Les romans

Christine, Stephen King (1983)

Présentation

Christine est un roman écrit en 1983 par Stephen King. Ce pavé (750 pages dans ma version en VO) relate la descente aux enfers d’Arnie Cunningham,à la suite de l’achat d’une voiture pour laquelle il semble avoir eu un véritable coup de cœur : une Plymouth Fury de 1958 prénommée « Christine ». Le roman aborde les conséquences de cette nouvelle acquisition sur plusieurs mois, tant sur sa vie privée que sur son environnement. En effet, la Plymouth se révèle être dotée d’une conscience et semble déterminée à rendre le pauvre Arnie fou d’elle, dans tous les sens du terme !

Le roman aborde la thématique de l’amitié, du passage à l’âge adulte mais aussi de la dépendance et de la perte de contrôle à travers le personnage d’Arnie.

Comme de nombreuses œuvres de King, Christine souffre de la comparaison avec son adaptation cinématographique. Sortie la même année, l’adaptation de John Carpenter est devenue très populaire au fil des années. Si populaire, qu’elle a véhiculé (ahahah) de nombreuses images dans l’inconscient collectif, s’imposant comme un monument de la pop culture des années 80. Même si l’on n’a pas lu le livre ou vu le film, au pire on sait de quoi ça parle (« c’est la voiture qui tue tout le monde, c’est ça ? »).

Cependant, le roman de King va beaucoup plus loin !

Mon histoire avec le livre

Cela fait un peu plus de dix ans que je lis Stephen King ou plutôt que je dévore ses œuvres. Ma collection est constituée à 80% d’ouvrages dénichés en brocantes ou en librairie d’occasion. Au fil du temps, je suis parvenu à posséder la quasi-totalité de sa bibliographie. Cependant, en 10 ans de recherches actives je ne suis jamais tombé en face de la fameuse Christine ! Il m’a été nécessaire de succomber à l’achat en ligne afin de me le procurer, dès l’instant où j’ai su que le Roi Stephen allait consacrer un épisode à ce roman (vous pouvez retrouver leur podcast ici).

Toujours est-il que je n’étais pas emballé à l’idée de lire ce roman, persuadé que l’histoire tournerait uniquement autour d’une voiture meurtrière possessive… Je me suis trompé finalement, Christine est bien plus que ça !

Cette lecture a d’ailleurs été un exercice intéressant pour moi, puisque j’ai choisi de le lire en VO. L’objectif était de tester mes capacités de lecture sur un de ses ouvrages hors Tour Sombre (peu représentatif de son style d’écriture habituel).

Résumé

De manière totalement hasardeuse, Arnie Cunnigham tombe un jour nez à nez avec la voiture de ses rêves. Sans qu’il ne puisse l’expliquer à son ami de longue date, Dennis Guilder, il se sent tout de suite attiré par ce véhicule et décide de l’acheter à son ancien propriétaire Roland Le Bay. « Christine », la Plymouth Fury rouge va au fil du temps prendre de plus en plus de place dans sa vie quotidienne et éloigner Arnie de ses proches. Cette voiture se révèle rapidement différente des autres.

Autrefois renfermé et complexé par son apparence, le jeune homme s’affirme de plus en plus : dans la relation conflictuelle à ses parents, mais également face aux crapules de son lycée. Ce surplus de confiance en lui-même l’aidera d’ailleurs à séduire la nouvelle du lycée, Leigh Cabot. Si Arnie est satisfait de l’ensemble de ces changements dans sa vie à la suite de sa nouvelle acquisition, son ami Dennis s’inquiète de la modification brusque de sa personnalité et de son comportement. Quand des meurtres impliquant une voiture sont reportés par la police de Libertyville, il n’y a aucun doute pour Dennis : Christine est la coupable désignée !

Mon ressenti (peut contenir des traces de spoil)

J’ai mis beaucoup de temps à lire ce roman, ayant lâché la lecture pendant plusieurs semaines passé les 300 pages. Quand je l’ai reprise, j’ai tout lu en quelques jours. Comme dans beaucoup d’œuvres de King la mise en place est lente. L’auteur attache beaucoup d’importance à contextualiser ses histoires. Il creuse ses personnages, leurs habitudes et l’environnement dans lequel ils évoluent. Pour ce roman, le rythme lent me parait cependant pertinent, car il permet au lecteur d’observer l’emprise insidieuse et progressive de Christine sur Arnie.

Il est probable que cela soit dû à la déformation professionnelle mais j’ai vu en Christine une belle métaphore de l’addiction pour ma part ! Malheureusement, l’auteur en connait un rayon à ce sujet. Au fil de l’intrigue, King brosse en effet le portrait d’un jeune homme qui se perd dans une relation toxique et qui ne parvient pas à s’en défaire. Si Christine est au départ synonyme de joie et de bien-être pour lui, elle deviendra rapidement la cause de tous ses maux, resserrant son emprise sur lui à chaque chapitre. Arnie perdra le contrôle de la personne qu’il était et ne parviendra jamais à mettre fin à la relation à Christine sans l’aide de ses proches. Le temps passé auprès de sa voiture et l’obsession qui grandira en lui à son égard aura des conséquences sur son entourage, sur ses notes mais aussi sur ses perspectives d’avenir. Arnie s’oublie dans la dépendance avec le temps, devenant une coquille vide, un réceptacle pour l’âme de Christine qui n’a qu’à se servir.

Christine est un roman d’horreur, mais pas que. Les descriptions peuvent heurter les plus sensibles, je pense notamment à une scène impliquant Buddy Repperton (le bourreau d’Arnie au lycée) et certaines scènes avec Christine font froid dans le dos tant ses agissements et façons de faire sont humanisées. Par ailleurs, le mal qui émane de Christine n’est pas expliqué clairement. Nous sommes à la frontière entre la possession, la présence de fantômes et/ou d’un mal préexistant chez Christine. Nous pouvons aussi faire l’hypothèse que ce véhicule est capable de faire ressortir chez son propriétaire ce qu’il y a de plus noir en lui…

Pour autant, la lecture reste plutôt chill et sympathique. J’ai pu retrouver l’ambiance indescriptible des premiers romans de Stephen King et ce style si particulier qui est le sien.

Enfin, j’ai aimé le fait de voir l’évolution d’Arnie à travers le regard de son ami d’enfance Dennis, qu’il est possible de considérer comme le personnage principal finalement.

Bref, j’ai beaucoup aimé !

Adaptation

Je vais faire court, je me suis ennuyé. Je m’étais fait une tout autre image des personnages, notamment Arnie. La première moitié est plutôt fidèle mais la fin prend un autre chemin. Cela va très vite. Trop vite. Les meurtres se succèdent et le changement dans le comportement du conducteur de la Plymouth m’a semblé trop soudain, empêchant le spectateur d’appréhender la lente descente aux enfers d’Arnie décrite dans le roman.

Je pense cependant que j’aurais apprécié le film si je l’avais visionné pendant mon adolescence, ou si je n’avais pas lu le livre avant.

Seul point positif pour moi : la bande son !

Conclusion

Foncez lire le livre si vous ne l’avais pas déjà fait !

Et méfiez-vous des vieilles voitures !

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