aux allures de RPG. Les protagonistes se servent d’ingrédients et d’objets particuliers afin de pratiquer la magie et ainsi, sauver leur peau face aux créatures qui ne leur laissent pas de répit. J’ai trouvé l’idée très originale. Les dialogues sont funs et les dessins m’ont tout de suite plu. J’ai accroché au mélange creepy/romantisme qui émane du personnage principal et sa détermination. Ses pouvoirs de régénération en tant que revenant font de lui un être indestructible qui le rendent, à priori, incapable de perdre face à un adversaire. Cependant, la beauté ne réside pas dans les combats selon moi ou même dans la magie. Marry Grave est surtout une histoire de voyage ! L’intrigue est découpée afin que le lecteur puisse entrevoir le périple de Sawyer, mais également celui de Rosalie grâce à quelques flashbacks. On passe d’un deuil à l’autre en quelques pages sans trop de difficultés.

Le monde dans lequel l’action se déroule n’est pas vraiment défini, mais son auteur semble s’être inspiré de différents folklores pour le façonner. On note en effet la présence de nombreuses créatures issues d’univers différents : le Jabberwocky (tout droit sorti de l’œuvre éponyme de Lewis Caroll), les Orcs et les Gobelins (rendus populaires par J.R.R. Tolkien), le Slime (H.P. Lovecraft), etc. Par ailleurs, l’ambiance funeste tournée à l’absurde m’a beaucoup fait penser à l’arc Thriller Bark de One Piece où une armée de morts-vivants ridicules se dresse face aux pirates du célèbre manga.

La manière de lire un manga court comme celui-ci me semble différente de la lecture d’une anthologie en 80 tomes. Ici, l’univers est peu exploré, les arcs narratifs sont brefs et efficaces et l’ensemble des personnages rencontrés ne seront probablement que de passage. L’auteur ne s’embarrasse pas de détails superflus ou de personnages secondaires à n’en plus finir. Sawyer va d’un point A à un point B, il a une mission précise et semble déterminé à la réaliser peu importe quel en sera le prix. Et cela me suffit amplement. Je n’ai rien contre les mangas qui tiennent sur la durée et qui demandent une immersion totale, mais je dois avouer que les œuvres one-shot ou comportant une poignée de tomes comme Marry Grave peuvent être tout aussi passionnants !

Conclusion

Oui pour le tome 1, en attendant de lire les prochains et de suivre les aventures de Sawyer. Je le recommande !

Les comics

Chilling Adventures of Sabrina—Roberto Aguirre-Sacasa & Robert Hack

Présentation

Chilling Adventures of Sabrina est un reboot du comics éponyme de 1972. Il est écrit par Roberto Aguirre-Sacasa (l’auteur ayant signé l’adaptation du Fléau de Stephen King en comics) et dessiné par Robert Hack. Il est publié par Archie Horror à partir d’octobre 2014 et contient à ce jour huit numéros. Il raconte les aventures de Sabrina dans la ville de Greendale et de son quotidien en tant qu’adolescente mi-humaine, mi-sorcière. Le comics a été adapté en 2017 par Netflix (2 saisons disponibles). Contrairement à la série moderne, l’histoire du comics se déroule dans les années 60.

Mon histoire avec le comics

Je n’ai jamais vraiment regardé la série télévisée des années 2000 « Sabrina l’apprentie sorcière » ni la série animée. Je ne connaissais pas non plus l’existence des comics avant quelques mois. J’ai démarré ma lecture de ces derniers à la suite du visionnage de l’adaptation de Netflix, afin d’en savoir plus sur l’univers et de découvrir l’œuvre dont la série s’était inspirée. Les comics peuvent être empruntés en anglais sur la plate-forme Amazon Reading pour les utilisateurs ayant l’abonnement Prime, ce qui est très pratique. L’anglais employé nécessite tout de même une maîtrise correcte de la langue.

Résumé

Sabrina Spellman, orpheline, est élevée par ses tantes Hilda et Zelda, des sorcières talentueuses gérant une entreprise de pompes funèbres tout en étant à la tête d’un puissant coven*. Sabrina cherche sa place dans ce monde, partagée entre son désir de vivre de manière ordinaire et ses responsabilités en tant que sorcière. Dans sa quête elle est aidée par Salem, son chat dans lequel habite l’âme d’un sorcier, ainsi que par son cousin Ambrose. À l’âge de 16 ans, elle doit prendre une décision et choisir le destin qui sera le sien. Dans l’équation il y a bien sûr son petit ami Harvey qui ignore tout de son univers. Elle sera mise à mal par Madame Satan qui, dans l’ombre, prépare sa vengeance contre les Spellman.

* cercle de sorcières

Mon ressenti

J’ai lu les huit numéros des aventures de Sabrina assez rapidement. Les dessins de Robert Hack sont plutôt originaux et leur colorisation donne une impression d’aquarelle  agréable à l’œil. L’ambiance du comics m’a directement plongé dans les sixties avec ses nombreuses références. Cette version de Sabrina est assez glauque et s’éloigne totalement des premiers comics ou même des séries qui ont suivi. Au programme : incantations funestes, meurtres en cascade, rituel sacrificiel, châtiments corporels et possession diabolique.

Chaque numéro explore l’histoire d’un personnage en particulier, accompagné de flashbacks pertinents. Mis bout à bout, ces morceaux d’histoire permettent au lecteur d’avoir le point de vue de chacun des personnages principaux et même des antagonistes (ce qui est un plus par rapport à la série).

Le comics parcourt également le passé des parents de Sabrina, notamment à travers un numéro centré sur la genèse d’Edward Spellman, le père de la sorcière, et de sa montée en puissance au sein du coven. Le numéro que j’ai préféré reste cependant celui consacré aux familiers* de Sabrina (Salem le chat noir doué de parole) et d’Ambrose (Nag et Nagaina les cobras au passé douteux). Il s’en dégage un aspect mythologique qui m’a beaucoup plu, voire qui m’a donné envie d’en savoir plus sur eux.

* esprits surnaturels protecteurs source de conseils

L’histoire va très vite et ne s’embarrasse pas de détails inutiles. À savoir : le numéro #8 s’achève sur un cliffhanger et laisse le lecteur sur sa faim, la suite n’a pas été publiée pour le moment. J’espère que la production du comics reprendra à nouveau et donnera à Sabrina une conclusion satisfaisante.

Lien avec d’autres œuvres

On note quelques apparitions de certains protagonistes de l’univers d’Archie (dont la série Riverdale est l’adaptation) avec une refonte totale des personnages. Dans cet univers, Betty et Veronica endossent le rôle de sorcières et seront amenés à frayer avec Madame Satan, tandis que Jughead est… un zombie ! Une façon habile de faire un lien avec le comics « Afterlife with Archie » de 2013, signé également par Roberto Aguirre-Sacasa. Ces quelques apparitions ne brisent pas le rythme de la lecture et ne nécessitent pas d’avoir lu auparavant les comics dont ils sont issus.

Adaptation

Je n’ai pas envie de m’attarder sur la série de Netflix (SaveurLittéraire a rédigé un superbe avis sur son blog à ce sujet). Les deux saisons sont inégales en termes de qualité et parfois teintées d’incohérences, surtout dans la dernière partie. Certains épisodes m’ont vraiment plu cependant ! La série se centre autour du groupe d’amis de Sabrina et explore leur storyline tout en mettant en avant le monde des sorciers sous toutes ses facettes : apprentissage de la magie, satanisme, voyage dans les cercles de l’enfer. L’humour est présent, à travers les tantes de Sabrina. J’ai trouvé les acteurs bons, notamment Miranda Otto dans le rôle de Zelda, une pépite ! Une série parfaite pour Chiller, si l’on reprend le titre du comics… *rires enregistrés*

Conclusion

OUI pour les comics ! Why not pour la série. Et surtout : donnez-nous une suite !

Les romans

La Tour Sombre – La Clé des Vents, Stephen King (The Wind Through the Keyhole)

Présentation

La Clé des Vents ou « The Wind Through the Keyhole », est le dernier roman du cycle de La Tour Sombre, composé de huit livres. Stephen King considère La Tour Sombre comme l’œuvre la plus aboutie et la plus importante de sa carrière. À elle seule, elle permet de relier un certain nombre de ses histoires.

En quelques lignes, La Tour Sombre raconte le voyage de Roland Deschain, le dernier pistolero, à travers un monde désolé, mêlant Far West et magie, afin de retrouver son ennemi : un certain Homme en Noir, désigné responsable du chaos qui s’est emparé des lieux. Afin de sauver son monde, Roland devra trouver la Tour Sombre, située au centre de tous les univers, et s’entourer de compagnons de confiance afin de mener sa mission à bien.

Le huitième tome « La Clé des Vents » est publié en 2012, huit années après le tome 7 qui clôt la saga. Il narre des événements qui se déroulent entre les tomes 4 et 5, il peut ainsi être considéré comme un tome 4.5. Une façon pour Stephen King de raconter une toute dernière histoire dans l’Entre-Deux-Monde aux côtés de Roland et de son ka-tet*.

*le ka-tet désigne un groupe de personnes liées par un même destin

Mon histoire avec le livre

J’ai démarré ma lecture de la Tour Sombre en même temps que l’équipe du Roi Stephen, mon podcast préféré qui chaque mois décortique une œuvre de King. Je ne vais pas vous mentir, j’ai détesté le premier tome (Le Pistolero). Cette impression de ne rien comprendre tout au long de la lecture et d’être baladé m’a rebuté. Fort heureusement, les aventures de Rolland m’ont passionné dès le second tome et m’ont accompagné lors du premier confinement. Je me suis plongé assez facilement dans cet univers au fil du récit.

J’ai choisi de lire la Tour Sombre en anglais afin d’améliorer ma compréhension de la langue. De plus, il m’est impossible de résister aux magnifiques couvertures des éditions Hodder & Stoughton.

Résumé (avec spoil des tomes 1 à 4)

Après avoir affronté Flagg dans le Palais Vert, Roland et ses compagnons suivent le sentier du rayon qui les mènera à La Tour Sombre. Sur le chemin, ils sont ralentis par l’apparition d’une tempête nommée « Coup de Givre » (Starkblast en VO), empêchant toute progression. L’occasion pour Roland de dévoiler une partie de son histoire aux membres de son ka-tet. Roland se remémore la mission qui lui a été assignée à la suite de la mort de sa mère. Envoyé par son père à Debaria, un village où un « change-peau » massacrait impunément les habitants, il lui avait été ordonné de démasquer le coupable tout en protégeant les habitants du village. Le pistolero fait la rencontre d’un jeune villageois avec qui il tisse un lien fort. Au cours d’une nuit, il lui conte une histoire importante à ses yeux et transmise par sa mère : « La Clé des Vents ». La terrible histoire d’un petit garçon nommé «Tim Ross » dont le père vient de mourir, et de la quête qu’il entame afin de sauver sa mère du tragique destin qui l’attend.

Mon ressenti

Comment définir La Clé des Vents ? C’est un récit dans un récit dans un récit… Il faut donc s’accrocher. Stephen King nous avait déjà fait le coup dans le tome 4 « Magie et Cristal », composé à 80 % d’un flashback de Roland. Ici, le flashback est entrecoupé par un conte qui s’étend sur une bonne partie du roman. J’ai pris plaisir à retrouver le pistolero dans ses jeunes années, plus mature que dans le tome précédent, et prêt à déjouer de nouveaux mystères. Le personnage a fait du chemin depuis le tome 4 et a dû affronter de rudes épreuves. Cela se ressent dans la lecture. La partie à Debaria m’a plu ainsi que l’enquête à la recherche de l’identité du change-peau. Contrairement au flashback du quatrième tome, celui-ci ne s’attarde pas sur des personnages secondaires/tertiaires et l’auteur va à l’essentiel, ce qui permet de ne pas perdre le lecteur.

En revanche, j’ai eu du mal à m’intéresser à l’histoire de Tim Ross, contée par Roland au beau milieu du roman. Encore une fois, King nous sort du récit et nous bombarde d’informations qui n’ont à priori aucun lien avec l’histoire principale (nouveaux personnages, nouveaux lieux). Pourquoi ? Dans quel but ? Il faut savoir que chez King, rien n’est fait sans raison. Alors j’ai continué ma lecture jusqu’au moment où… Miracle ! Tout s’explique ! Le lecteur peut se raccrocher à des notions connues, faire des liens avec les autres tomes de la Tour Sombre, voire avec d’autres romans de King. Et la chute du roman est géniale !

Autre point important : l’expérience de lecture est différente si l’on choisit de lire ce roman dans l’ordre chronologique des événements (entre les tomes 3 et 4) ou dans l’ordre de publication (après le tome 7). Il y a plusieurs teams, un peu comme pour l’ordre de visionnage des Star Wars… ! Pour ma part j’ai choisi de suivre les conseils de Stephen King France, et de le lire à la suite du quatrième tome.

Ce qui a sauvé ma lecture, c’est le format court du roman. Cent pages de plus sur les aventures de Tim Ross et je décrochais. Ce tome m’a donné envie de lire la suite rapidement, je peux donc en conclure qu’il était bon !

Quant à l’expérience de lecture en anglais… C’est toute une histoire. Oui, certains noms propres ont plus de classe en anglais (le Garou devient the Skin-Man en VO par exemple) et c’est génial de pouvoir faire progresser sa compréhension d’une langue vivante. Mais cela ne se fait pas sans heurt sur La Tour Sombre. Entre le langage médiéval, le « haut-parler » *, les patois et les accents, je me suis par moment perdu dans le récit et il est certain que cela a ralenti ma lecture. Parfois, traduire un mot s’avère nécessaire, mais je ne désespère pas cependant !

*le langage des pistoleros

Conclusion

Je recommande cette lecture ! Après avoir lu les quatre premiers tomes évidemment. Ne vous arrêtez pas au premier tome, ce serait dommage.